vendredi 1 juin 2012

AZIMUT – LES AVENTURIERS DU TEMPS PERDU



AZIMUT – LES AVENTURIERS DU TEMPS PERDU

Quelque part dans le vaste capharnaüm des mondes possibles, il en existe un où,  plus qu'ailleurs, on reste profondément outré par l'idée de la vieillesse et de son issue tragique : la mort. Mais a-t-on la possibilité d'y échapper ? Ailleurs peut-être pas, mais dans ce monde-là, il est permis de le penser. C'est en tout cas la théorie du vieux professeur Aristide Breloquinte, qui occupe son temps à étudier les caprices du temps à bord du Laps, son navire laboratoire. C'est aussi l'avis de la belle Manie Ganza, qui semble convaincue que le temps, c'est de l'argent, et même des espèces sonnantes et trébuchantes. Chimère ! Diront certains. Non-sens diront les autres. Et puisqu'on parle de non-sens, signalons tout de même ce fait étrange : depuis quelques temps déjà, on a perdu le pôle nord. Ça n'a probablement rien à voir… Ou alors, c'est tout l'inverse. En compagnie d'une myriade de personnages fantastiques que n'aurait pas reniés Lewis Carroll, embarquez pour un fabuleux voyage qui vous emmènera tout autant dans les sphères éthérées de l’imagination qu'au cœur des préoccupations existentielles humaines.


Il y a de cela quelques semaines, alors que je trainais sur le net (activité qui m’arrive souvent au travail, bah quoi, il faut bien passer le temps), j’ai été faire un tour du coté de BD Gest’, histoire de voir les nouveautés, et je suis tombé sur une preview qui m’intrigua pour le moins : celle, vous l’avez devinez, de ce premier tome d’Azimut. D’ailleurs, et je pense que si vous me lisez de temps en temps, vous l’avez peut-être remarqué, c’est le genre de choses qui m’arrive régulièrement et c’est souvent le hasard qui me permet de découvrir bien des œuvres de qualité ; hasard qui fait bien les choses car sans lui, combien de petites merveilles me seraient resté complétement inconnues ? Quoi qu’il en soit, plutôt que de m’attarder sur le comment, intéressons-nous plutôt au pourquoi ; oui, pour quelle raison j’ai été attiré par ces quelques pages, alors proposées sur BD Gest’, qu’avaient-elles de plus que les autres qui firent que, en quelques instants à peine, je me suis dit que cette bande dessinée allait me plaire ?

Œuvre de Wilfrid Lupano au scénario et de Jean-Baptiste Andréae aux dessins, Azimut fait immédiatement penser à un certain Alice au pays des merveilles ; quelques pages entraperçues, le look décalé pour ne pas dire improbable des protagonistes, l’ambiance générale de la chose renvoi immédiatement à l’œuvre de Lewis Carroll, du moins, pour ce qui est du côté loufoque, l’omniprésence de l’improbable et des situations burlesques. Et mon opinion de départ n’en fut que renforcer une fois plongé dans la lecture de ce premier tome : en effet, si quelques planches avaient déjà suffi à me faire une opinion de cette toute nouvelle bande dessinée, le meilleur était encore à venir lorsque j’ai découvert l’intrigue de celle-ci et que, pages après pages, j’eu la confirmation que si cet Azimut n’allait pas être la BD de l’année 2012, il n’en serait pas loin, ne serais ce que par son originalité et son coté décalé. Car avant toute chose, lorsque je dis que tout cela me fait penser à Alice au pays des merveilles, il ne faut pas s’attendre à un simple copié/collé du chef d’œuvre de Carroll, bien au contraire, les auteurs étant sur ce point parfaitement doués pour créer un univers propre, original, loufoque certes, mais paradoxalement, également crédible, du moins, pour qu’on ait envie de le découvrir plus en profondeur. Car si ici, l’on croise allègrement de curieuses créatures en rapport avec le temps (dont certaines, si on les aperçoit, franchement terrifiantes), si l’on perd le nord – et ce, pas de façon métaphorique, ils ont vraiment perdus le nord – et si les humains côtoient le plus naturellement du monde toute une foule d’animaux anthropomorphes (qui naissent dans des… œufs !), bref, si cet univers est à mille lieux du notre et que l’on se doute bien que l’on nage bien en plein délire, et bien, la façon dont cela est construit, présenté, fait que l’on y adhère sans problèmes ; est ce que l’on appelle la cohésion d’un univers réussi ? Probablement, et sur ce point, je ne peux que tirer mon chapeau au sieur Lupano, que je ne connaissais point avant la lecture de cette BD, mais qui nous livre là un magnifique travail pour un premier tome, avec tout ce que cela comporte, bien entendu : présentation de l’univers, des protagonistes, des enjeux et des intrigues à venir.

Et si du point de vue scénaristique, tant dans le fond que dans la forme, il n’y a rien à redire sur le contenu de ces Aventuriers du temps perdu, premier tome d’Azimut, que dire des dessins  de Jean-Baptiste Andréae ? Lui aussi, je dois l’avouer, je ne le connaissais pas avant de découvrir cette bande dessinée (décidément, je n’y connais pas grand-chose quand j’y pense en BD), mais désormais, il va falloir que je retienne son nom. Sincèrement, le sieur Andréae sublime à merveille l’univers conçu par son compère, Lupano, rendant celui-ci (l’univers, pas le scénariste bien entendu) plus crédible et ce, malgré le fait que celui-ci (toujours l’univers) soit complétement fantaisiste : ainsi, c’est le plus naturellement du monde que l’on croise un lapin qui refuse d’admettre qu’il n’a pas eu de mère, un enfant qui est né dans une espèce d’œuf (et oui), un poisson forcément marin de métier, tout un tas d’oiseaux mécaniques, un démon offert à un roi, une voleuse sexy en diable accompagnée de sa troupe pour le moins farfelue, des poissons volants géants et tout un tas d’autres loufoqueries en tous genres. Légèrement saupoudré d’une petite pincée de Steampunk pour ce qui est de la technologie, graphiquement, ce premier tome d’Azimut est une véritable petite réussite et comme je l’ai fait pour le scénario, je ne peux que tirer bien bas mon chapeau au vu des superbes dessins de Jean-Baptiste Andréae.


Bref, vous l’avez compris, j’ai été complétement conquis par ce premier tome d’Azimut ; tant d’un point de vu scénaristique que graphique, celui-ci mérite le détour, de par son originalité et son coté loufoque assumé, il sort des sentiers battus et franchement, cela n’est pas plus mal. Bien évidemment, pour pouvoir apprécier une œuvre comme celle-ci, il faut avoir des prédispositions à ce genre d’univers absurdes et décalés et sincèrement, je pense ne pas me tromper en affirmant que si, en temps normal, vous ne jurez que par des œuvres de Fantasy pure et dure ou autres, Azimut ne vous plaira pas. Après, lorsque l’on possède des gouts un peu plus éclectiques, ou que, tout simplement, l’on aime bien le genre proposé ici, l’on ne peut qu’être enthousiasmé par cette œuvre et son univers dont le premier tome promet indéniablement beaucoup ; espérons d’ailleurs que la suite soit à la hauteur de mes espérances car pour une première, c’est un coup de maitre !

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