vendredi 31 août 2012

LES DRUIDES : LA PIERRE DE DESTINÉE



LES DRUIDES : LA PIERRE DE DESTINÉE

Gwenc'hlan... Mon maître, celui vers qui se tournent toutes mes pensées maintenant, à l'heure où il me tarde de le rejoindre dans l'autre monde, là-bas, par-delà les brumes... Nous, druides, pensions à raison que l'écriture ne devait pas figer nos sciences, que nous devions les enseigner par la parole et non par l'encre. Mais vint le crépuscule des druides, et maintenant que nombre d'entre nous se sont convertis à la religion du dieu unique et que les autres ont disparu, il nous faut enseigner par écrit ce qui sera perdu faute de bouche pour initier... il apparaît donc fort louable que ceux qui restent, et dont je fais partie, transcrivent notre mémoire sur ce papier, si éphémère, mais qui demeure en ce jour notre seule possibilité de perdurer au travers des époques à venir... Mes souvenirs étreignent mon cœur, se changent en larmes et mes larmes se mêlent à l'encre... Gwenc'hlan... Mon maître... Sur l'ile de Mona, le jeune Taran reprend progressivement des forces après avoir bien failli mourir dans la tempête. Ils partent ensuite pour L'Islande. Mais forcés d'accoster une ile d'Ecosse, ils font la rencontre d'un clan Picte. Leur druide, Leuweg, leur demande de l'aide afin de reprendre la pierre de destiné qu'une tribu Viking leur a volé́, l'emportant en Islande. Leuweg qui voit au-delà̀ des apparences, certifie que la quête du chaudron de Dagda est liée à la pierre. Gwenc'hlan accepte d'aider le clan et tous partent pour l'Islande afin de combattre ces Vikings. Mais non loin derrière, aidés par un des compagnons de Gwenc'hlan,  les hommes aux capes sombres les suivent et complotent...


Ce mois d’aout 2012 est quasiment achevé (il n’en a plus que pour quelques heures) et après vous avoir bassiner avec un nombre plus que conséquent de billets consacré au football, il est grand temps de revenir à des sujets bien plus différents, et accessoirement, pour beaucoup, d’un intérêt plus notable, je veux bien évidement parler de mes critiques, ici, celle du cinquième tome de la saga druidesque de Jean-Luc Istin et Jacques Lamontagne, je veux bien évidement parler des Druides. Ça tombe bien, c’était justement la dernière critique que j’avais en retard et que je tennais absolument à publier avant d’attaquer septembre, un mois autrement moins joyeux qu’aout, puisque synonyme, pour la plus part, de rentrée (scolaire, boulot, faites vos choix mes amis), mais bon, trêve de bavardages inutiles, il est grand temps de nous intéresser à ce cinquième tome des Druides.

Au jour d’aujourd’hui, je ne sais pas encore de quoi sera fait la suite de cette saga (entre le sixième tome, déjà paru, et le septième, qui sortira avant la fin de l’année), mais pour le moment, il me semble évidant que La ronde des géants, quatrième tome de la série, marque sans nul doute un tournant dans celle-ci, ce que La pierre de destinée, qui nous préoccupe en ce jour, confirme parfaitement. Car après lecture de ces cinq premiers volumes des Druides, force est de constater qu’à mes yeux, il y a un avant et un après, et que, ne nous voilons pas la face, l’avant était sensiblement meilleur que sa suite. Mais je vais m’expliquer : au départ, cette bande dessinée m’avait franchement enthousiasmé de par son synopsis pour le moins accrocheur : lorgnant allègrement du côté du Nom de la rose de par son ambiance et sa structure – une enquête chez les moines, des assassinats mystérieux, de vieux grimoires obscurs, un maitre et un élève franchement pompés sur le roman d’Umberto Eco et même le film car bon, Gwenc'hlan, c’est Sean Connery – l’histoire, qui se déroulait à une époque peu souvent entraperçue dans ce genre d’œuvres, le haut-Moyen-âge, tout juste à la fin de l’Empire Romain, avait de quoi attirer l’amateur du genre, surtout que l’enquête, mais aussi l’ambiance, dans les deux premiers volumes, était franchement captivante. Dans le troisième, cela commençait un peu à tourner en rond, avec cette histoire d’Ys, mais bon, même ainsi, la mayonnaise prenait encore suffisamment et je n’y ait pas vraiment trouver à redire, sauf que, le problème, c’est que cela s’est franchement dégradé par la suite, le quatrième tome, La ronde des géants, lorgnant davantage du côté du voyage organiser en terres celtiques, avec point d’arrêt obligés devant chaque attraction… euh, pardon, lieu où figure légendaire locale comme Camelot avec, forcément, un Arthur et un Merlin de circonstance, Stonehenge, tout cela prenant le pas sur un scénario qui en oubliait presque son but principal, l’enquête sur les meurtres des moines, et que, vous l’avez compris, ce nouveau tome, cela ne s’est pas arrangé dans ce tome cinq.


Car l’on retrouve tout cela, pèle mêle, dans La pierre de destinée, ainsi, une fois de plus, Jean-Luc Istin, un auteur que j’apprécie pourtant, se sent obligé de faire voyager ses héros au sein de toutes les cultures celtiques, les faisant rencontrer, ici, des sirènes, la bas, des pictes (le peuple qui peuplait l’Ecosse avant l’arrivée des écossais à proprement parler), puis, forcément, de lorgner du côté des propres légendes et objets sacrés de ceux-ci, puis, sur qui tombe-t-on, après le fameux Mur d’Adrien, sur le mythique Saint Brendan, celui qui, on dit, lors de ses voyages maritimes, atteignit le continent nord-américain, et puis, pour saupoudrer le tout, une petite flopée de vikings, histoire de nous rappeler leur existence. Bref, un sacré méli-mélo ou tout se mélange allègrement, mais aussi, où le non initié peut apprendre pas mal de choses sur la culture celtique et le haut-Moyen-âge, ce qui, en soit, n’est pas forcement dénué d’intérêt, je ne le nie pas, mais éloigne forcément le lecteur du nœud principal de l’intrigue, je veux bien évidement parler de l’enquête. Oh, ce n’est pas comme si on n’en parlait plus, prétendre le contraire serait exagéré, je ne le nie pas, sauf que, celle-ci semble un peu éloignée des préoccupations principales des protagonistes qui, désormais, ressemblent davantage à des touristes en excursion, qu’a des émules de Sherlock Holmes. Dommage, oui, dommage car Les Druides promettait beaucoup à la base, de par son intrigue, ses personnages, ses lieux visités ainsi que pour ses dessins, mais que depuis deux albums, cela part un peu trop dans tous les sens à mon gout. Espérons que la suite sera davantage à la hauteur de mes espérances car là, franchement, cela commence à devenir une petite déception. 

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