dimanche 19 août 2012

LA PROPHÉTIE CHARLEMAGNE



LA PROPHETIE CHARLEMAGNE

An 1000. Aix-la-Chapelle. Othon III, roi de Germanie, pénètre dans le tombeau de Charlemagne, inviolé depuis 814. Parmi de nombreuses reliques, il y découvre un étrange manuscrit, couvert de symboles inconnus. 1935. Allemagne. Himmler crée un groupe spécial d'archéologues et d'ésotéristes chargés de se pencher sur les racines de la race allemande, des Aryens aux chevaliers teutoniques. Dans la sépulture d'un proche de Charlemagne, ceux-ci trouvent un manuscrit montrant les mêmes symboles que ceux découverts neuf siècles plus tôt à Aix-la-Chapelle. 2008. Afin d'élucider la mort mystérieuse de son père, Cotton Malone va devoir déchiffrer les énigmes entourant ces deux manuscrits. Du cœur de l'Allemagne aux glaces de l'Antarctique, en passant par un monastère de la région de Toulouse, c'est un puzzle passionnant qui l'attend, à travers l'histoire, les cultures et les civilisations. Fourmillant de détails passionnants, depuis le formidable bouleversement du savoir à l'époque de Charlemagne jusqu'aux expéditions nazies au pôle Sud et au Tibet, ce roman exceptionnel ensorcelle le lecteur de la première à la dernière ligne.

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, je ne lis pas que de la SF/Fantasy, et ce, même si c’est ce genre qui est surtout représenté dans ce blog depuis quatre ans et demi (avec 121 critiques, je pense que c’est suffisamment clair pour que le néophyte tombant par hasard sur ce billet devine quel est mon style de lecture préféré) puisque, en effet, de temps – mais vraiment de temps en temps – il m’arrive de me laisser tenter par d’autres genres littéraires ; ce fut surtout le cas autrefois, avant ce blog, bien moins maintenant, je le reconnais. Mais si des œuvres comme Le nom de la rose ou Les piliers de la terre, si elles n’en restent pas moins significatives quant à mes gout personnels, sont assez éloignées de la SF/Fantasy, force est de constater que d’autres titres que j’ai pu lire comme Atlantis, et donc, aujourd’hui, La prophétie Charlemagne, en sont, par leur postulat de base, un peu plus proches – quoi qu’il en soit, ceux qui me connaissent savent également pourquoi un tel attrait pour ce genre de romans. Pour les petits nouveaux, quelques petites précisions s’imposent : j’aime l’Histoire, celle avec un H Majuscule, et cela, depuis ma plus tendre enfance, mais plus que l’Histoire en tant que telle, j’aime également ce que je nommerais l’Histoire cachée, l’Histoire secrète, mystérieuse, toutes les théories sur d’anciennes civilisations, sur ce qui aurait pu exister dans le passé et dont nous n’avons nulle trace (pour le moment) de nos jours. Du coup, forcément, des noms comme l’Atlantide, pour ne citer que la plus célèbre des civilisations perdues, éveille toujours en moi un petit je ne sais quoi qui fait que, toute œuvre qui, de près ou de loin, aurait un quelconque rapport avec celle-ci, éveille ma curiosité. Bien évidemment, dans La prophétie Charlemagne, ce n’est pas l’Atlantide de Platon qui est à l’honneur, cependant, le sujet principal n’en est pas moins le même : une ancienne civilisation aujourd’hui disparue.

Je dois reconnaitre que j’ai un peu découvert ce roman par hasard ; étant parti à Lacanau avec tout juste deux bouquins en poche – Les vaisseaux du temps et le premier volet d’Evolution, tous deux de Stephen Baxter – je me suis rapidement rendu compte que ceux-ci n’allaient pas suffire pour m’aider à passer le temps (je lis énormément toute l’année mais en vacances, c’est encore pire) ; du coup, en faisant quelques courses, je me suis laisser tenter par cette fameuse Prophétie Charlemagne, œuvre d’un certain Steve Berry (ancien avocat reconverti, apparemment avec succès, dans ce genre de littérature) et plus particulièrement par son quatrième de couverture qui me mie légèrement l’eau à la bouche : hum, une histoire sur une civilisation perdue, qui bien avant la nôtre, aurait cartographié l’intégralité des côtes mondiales, aurait atteint un certain stade de développement préindustriel, aurait été en contact avec nos ancêtres avant de finir, comme toujours finalement, par disparaitre dans les sables du temps et de l’oublie… ça ne pouvait que m’intéresser. Certes, le personnage principal était un ancien agent américain, certes, il allait falloir se taper des scènes d’actions improbables dignes d’un mauvais film d’action US et pire que tout, se taper – dans le désordre – le Président, son entourage, des militaires parfois crapuleux et même une paire de jumelles qui se détestaient flanquées d’une mère qui aurait fait passer le Parain pour un agréable gamin, mais bon, pourquoi pas après tout ? Dans le pire des cas, j’aurais droit à un remake du navrant Atlantis (pourtant remplit de bonnes idées quant à l’origine de l’Atlantide), au mieux, à un agréable passe-temps. Quant fut-il ? Eh bien, c’est un peu compliqué à expliquer…

