mardi 19 juin 2012

L’OISEAU



L’OISEAU

Bordeaux. Anne n’a pas d’amis, pas d’enfants, pas d’amants, elle est seule, et semble déconnectée du monde. Elle fait semblant de vivre, et traverse sa vie et ses rencontres comme un être désincarné, sans passion. Quelque chose la pousse au contact humain, et quelque chose la retient aussi. Depuis peu, elle entend des bruits étranges dans les murs de son appartement. Un oiseau apparaît…


Amis dépressifs, malheureux en amour, tristounets, nostalgiques ou solitaires malgré eux, j’aurais énormément de mal à vous conseiller de regarder ce film, car celui-ci, si indéniablement, reflètera un peu votre vie, fera que vous vous identifierez probablement a l’héroïne – Sandrine Kiberlain – et vous fera comprendre que non, vous n’êtes pas tous seuls à souffrir sur cette bonne vieille Terre, risquera de vous faire bien plus de mal que de bien, voir même, risquera de vous faire basculer de l’autre côté. Comment, L’oiseau, un film a tendances suicidaires ? Je n’exagérerais pas un peu en affirmant une telle chose ? Eh bien, en fait, pas tant que ça en y réfléchissant un petit peu…


Avant de rentrer dans le vif du sujet, et donc, l’analyse de cette œuvre oh combien joyeuse (mode vachement ironique), une petite précision s’impose : ce film, L’oiseau donc, me fut prêté, à ma demande – fou que je suis – par l’un de mes collègues, grand solitaire devant l’éternel, et surtout, grand… hum, comment dire… dadais, niais (je ne veux pas être méchant mais le mec, a presque cinquante ans est moins mure que mes enfants)… enfin, vous avez compris le genre en gros ; bref, tout heureux d’avoir mis la main sur ce film, mon collègue découvrit ainsi que non, il n’était pas seul à « être comme ça » et si, effectivement, après visionnage de la chose, il y aurait bien quelques points communs, je dois avouer que l’histoire de cette œuvre m’a plus fait penser, par certains côtés, à la sœur d’une amie de ma femme, qu’à mon collègue, mais passons. Disons que, pour simplifier les choses, le personnage joué par Sandrine Kiberlain dans le film, on en connait tous un dans notre entourage plus ou moins proche, quand ce n’est pas carrément nous-mêmes. Et que ces personnes, véritables « fantômes » comme le dit le DVD, on n’imagine pas forcément tout le temps toute la souffrance qu’elles peuvent porter.


Et le problème, c’est que de la souffrance, L’oiseau en possède à foison : d’ailleurs, tout ce film est souffrance. Que ce soit par l’histoire personnelle du protagoniste principal, de sa vie de solitaire, oh combien passionnante (oui, je suis toujours en mode ironique), de la routine installée, de son refus de s’ouvrir aux autres, de fuir les relations, ou alors, de faire tout bonnement n’importe quoi, j’ai rarement vu, au cinéma, personnage aussi dévaster par la vie. Certes, en regardant le film, on comprend pourquoi elle en est arrivée là, et d’ailleurs, la cause de tout ceci est tellement tragique que l’on ne peut que se dire qu’à sa place, on serait pareil voir même pire. Et si l’on ajoute à cela le fait que par le biais d’une ambiance pesante, une musique aussi gaie qu’une procession funèbre, une succession d’événements aussi passionnants qu’un samedi après-midi à Carrefour et un jeu d’acteur tout bonnement parfait d’une Sandrine Kiberlain en grande forme, on ne peut que comprendre que regarder un film comme L’oiseau, c’est faire un véritable plongeon dans la souffrance humaine, où il n’y a aucun espoir, ou tout semble aller de travers – y compris pour le pauvre volatile du titre – et que, si ce n’était la toute dernière scène, petite lueur d’espoir finale mais qui ne garantit rien, finalement, toute personne a tendances suicidaires, selon moi, qui verrait ce film, risquerait de passer à l’acte ensuite ! Exagération latine de ma part ? Hum, pas tant que ça, je vous assure car franchement, rarement il m’a été donné de voir un film aussi dépressif ; certes, en disant cela, je ne remets pas en cause l’intérêt de cette œuvre, mais en toute sincérité, si d’occasion, vous seriez tentez de le regarder, réfléchissez y tout de même à deux fois : le cinéma réaliste, c’est bien, mais un petit Louis de Funès, c’est autre chose pour le moral, vous ne trouvez pas ?

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