dimanche 13 mai 2012

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°60 : 1812 – 1942 – 2012 Campagnes de Russie



Après un début d’année 2012 qui avait vu cette excellente revue qu’est La Nouvelle Revue de l’Histoire osciller entre le moyen – le cinquante huitième numéro – et le assez bon – le précédant, celui d’il y a deux mois – voici qu’en ce début mai, qui malgré quelques éclaircies et une certaine hausse des températures, n’en reste pas moins pluvieux, et en pleine élections présidentielles, était sorti le soixantième numéro d’une revue dont on ne peut nier les qualités intrinsèques, mais dont on craint à chaque fois que ne revienne son principal défaut : son manque de renouvellement dans ses sujets. Et force est de constater que lorsque l’on voit l’intitulé du dossier principal de ce numéro, on ne peut qu’être dubitatif :

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°60 : 1812 – 1942 – 2012 Campagnes de Russie
Mai/Juin 2012

1812 – 1942 – 2012 Campagnes de Russie
- Causes et ambiguïtés de la campagne de 1812
- La Russie : un empire édifié face aux conquêtes
- Napoléon : le piège fatal
- La Grande Armée des vingt nations
- La Russie face à Napoléon
- 1941 – 1942. De Barbarossa à Stalingrad
- L’espoir assassiné du Général Vlassov
- 2012 : une nouvelle Russie
- Russie : 1989 – 2012, de la chute au redressement
- Géopolitique de la nouvelle Russie
- L’identité russe au miroir du cinéma

- Editorial : Trois campagnes de Russie
- Un romancier prophétique. Entretien avec Jean Raspail
- Hervé Coutau-Bégarie : l’historien qui a pensé la guerre
- Redécouvrir la chevalerie
- Louis XIII, un roi méjugé
- Hjalmar Schacht, le banquier d’Hitler
- Pierre Schoendoerffer : la saga des soldats oubliés
- L’autre révolution de 1917
- Elisabeth II, the Queen

Ne nous leurrons pas, comme je l’ai souvent dit sur ce blog (un peu trop même à mon humble avis), le principal problème de La Nouvelle Revue de l’Histoire est le fait que certains sujets reviennent sans arrêt : ainsi, depuis qu’existe ce magazine, combien de fois avons-nous eu droit à des dossiers (sans oublier les articles) sur, dans le désordre, la seconde guerre mondiale, l’entre-deux guerres, Napoléon, l’Allemagne nazie, la France sous Pétain, la géopolitique des Etats Unis, la Russie et quelques autres. Et si je n’ai jamais nié le fait que ces dossiers ont toujours été intéressants, bien écrits et souvent pertinents, force est de constater qu’au bout d’un moment, à force de me retaper sans arrêt les mêmes sujets, cela en devient plus que lassant – surtout que l’Histoire, ce n’est tout de même pas que la première moitié du vingtième siècle et Napoléon, n’est-ce pas ? Et donc, pour ce soixantième numéro, nous retrouvons un vieux sujet de prédilection de la NRH, la Russie. Certes, cela faisait un certain temps que nous n’avions pas droit à un dossier sur celle-ci, cependant, comme vous le comprenez, ce n’est pas la première fois non plus que nous avons droit à des pages et des pages sur la Russie des Tsars, la Russie contre Napoléon, la Russie contre l’Allemagne etc. Et comme en plus, dans le dossier, on se retape Napoléon et l’Allemagne nazie, vous comprenez un peu mon désarroi devant ce nouveau numéro – du moins, nouveau par la date, pas forcément par le contenu.

Pourtant, autant je trouve cette politique éditoriale contestable et lassante, autant je ne peux dire que du bien du dossier en lui-même : certes, le sujet et tout sauf original, cependant, comment ne pas reconnaitre sa qualité ?! Précis, instructif, si l’on est d’abord réticent devant celui-ci, force est de constater que l’on se prend néanmoins rapidement au jeu et que l’on ne peut que louer le travail effectué par les auteurs. De plus, même là où l’on pourrait croire tout connaitre sur le sujet, un article sur les troupes allemandes dans la Grande Armée et un autre sur le Général Vlassov viennent nous rappeler la grande force d’une revue comme la NRH : son soucis du détail et des anecdotes qui viennent renforcer l’ensemble du dossier, cette volonté d’approfondir les choses, ce que d’autres, trop souvent, ne le font pas. Du coup, finalement, ce dossier sur la Russie, territoire finalement imprenable, de ses envahisseurs repartis la queue entre les jambes et de son histoire moderne, aux mains d’un Poutine qui lui a rendue tout son lustre, s’avère bien plus intéressant qu’on ne l’escomptait au départ. Dommage que le reste de la revue ne soit pas forcément à la hauteur du dossier principal car on aurait pu obtenir un très bon numéro ; tant pis, on en restera à un plutôt bon, ce qui est déjà une bonne chose en soit. 

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