La prophétie Charlemagne fait partie de ce genre de romans qui, partant d’un postulat de départ intéressant et possédant bon nombre de bonnes idées, ne réussit pas à atteindre son objectif par la faute de défauts qui viennent ternir l’ensemble. L’année passée, j’avais déjà connue une bien mauvaise expérience avec Atlantis, comme je vous l’avais dit précédemment : possédant un fond solide et aguicheur, sa forme partait dans un grand n’importe quoi à la série B qui m’avait surtout laisser une sensation d’énorme gâchis. Ici, je ne pourrais aller jusque-là puisque, même si je ne suis pas spécialement un adepte du genre (Espionage, action a tout va, trahisons etc.), l’intégralité du récit (en dehors peut-être de ce qui est des passages sur les traductions, qui m’ont semblé un peu trop faciles à mon gout, surtout pour un langage perdue depuis des millénaires) apparait comme plausible ; en effet, une fois accepter le postulat de départ au sujet de cette fameuse civilisation disparue (mais si ce n’est pas le cas, a quoi bon lire le roman ?), tout le reste coule de source surtout que le sieur Steve Berry possède indéniablement le don de captiver l’intention du lecteur et de le tenir en haleine tout au long du récit. Certes, ce n’est pas évidant au départ, il m’aura bien fallut une cinquante de pages pour accrocher à l’intrigue, mais une fois dedans, j’avoue qu’il est difficile de décoller. Le problème, car il y en a un (et pas un petit), c’est que le style de tout cela n’est pas à la hauteur et que Steve Berry use et abuse, tout au long de ses courts (parfois trois pages) chapitres de cette mode qu’est d’arrêter ceux-ci à chaque fois sur un moment crucial dans l’intrigue avant de passer à d’autres protagonistes ; j’avais déjà noter la chose, à mon grand regret, dans Ilium et Olympos de Dan Simmons, ici, c’est pire ! Mais ce n’est pas tout, malheureusement : certaines scènes, certains personnages ne sont pas à la hauteur de l’ensemble au point que l’on vienne à douter de leur utilité, le pompon étant atteint lorsque Steve Berry, visiblement pris d’un coup de folie, se lance dans le délire suivant : « Il ouvrit son application Safari sur son IPhone, se connecta à Internet et se rendit sur la page d'accueil de Google. Il écrivit les mots « clarté de dieu Eginhard » et appuya sur « rechercher ». Une courte pause, et la page présenta vingt-cinq résultats. Le tout premier répondit à sa question. » Voulait-il se la péter avec son IPhone ou avait-il été payé pour faire du placement de produit ? Je ne le saurais probablement jamais, mais franchement, je n’ai pas vu l’intérêt narratif dans cette courte pause publicitaire.


Et cela en finit par etre dommageable car finalement, malgré tous ses défauts, je l’ai bien aimé cette Prophétie Charlemagne ; oh, certes, ce n’est pas de la grande littérature (mais bon, je ne voudrais pas etre méchant mais bien souvent, dans ce que je lis, je ne vois pas en quoi c’est mieux), certes, malgré un postulat intéressant qui marche toujours avec moi, le scénario fait franchement série B, mais bon, autant j’avais été sincèrement déçu par Atlantis, autant cette fois ci, la lecture ne fut pas aussi désagréable que je ne le craignais. Loin d’etre parfait, loin d’etre un chef d’œuvre, bourré de défauts, mais pas aussi inintéressant que certains ont pu le dire ; du moins, c’est mon avis. Quoi qu’il en soit, comme lecture de vacances, cette Prophétie Charlemagne fut parfaite, et comme j’ai aimé certains trucs, et qu’il existe d’autres titres des aventures de Cotton Malone, il se pourrait bien que, un de ces jours, je me laisse tenter par un autre des ouvrages de Steve Berry !?

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...