mardi 4 septembre 2012

MASQUÉ : LE JOUR DU FUSEUR



MASQUÉ : LE JOUR DU FUSEUR

Blessé au cours d'une mission dans le Caucase, le sergent Frank Braffort regagne Paris après six ans d'absence. Il découvre une ville en pleine mutation orchestrée par le Préfet Beauregard : Paris-Métropole. Une ville où le gigantisme rétro fait fureur et où se multiplient les « anomalies », évènements mystérieux que nul ne peut expliquer. Une ville qui va s'emparer de Braffort et lier leurs destins à jamais...Dans les sous-sols de Montmartre, Braffort reprend conscience. Alors qu'il tente de se remémorer sa métamorphose, au-dehors, une explosion lumineuse stupéfie Paris-Métropole. Le préfet Beauregard tente de faire diversion, mais le phénomène se reproduit et frappe de plein fouet Duroc, qui se transforme à son tour. Maintenant, il est le Fuseur, un monstre vaporeux et toxique déterminé à semer la terreur...


Au mois de janvier de cette année, paraissait chez nos libraires préférés le premier tome d’une toute nouvelle série, Masqué. Une parmi tant d’autres, pourriez-vous me rétorquer, oui et non car si, effectivement, depuis quelques années, la production mensuelle de bande dessinée est tellement importante et le choix, vaste au possible, qu’on en vient assez facilement à se noyer dans la masse, passer à côté de très bons titres tout en se faisant lamentablement avoir par d’autres qui n’en valaient pas la peine, force est de constater que ce premier tome de Masqué, lui, ne passa pas inaperçue pour l’amateur éclairé, bien au contraire. Œuvre de Serge Lehman, celle-ci n’était ni plus ni moins que la « suite » (en quelques sortes) de la légendaire et cultissime Brigade Chimérique du même auteur, et qui en sont temps, avait marqué le petit univers souvent étriqué de la bande dessinée et qui avait, sans nul doute, ravi les amoureux de BD franco-belge, comme on dit, et de comics, en sortant des limbes tout un pan de la culture européenne oubliée, celle des surhommes de l’avant-guerre – par ce terme, n’y voyez là aucune allusion a une quelconque théorie nazi mais davantage a des héros ou super héros de la première moitié du vingtième siècle, originaires du vieux continent et qui ont tout bonnement été relégués aux oubliettes à l’issu du second conflit mondial, le genre superhéroique étant alors devenu l’apanage des américains.

Mais là où La Brigade Chimérique s’évertuait à nous expliquer pourquoi le vieux continent, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, n’avait plus ses propres surhommes, et ce, de façon tout bonnement magistrale – et je pèse mes mots – dans Anomalies, premier tome de Masqué, donc, comme il fallait s’y attendre, nous assistons tout bonnement au grand retour, petit à petit, de ceux-ci. Bien évidemment, cela était attendu et les diverses interviews de l’auteur laissaient présager que si suite devait exister, celle-ci aurait pour sujet les super héros européens à notre époque ; prolongement normal, après tout, des événements de la Brigade Chimérique. Et donc, en janvier dernier, nous découvrions pour la toute première fois ces fameux nouveaux surhommes : dans un Paris, toujours aussi présent que dans la Brigade, mais cette fois ci, devenu une tentaculaire mégalopole digne de Tokyo ou New-York, d’étranges anomalies font leur apparition – il y a apparemment un lien de cause à effet, vous verrez – celles-ci allant du simple gadget miniature a une espèce de pseudo Surfer d’Argent en passant par un mystérieux sauveur volant, portant cape, à la frontière russo-géorgienne, tandis que, à la fin de l’album, le protagoniste principal de l’histoire, Frank Braffort découvrait ses étranges pouvoirs. Une bonne entrée en matière, donc, pour cet Anomalies, avec, comme il fallait s’y attendre, la présentation de l’univers, des personnages et de l’intrigue, mais aussi, pour les connaisseurs, divers liens, de ci de là, qui n’auront pas échappé a ceux qui ont lu La Brigade Chimérique, et une grande envie, après lecture, de découvrir au plus vite la suite.


