mercredi 6 juin 2012

CONQUISTADOR – TOME 1



CONQUISTADOR – TOME 1

Depuis leur débarquement en Amérique, Hernán Cortés et son armée sont considérés comme des divinités par l’empereur aztèque Moctezuma. Cela fait bien longtemps que Cortés œuvre davantage pour son compte que pour la lointaine couronne d’Espagne… Tandis qu’il part à la rencontre d’une expédition punitive montée pour lui rappeler son allégeance, Cortés missionne un groupe hétéroclite, mêlant soldats et mercenaires, afin de voler l’inestimable trésor de Moctezuma. Parmi eux, le loyal soldat Hernando Royo… Le groupe d’aventuriers sera bientôt décimé par une mystérieuse entité qui les poursuit dans la jungle. Créature mythique ou tueurs tout ce qu’il y a de plus humains ? On ne s’attaque pas impunément aux ancestrales et puissantes légendes aztèques…

Avant de rentrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire, vous l’avez bien compris, la critique de ce premier tome de cette toute nouvelle série qu’est Conquistador, je tennais à m’attarder sur les quelques hésitations que j’ai eu, ces dernières semaines, quant à l’achat ou pas de celle-ci. Prévue depuis longtemps, cela faisait donc un certain temps que j’avais entendu parler de cette bande dessinée et au début, je dois avouer que le synopsis de celle-ci, s’il était loin d’être transcendant – voir résumé de l’éditeur plus haut – ne me laissait pas entièrement indifférent, probablement pour le simple fait qu’une œuvre se déroulant à l’époque où les conquistadors ont débarquer au Mexique, et ben en fait, ce n’est pas si courant qu’on pourrait le croire dans la culture populaire, quelle qu’elle soit, moderne. Pourtant, lorsque paru donc cette bande dessinée, je n’étais déjà plus aussi emballer, me disant que toute cette publicité faite autour d’elle était probablement exagérée et que, de toutes façons, comme je n’ai pas une carte de crédit d’un émir du golfe, je réserverais mon argent pour d’autres BD. Et puis, petit à petit, à force de lire des critiques positives de celle-ci, j’ai commencé à me dire que finalement, peut être que celle-ci vaudrait le coup, que je pourrais me laisser tenter et me la procurer, chose que je fis, il n’y a quelques jours à peine, presque sur un coup de tête. Comme quoi, jusqu’au bout, je n’étais pas foncièrement convaincu par ce Conquistador, et hier soir, donc, lorsque je me suis décidé à le lire, ce fut donc avec une certaine méfiance.


Comme je l’ai dit précédemment, des œuvres se déroulant lors des grandes découvertes, finalement, il n’y en pas tant que ça, ou, du moins, je suis toujours passé à côté car bon, comment dire, en dehors des Mystérieuses Cités d’or, le célèbre Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog, avec l’hallucinant Klaus Kinski et pour finir, Le Dieu perdu, un LDVELH de la série Dragon d’Or, il n’y a pas grand-chose sous le soleil, ou du moins, je ne m’en souviens pas ? Du coup, ce constat fut probablement déterminant pour mon choix final ; après tout, c’est toujours bien plus original qu’une énième œuvre de Fantasy ou se déroulant dans notre Moyen-âge ou dans l’antiquité gréco-romaine. Ensuite, la première chose qu’il me faut dire lorsque l’on découvre ce premier tome de Conquistador, c’est que, mine de rien, c’est fichtrement beau ! Je sais que je le signale souvent, sur ce blog, mais franchement, lorsque l’on regarde les planches de Philippe Xavier, force est de constater que c’est du grand art. Certes, le coté réaliste peut déplaire à certains, certes, quelque part, ce n’est pas forcément mon style préféré, mais l’on ne peut que reconnaitre la beauté de la chose : que ce soit les personnages, les bâtiments, la forêt et les divers décors, nous en prenons plein la vue et sincèrement, sur ce point, Conquistador est inattaquable. Et franchement, c’est déjà un bon point à signaler.

Mais reste le principal, selon moi, dans toute œuvre digne de ce nom : le scénario. Bon, là, je l’avoue, je suis déjà légèrement moins enthousiaste et je vais essayer de vous faire comprendre pourquoi. Ce premier tome, bien évidemment, sert avant toute chose à présenter, comme il se doit, à la fois les protagonistes et les événements à venir, sauf que, comme Conquistador est avant toute chose un dytique, j’ai trouvé que l’auteur, Jean Dufaux que l’on ne présente plus, s’attardait un peu trop sur la présentation des protagonistes principaux qui ont tous droit chacun a quelques pages lorsqu’ils apparaissent pour la première fois. Du coup, et même si la personnalité de ceux-ci – de véritables émules des 12 salopards en moins nombreux – bien que peu originale, n’en soit pas moins plaisante, l’action a proprement parlée s’en retrouve réduite à son stricte minimum, ce qui, de mon point de vu, est assez dommageable. Car, finalement, et il me faut le souligner afin de contrebalancer ce que je viens de dire, celle-ci est assez plaisante et si, bien entendu, nous ne nous trouvons pas la devant le scénario du siècle, après tout, ce n’est qu’un casse au pays des aztèques, il n’en est pas moins suffisamment bon pour que l’on passe un bon moment. Ajoutons à cela une ambiance exotique assez bien retranscrite et qui, sans nul doute, est l’une des grandes forces de cette œuvre, et un petit soupçon de surnaturel que l’on devine et dont on en saura davantage dans le prochain tome et finalement, en faisant la balance de l’ensemble, on ne peut que constater que ce premier tome de Conquistador s’en sort finalement plutôt pas mal.


Au final, et après coup, l’une de mes craintes de départ, c’est-à-dire, que l’on ait fait un peu trop de publicité au sujet de cette BD, s’est un peu confirmée – il faut le reconnaitre, nous n’avons pas là une œuvre qui pourra être qualifier de bande dessinée de l’année. Cependant, pour son ambiance dépaysante, son coté oppressant et les splendides dessins du sieur Xavier, ce premier tome de Conquistador s’en sort pas trop mal et m’a, en tout cas, suffisamment accroché pour que je me laisse tenter par l’achat de sa suite (et fin) en novembre prochain. Mais bon, comme on dit, d’ici-là, beaucoup d’eau aura couler sous les ponts.

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