dimanche 8 juillet 2012

TOUS LES SOLEILS



TOUS LES SOLEILS

Alessandro est un professeur italien de musique baroque qui vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans, en pleine crise, et son frère Crampone, un gentil fou anarchiste qui ne cesse de demander le statut de réfugié politique depuis que Berlusconi est au pouvoir. Parfois, Alessandro a l'impression d'avoir deux adolescents à élever, alors qu'il ne se rend même pas compte qu'il est lui-même démuni face à l’existence. Voulant être un père modèle, il en a oublié de reconstruire sa vie amoureuse, d'autant plus qu'il est entouré d'une bande de copains dont la fantaisie burlesque l'empêche de se sentir seul. Mais au moment où sa fille découvre les premiers émois de l’amour, sans qu’il s’y attende, tout va basculer pour Alessandro…


Bon, n’y allons pas par quatre chemins et posons tout de suite la question qui peut fâcher : qui, en toute bonne foi, avait connaissance de l’existence de ce film, qui, en septembre 2011, eu ouï dire que celui-ci sortait en salles, qui, maintenant qu’il est disponible en DVD, se l’est procurer ? Oui, bon, je sais, un tel préambule peut paraitre, que dis-je, est prétentieux au possible et mes propos pourraient laisser entendre que, connaissant ce long métrage, je me place au-dessus de la masse dans un pur délire de mégalomanie a la José Mourinho ; cependant, je vous rassure tout de suite et, d’ailleurs, puisque je parle de masse, force est de constater que dans le cas présent, j’en fais partie. Car oui, et même si je sais pertinemment que ce Tous les soleils ne m’a pas attendu pour être, à la fois connu, vu et apprécier – à sa juste valeur, j’y tiens particulièrement – je me dois de vous avouer que personnellement, si ce n’avait pas été ma femme, je serais passé tout bonnement à côté de l’une des comédies les plus fraiches et agréables de ces derniers mois.

Ainsi, après les remerciements d’usage envers elle, je me dois, rapidement, de vous expliquer comment j’en suis venu a, hier soir, voir ce film : ce samedi, donc, mon épouse avait pour mission de nous trouver un petit DVD pour la soirée et une bande dessinée, pour moi – le tome 2 de Masqué, qu’évidement, elle n’a pas trouvé… grrr…  – et donc, elle revint sans BD mais avec deux films : L’ordre et la morale (normalement, on le vois ce soir) et donc, ce Tous les soleils ; bref, à première vue, une déception vu qu’il s’agissait de deux films français. Mais bon, le père Feanor, on le connait à force et vous savez pertinemment que quand je commence à râler devant un film français, c’est qu’en fait, je vais l’aimer, voir souvent, bien plus que de raison. Et devant ma mine dubitative, ma femme, donc, me rappela qu’elle avait justement vu cette comédie au cinéma, lors de sa sortie, qu’il était un peu passé inaperçue à l’époque, mais que franchement, c’était une bonne petite surprise et qu’il était bien marrant (je vous fais un résumé vite fait), et donc… et donc, oui, ça me disait bien quelque chose, je me souvenais de ce qu’elle m’avait dit au sujet de ce Tous les soleils, de son humour, de ce type qui refuse de sortir de chez lui tant que Berlusconi serait au pouvoir, de sa demande d’asile politique etc. et, vous vous en doutez, mon choix fut vite fait quant au film a voir en priorité – comment, vous vous seriez laissé tenter par L’ordre et la morale ? Ah… pas moi mes amis !

Et sincèrement, non seulement, je n’ai pas regretté mon choix, mais qui plus est, ma femme avait amplement raison au sujet de ce film. Œuvre de Philippe Claudel (ne me demandez pas qui sait, je ne suis pas un grand spécialiste en cinéma français quoi qu’à force, il serait peut-être temps que je le devienne), cette comédie est une formidable bouchée d’oxygène pure, une petite pépite de plaisir absolue à voir et à revoir sans modération aucune ; en cette période de crise, où les médias ne cessent de nous bassiner avec la récession et la dette, où le gouvernement socialiste a peine élu commence déjà à décevoir et où en plus, la météo, depuis un an (mais c’est encore pire depuis quelques mois) nous en veut décidément a mort, rien de tel qu’une œuvre comme Tous les soleils (déjà le titre, quoi que, je me contenterais d’un seul de soleil) pour que l’on retrouve le sourire, que dis-je, la banane carrément ! Car en partant d’un synopsis somme tout assez simpliste – un veuf qui ne s’est jamais recasé et qui vit avec sa fille, désormais adolescente, et son frère, révolutionnaire raté dans l’âme, et qui finira bien, car nous sommes dans une comédie, par retrouver l’amour – et pas vraiment original, le sieur Philippe Claudel, sans grandes prétentions mais avec des acteurs plus que motivés et inspirés, en particulier les deux italiens qui jouent les deux frères (chacun, loufoques a leurs façons) et une histoire, somme toute banale mais qui touche et va droit au but, nous offre un formidable moment de cinéma, un pur petit divertissement enjouée, gai, franchement drôle et surtout, aussi lumineux que le soleil du titre, aussi lumineux que ce sublime accent italien qui parsème les presque deux heures que dure le film.


Certains films connaissent une notoriété bien souvent parfaitement injustifiée, d’autres, eux, ne sont connus que d’une petite poignée de bienheureux qui sont conscient de la chance qu’ils possèdent d’être tombés – peu importe comment – dessus, et de les apprécier à leurs juste valeur. Indéniablement, Tous les soleils entre dans cette seconde catégorie : film peu connu, comédie sans grande prétentieux, il n’en reste pas moins étonnamment bon et surtout, particulièrement jouissif en cette période de morosité qui n’en finit décidément pas. Mais bon, ce fameux soleil finira bien par revenir ; après tout, Berlusconi a bien finis par quitter le pouvoir, n’est-ce pas ? 

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