lundi 3 septembre 2012

DEPARTURES



DEPARTURES

Alors que Daigo Kobayashi vient d'être embauché comme violoncelliste professionnel dans un orchestre de Tōkyō, mais celui-ci est démantelé. Endettés à la suite de l'achat de son violoncelle, Daigo et sa femme Mika décident de rentrer à la campagne à Sakata, préfecture de Yamagata, où Daigo possède une maison, héritage de sa mère décédée deux ans plus tôt. Daigo répond à une mystérieuse offre d'emploi, qui se révèle être un poste de croque-mort. Ce métier n'est cependant pas vu d'un très bon œil, notamment par sa femme.


Ce week-end, je n’ai décidément pas chômé puisque, alors que septembre débute tout juste et que les grandes vacances prennent gentiment fin (c’est aujourd’hui le dernier jour), j’ai vu, en compagnie de ma femme, ni plus ni moins que trois films : un en DVD, un au cinéma et le dernier, hier soir, sur le petit écran. Trois films, trois œuvres ma foi fort différentes les unes des autres et issues de trois pays différents : le Japon, la France et les Etats-Unis (avec une petite aide du Canada pour le dernier), et, parmi ceux-ci, une belle réussite, un film sympa et une bouse monumental (dans le désordre, je vous laisse deviner de quel pays est originaire la fameuse bouse). Du coup, et alors que ce n’était pas prévu, je me retrouve avec trois critiques à écrire pour ce blog, ce qui est tout de même un peu beaucoup, surtout que j’avais d’autres sujets à traiter. C’est donc pour cette raison que les trois critiques à venir seront plus courtes que d’habitude et que je m’en tiendrais au principal, en dehors de ce petit préambule explicatif, bien entendu : c’est-à-dire, ce que j’ai pensé de ces trois films.


Comme l’on dit, commençons par le commencement et ce Departures, que je m’étais procurer il y a deux semaines environ et que je n’avais pas encore eu l’occasion de regarder jusqu’à ce samedi soir. Œuvre nippone, de Yōjirō Takita a la réalisation (apparemment, un touche à tout qui, au court de sa carrière, a tâter du film de samouraïs aux œuvres comment dire, plus érotiques) ce long métrage m’a tout de suite intéresser de par son thème principal abordé : le traitement des défunts dans la société nippone, et plus particulièrement, celui des hommes qui sont chargés des soins du corps avant la crémation de ceux-ci. Véritable cérémonial qui a lieu en présence des familles, ces hommes n’en sont pas moins méprisés de par leur profession et ce, même s’ils sont nécessaires. Indéniablement, le sujet, rarement abordé au cinéma – vous en connaissez beaucoup des œuvres qui ont des croques morts comme protagonistes principaux – méritait le détour, surtout que, vu son origine, le Japon, il nous montrait a nous autres, spectateurs occidentaux, une autre approche de la mort complètement différente de la nôtre : après tout, de nos jours, nous n’avons quasiment plus aucun rapport avec celle-ci, tout est caché, dissimulé à nos yeux – après tout, la profession existe également sous une forme différente sous nos latitudes – et ce film est un bon moyen, tout en traitant d’un sujet difficile, de découvrir un pan de la culture nippone.


Bien évidemment, la grande force de ce film, pour ne pas dire son principal intérêt est ce fameux cérémonial des morts : chaque geste, répété à l’infini, est lent et précis, et je dois reconnaitre qu’assez rapidement, j’ai trouvé cela tout bonnement fascinant. Ce travail, que l’on pourrait trouver ingrat est ici sublimé au point que l’on puisse presque parler d’art. Pourtant, ces hommes n’en sont pas moins méprisés par la société, sont mal vus, on les juge impurs ; du moins, jusqu’à qu’on ait affaire a eu : à ce moment-là, devant le cérémonial, la famille peut dire adieu au défunt. Cette coutume, troublante et fascinante a la foi, ne peut que marquer l’occidental que je suis ; nos différences sont tellement nombreuses, ici, après tout, on ne veille plus les morts qui, de toutes façons, pour la plus part, ne décèdent même plus à domicile.


Mais en dehors de cela, que reste-t-il a un film qui, je le rappelle, a obtenu l’Oscar du meilleur film étranger en 2009 ? Eh bien, sommes toute, une histoire banale où un violoniste ratée, qui se voit contraint d’abandonner sa passion, s’en découvre, finalement, une autre ; vous l’avez deviné, le personnage principal, Daigo Kobayashi, interprété par l’excellent Masahiro Motoki, d’abord plus que réticent à jouer les croque morts, se passionnera rapidement pour la chose, au point de s’investir pleinement dans celle-ci, et ses proches, réticents ou honteux au départ, accepteront son choix. Ajoutons à cela l’ajout d’une histoire d’abandon paternel pour le héros qui ne sera résolu qu’à la fin et l’on pourrait presque se trouver, par moments, devant une œuvre un peu niaise. Pourtant, il n’en est rien : non dénués d’humour, touchante, sensible, Departures est une œuvre qui se laisse tranquillement regarder et apprécier à sa juste valeur, scotchant indéniablement le spectateur devant ce fascinant rituel funéraire. Franchement, une bonne surprise que ce film. 

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