samedi 19 mai 2012

X-MEN 2



X-MEN 2

Toujours considérés comme des monstres par une société qui les rejette, les mutants sont une nouvelle fois au centre des débats alors qu'un crime effroyable commis par l'un d'eux relance la polémique autour de l'Acte d'Enregistrement des Mutants et le mouvement anti-mutants, dirigé par l'ancien militaire William Stryker. Quand ce dernier lance une attaque contre l'école de mutants du Professeur Charles Xavier, les X-Men se préparent à une guerre sans merci pour leurs survies, aidées de Magnéto, récemment évadé de sa cellule de plastique. Parallèlement, Wolverine enquête sur son mystérieux passé, auquel Stryker, dont on dit qu'il a mené de nombreuses expériences sur les mutants, ne serait pas étranger...


Il est parfois étonnant de se rendre compte à quel point nos propres gouts et opinions, avec le temps, peuvent, non seulement changer, mais qui plus, changer quasiment du tout au tout. Bien évidemment, à bientôt trente-huit ans, je ne suis pas la même personne qu’adolescent, mais si devenir adulte est une chose, si notre cœur tellement révolutionnaire a vingt ans, l’est beaucoup moins quand viennent les responsabilités familiales et professionnelles, d’autres changements peuvent survenir par la suite, dont certains, assez étonnants. Prenez donc X-Men 2, seconde adaptation du célèbre comics américain : lors de sa sortie dans les salles, en 2003, j’avais fortement apprécier ce film – certes, pas au point que je le considère comme un chef d’œuvre du septième art, loin de là, mais tout de même, à mes yeux, il y a neuf ans (comme le temps passe vite, c’est fou !), X-Men 2 était, dans la lignée de son prédécesseur, un bon film. Or, telle ne fut pas ma surprise en me rendant compte, jeudi soir, alors que je le revoyais pour la toute première fois depuis… oh, une éternité au moins, que mon opinion à son sujet avait considérablement changé, au point que qualifier cette adaptation de « bon film » m’est tout simplement, au jour d’aujourd’hui, impossible.

Certes, les gouts et les couleurs changent avec le temps, mais bon, quel contraste en neuf ans tout de même ! Une explication à ce constat ? En fait, il doit en avoir quelques-unes : tout d’abord, et la principale à mes yeux, en 2003, j’étais alors en plein revival comics, état de fait qui atteignit son point d’orgue deux ans plus tard (ah, le bon vieux temps de Royaume X-Men, forum depuis disparu) et qui pris fin, un peu pour raisons économiques mais aussi par lassitude, en 2009. Du coup, lorsque sortirent sur les écrans les deux premières adaptations de ce qui fut toujours ma BD de super héros préférés, je veux bien évidement parler des X-Men, c’était un peu comme un rêve d’enfant qui se réalisait – certes, je n’étais pas aussi enthousiaste et émerveiller que je pus l’être avec Le Seigneur des Anneaux, mais suffisamment, en tout cas, pour fortement apprécier la chose. Autre explication à mon changement d’avis sur ce film : le fait que, plus les années s’écoulent et plus je suis critique vis-à-vis de certaines œuvres qui me plaisaient autrefois. Ainsi, à force de m’être ouvert à d’autres genres, d’apprécier certains films que je n’osais pas voir autrefois mais aussi de murir dans mes gouts fait que, désormais, ce genre de films à grand spectacle comme peut l’être ce X-Men 2, a beaucoup plus de mal à trouver grâce à mes yeux. Si encore, à la base, il s’agissait d’un bon film, nul doute que mon opinion n’aurait pas changer ; mais passé l’enthousiasme de la découverte d’il y a une décennie, et franchement, il ne reste pas grand-chose à se mettre sous la dent.


Pourtant, et en toute objectivité, X-Men 2 n’est pas dénué d’intérêt : en tant qu’adaptation pure et dure de la bande dessinée, il était difficile (mais pas impossible) de faire mieux et sur ce point, sachons rendre a Bryan Singer ce qui lui appartient, c’est-à-dire, qu’il a su retranscrire au mieux sur grand écran tout un pan de la culture nord-américaine – si, si, je n’exagère pas si l’on se souvient de l’importance des enfants de l’atome dans les années 80/90. Ensuite, j’ai toujours trouvé que les acteurs choisis pour représenter nos héros sont assez crédibles : que ce soit Patrick Stewart en Professeur Xavier – rôle qui lui était promis depuis des lustres – Ian McKellen, tout bonnement parfait en Magnéto (comme ce fut le cas en Gandalf, par ailleurs), apportant a celui-ci une petite touche d’humour qui lui va assez bien, mais aussi Halle Berry finalement crédible en Tornade voir même Hugh Jackman dont le seul défaut, en tant que Wolverine, est d’être trop grand – pour la petite histoire, notre mutant griffu est tout petit, comme Sarkozy, et dans la BD, un Cyclope, par exemple, le dépasse de plusieurs têtes, or, ici, ce n’est pas vraiment le cas – ce n’est pas vraiment sur ce point que ce film pourra être attaquer. Ajoutons à cela quelques scènes tout bonnement réussies – comme celle du début où Diablo attaque la Maison Blanche, un must du genre – et l’on ne peut s’empêcher de se dire qu’à la base, X-Men 2 avait le potentiel pour marquer son temps.


Pourtant, en le revoyant de nouveau, ce jeudi soir, j’ai eu énormément de mal à comprendre ce qui avait bien put me plaire neuf années auparavant ? Ainsi, entre un scénario finalement pas aussi réussi que dans mes souvenirs et qui flirte parfois allègrement avec celui d’une série B, certaines scènes franchement très limites – comme celle où les X-Men vont voir le président des Etats Unis et franchement, se la pètent tellement qu’ils en deviennent risible – mais aussi une impression générale de fouillis où l’on sent que le sieur Singer a voulu tellement faire plus fort que dans le premier film qu’il s’est cru obliger de multiplier les clins d’œil et les personnages inutiles, les scènes pas crédibles – oh les gars, la demeure des X-Men attaquer par des truffions de l’armée, vous y croyez une seule seconde a ça ? – et la multiplication des scènes d’action qui font que tout cela ressemble plus à une compilation de bagarres (neuf fois sur dix, avec Wolverine impliquer dedans) et de démonstration d’effets spéciaux spectaculaires qu’a un véritable film, il m’est difficile de considérer cet X-Men 2 comme un véritable bon film. Les défauts, hélas, étant bien trop nombreux pour qu’il le mérite.


Ainsi va la vie : les temps changent, les années passent et nos opinions ne sont plus les mêmes. Du coup, laissez s’écouler presque une décennie, murissez un peu et vous ne verrez plus que défauts là ou, autrefois, vous vous extasiez. Bien évidemment, dès le départ, cette seconde adaptation des X-Men au cinéma n’était qu’un film d’actions à grand spectacle avant toute chose destiné aux fans – et à en trouver de nouveaux, ce qui fut le cas accessoirement. Et dans le genre qu’il représente, c’est-à-dire, les films de super héros, il n’est pas si mauvais en soit, bien au contraire. Après, quand on parle de cinéma, de véritable cinéma, c’est une toute autre paire de manches, et là, franchement, sortez X-Men 2 de sa catégorie et il ne tient plus du tout la route. 

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