Pourtant, on pourra dire que je l’aurais attendu ce fameux second tome de Masqué ! Paru début juin dernier, celui-ci à sembler jouir, à mes yeux, pendant presque trois mois, d’une espèce de malédiction qui a fait que j’eu le plus grand mal à me le procurer. Bien évidemment, une simple commande sur le net aurait simplifier la chose et résolu le problème, mais bon, a tel moment, je n’avais pas trop les moyens, ensuite, j’avais d’autres achats en tête, puis, quand je le cherchais en boutique, celui-ci n’étais jamais disponible quant  à me rendre à la FNAC aux Halles, soit il pleuvait, soit il faisait trop chaud, soit j’étais crever… puis les vacances, la flemme et le temps s’écoula, tranquillement, et toujours pas de Masqué… jusqu’à que, le dernier samedi du mois d’aout, en sortant du travail, je ne me décide enfin de faire mes emplettes et d’acheter enfin ce fichu second tome de Masqué !

Ceci étant donc fait, que vaut ce Jour du Fuseur, du nom de ce second volume de la saga de Serge Lehman ? Eh bien, sincèrement, tout d’abord, il m’a permis de me rappeler à quel point le premier tome fut excellent (je l’ai relu, histoire de me remettre dans le bain), et confirmer, tout le bien que je pensais de cette série et de ses auteurs, tout simplement. Reprenant là où l’intrigue en était resté, Le Jour du Fuseur est la parfaite prolongation de son prédécesseur qu’il complète à merveille : costume typiquement « fantomesque » pour notre héros, premier baptême du feu pour celui-ci qui affronte son tout premier ennemi, accessoirement, un ancien compagnon d’arme, premières révélations et surtout, énormément de questions et de nouvelles énigmes sur les forces en présence et le pourquoi du comment de tout ceci : d’où viennent ces curieux phénomènes, quels jeux jouent les différents protagonistes, quels sont leurs buts etc. bien évidemment, une fois de plus, les lecteurs de la Brigade Chimérique auront le plaisir de noter tel détail, tel clin d’œil à cette œuvre – ici, les liens sont évidents – mais qui plus est, Serge Lehman tient à crédibiliser son univers : ainsi, entre le fait que Masqué est bel et bien la suite de la Brigade, les comics US ne sont pas en reste et les super héros de ceux-ci existent bel et bien dans cette univers ; après tout, n’est-il pas fait mention d’un certain Surfer d’Argent ? Où l’on voit que, plutôt qu’une œuvre fermée sur elle-même, Masqué, par biais d’hommages et de clins d’œil, non seulement, ne renie pas ses origines, mais qui plus est, essaye d’en faire partie intégrante.


Il m’aura donc fallut presque trois mois pour enfin me procurer et lire ce second tome de Masqué, mais sincèrement, le jeu en valait la chandelle : dans la même veine que son prédécesseur, ce Jour du Fuseur démontre une fois de plus la richesse scénaristique d’un Serge Lehman qui se pose là, non seulement, en passionner d’un genre – la bande dessinée de super héros – qui connait parfaitement son sujet, mais aussi, attention louable entre toutes, en faiseur de rêves qui nous offre, après tant d’années, un lien crédible entre les comics et le genre franco-belge. Certes, le scénario, pour ce qui est de ces deux premiers volumes, me semble pour le moment inférieur à celui de la Brigade Chimérique, tout en étant de bonne facture, et je préférais également les dessins de celle-ci – même si là aussi, il n’y a pas grand-chose à redire sur le travail de Stéphane Créty mais bon, c’est une affaire de gouts personnels avant tout – mais quoi qu’on en dise, il me semble clair que, pour le moment, Masqué tient toutes ses promesses. Vivement la suite dans quelques semaines !

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