samedi 2 juin 2012

LES DRUIDES : LA LANCE DE LUG



LES DRUIDES : LA LANCE DE LUG

Frère Thomas vient d'être assassiné en plein cœur de la ville d'Is. Il traduisait un extrait du manuscrit sacré qui révélerait l'endroit où deux des talismans celtiques ont été cachés.  Talwrc'h, le chef picte, alors sous l'emprise du breuvage divin, a autrefois prophétisé les endroits où son peuple devait garder ces talismans : le chaudron de Dagda, qui donne la connaissance et qui ressuscite les guerriers, et la lance de Lug, la lance magique à 5 pointes, celle qui jamais ne faillit... Gwenc'hlan est de retour et doit résoudre cette affaire. Mais est-ce si simple ? Cette affaire cache de sombres manœuvres pour accaparer les secrets des druides et faire main basse sur la cité d'Is. En effet, l'église de Rome travaille dans l'ombre... Au tournant de cette affaire, Gwenc'hlan le druide est en quête de vérité.


Mine de rien, c’est fou ce que le temps peut passer vite parfois – oui bon, pas forcément au boulot quand on croit qu’il est presque midi et qu’en fait, il n’est même pas dix heures – et justement, c’est ce que j’ai pensé en découvrant à l’ instant que cela allait faire deux mois que j’avais publié sur ce blog la critique de Is la blanche, second tome de cette excellente bande dessinée qu’est Les druides. Deux mois, bigre, autant de temps alors que j’avais l’impression que j’avais découvert cette série il y a quelques semaines à peine, comme quoi, parfois, la vie nous réserve de petites surprises. Quoi qu’il en soit, là n’est pas le propos de ce billet, vous vous en doutez bien puisqu’il est temps d’aborder ce fameux troisième tome que j’étais, suite à la lecture de ses prédécesseurs, assez impatient de découvrir.

Ceux qui me suivent et qui lisent éventuellement, quand le cœur leur en dit, mes critiques, savent déjà tout le bien que je pense de cette série ; découverte donc sur le tard, comme cela m’arrive souvent par ailleurs, j’ai tout de suite été enthousiasmé par ce triller à la sauce celtique qui lorgne ouvertement du côté du Nom de la rose, par l’ambiance et l’intrigue générale, bien entendu, mais également par l’apparence du protagoniste principal, Gwenc'hlan, « joué » ici par Sean Connery. Et partant d’un postulat de départ pour le moins intéressant – alors que le christianisme prend de plus en plus importance et que les anciens dieux laissent la place au Dieu unique, des moines sont découverts décapités et tout semble accusé des druides – les auteurs, tout en dévoilant petit à petit des éléments de l’enquête, en profitent pour nous distiller savamment tout un plan des mythes celtes, ce qui permettra au néophyte d’en apprendre plus sur le sujet, ce qui est toujours intéressant, le connaisseur, lui, étant en terrain conquis et sera donc ravi de retrouver des éléments qui lui sont familiers. Et donc, depuis le second tome, c’est la célèbre citée légendaire d’Is qui est à l’honneur, une citée qui, comme chacun sait (du moins, ceux qui sont familiers de la légende) finira bien mal, la responsabilité, a en croire le clergé catholique, en incombant à la sulfureuse et païenne Dahud, la fille du roi. Bien évidemment, ici, il en ira autrement (quoi que…) et le fidèle de la série sera ravi de découvrir les nouveaux bouleversements et autres coups de théâtre scénaristiques sortis de l’imaginaire d’un Jean-Luc Istin parfaitement à l’aise. Pour ce qui est des dessins, il n’y a rien à redire sur le travail du Québécois Jacques Lamontagne : précis, agréable à regarder, ses planches sont d’un bon niveau et il n’y a pas de défauts notables à signaler, en dehors d’un petit détail qui m’a chiffonné : la bretelle de Dame Dahud fait décidément un peu trop moderne à mon gout.


Bref, et dans la lignée de ses prédécesseurs, La Lance de Lug confirme ce que l’on pensait de cette excellente série qu’est Les Druides : tant d’un point de vu scénaristique que par ses dessins, c’est un véritable plaisir pour le lecteur que de s’immerger dans un univers et une histoire oh combien captivantes. Les révélations, dans ce troisième tome, sont assez nombreuses et importantes, mais on ne sait pas encore tout sur ces étranges meurtriers de moines, et ce, même si on commence à comprendre un peu leurs motivations. Avec sa lecture agréable, ses personnages principaux intéressants (même si pas franchement originaux, il faut le reconnaitre), les nombreuses zones d’ombre du scénario, l’ambiance celtique omniprésente mais aussi celle, inéluctable, de la fin d’un monde (car oui, la religion des celtes disparaitra sous les avancées du christianisme), force est de constater que ce Nom de la rose « like » plaira aux amateurs du genre. Alors, si vous ne connaissez pas encore cette BD, peut être pourriez-vous vous laissez tenter par celle-ci, il se pourrait bien que vous ne le regretteriez pas.

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