lundi 14 mai 2012

GORILLAZ



GORILLAZ

Gorillaz – 2001

1 - Re-hash
2 - 5/4 (Five Four)
3 - Tomorrow Comes Today
4 - New Genious (brother)
5 - Clint Eastwood
6 - Man Research (clapper)
7 - Punk
8 - Sound Check (gravity)
9 - Double Bass
10 - Rock the House
11 - 19-2000
12 - Latin Simone (que Pasa Contigo)
13 - Starshine
14 - Slow Country
15 - M1 A1


Le vingt-et-unième siècle s’ouvre avec l’arrivée d’un objet musical non identifié auquel personne ne s’attendait. Après un maxi (Tomorrow Comes Today, 2000) qui avait beaucoup fait parler de lui dans les clubs londoniens, Gorillaz sort son premier album. Ah, Gorillaz, tout un programme que ce vrai-faux groupe ; je me souviens encore de la toute première fois où j’en ai entendu parler : c’était sur Game One, la chaine dédiée aux jeux vidéo, dans un concours où l’un des deux prix (au choix) était ce fameux premier album de Gorillaz – pour la petite histoire, ils n’étaient pas nombreux au début, ceux qui le choisissaient mais, comme vous vous en doutez, cela n’a pas durer bien longtemps. Mais revenons à nos moutons : aux commandes de ce vrai-faux groupe donc, Jamie Hewlett, le papa de la BD Tank Girl, et, plus intéressant, musicalement parlant, j’entends bien, un certain Damon Albarn, l’ancien leader à mèche blonde de Blur. Le premier dessine et anime ce groupe-concept, composé de quatre personnages virtuels et complètement déjantés : 2-D, Murdoc, Noodles et Russel. Le deuxième se charge de la musique, bien présente derrière ces frimousses cartoonesques, s’offrant les services de Dan Nakamura dit The Automator et nous démontrant définitivement toute l’étendue de son talent musical, de sa volonté de prendre des risques et de sortir du carcan de la britpop.


Ce premier album, donc, sobrement intitulé Gorillaz, est précédé de quelques jours par le célèbre single Clint Eastwood, fort de son refrain accrocheur et ses « oooh oooh oooh » tout droit sortis de la jungle de la pop et marquera indéniablement à la fois son époque, mais aussi les années à venir ; immédiatement, Gorillaz connaît un succès plus que mérité : l’album (et tout ce qui va avec : livret, pochette, clips, site internet…) surprend avant tout par son éclectisme joyeux et son graphisme coloré. Le fait aussi que ce groupe n’en soit pas un, que ces membres soient virtuels – tout en possédant néanmoins une identité, un vécu, une personnalité etc. – intrigue le fan et je dois vous avouer que pendant longtemps, j’étais persuader que derrière chaque personnage virtuel se dissimulait un véritable musicien – comme on peut dire que le sieur Damon Albarn serait le guitariste aveugle, 2-D – or il n’en était rien, bien entendu. Car Gorillaz, avant tout chose, c’est l’histoire d’une rencontre, celle de l’ancien leader de Blur et d’un dessinateur, Jamie Hewlett, bien évidemment, mais aussi, celle de ces deux hommes et d’une flopée de musiciens venus de tous les horizons et donnant à la sonorité de la chose un époustouflant mélange des genres comme rarement il m’ait été donné de voir dans le petit monde de la musique.


Dan The Automator étant une référence de la production hip-hop West Coast, on n’est guère étonné d’entendre avant tout des beats d’obédience rap. Mais, très vite, les guitares rock et les mélodies pop viennent semer la zizanie, offrant dix-sept chansons inventives qui oscillent d’un genre à l’autre… ce qui en aura surpris plus d’un lors des débuts de Gorillaz, moi le premier, mais ce qui donne au final un mélange des genres pour le moins accrocheur et surtout, réussi. Les références fourmillent, entre le funk de l’époque Motown, les rythmes latinos et la pop so british délicieusement interprétée par un spécialiste du genre, Damon Albarn. Les invités surprennent également. Ibraham Ferrer du Buena Vista Social Club chante un très beau Latin Simone (¿Qué Pasa Contigo?), tandis Tina Weymouth (ex-Talking Heads) et Miho Hatari poussent la chansonnette sur 19-2000 (l’un de mes titres préférés de ce premier album au refrain certes un peu simpliste mais qui ne nous quitte plus une fois écouté pour la première fois) ou Re-Hash.


Dansant, ludique, accompagné d’une identité visuelle très forte, la musique de Gorillaz réussit dès ce premier album à s’imposer, aussi bien dans les milieux dits underground qu’auprès du grand public. Ce mélange à la fois typiquement pop et curieusement varié, atteste l’immense culture musicale de Damon Albarn et fait mouche, nous démontrant une fois de plus que finalement, la musique peut parfaitement ne pas se limiter à un seul et unique genre et que les mélanges, lorsqu’ils sont réussis – et c’est le cas ici – et savamment dosés apportent toujours un petit plus que bien d’autres albums ne possèdent peut-être plus avec le temps. Personnellement, j’adhère totalement à de tels concepts et même si je dois reconnaitre que l’intégralité de cet album n’est pas toujours simple d’accès, que quelques titres surprennent parfois, et ben, cela est toujours préférable que de devoir se retaper pour la énième fois un copié/collé des Stones ou de U2 – groupes pourtant géniaux en soient mais qui, depuis le temps, on surtout tendance à tourner en rond et ne pas se renouveler. Et si l’on ajoute à cela le fait qu’avec ce premier album de Gorillaz, les clips trouvent ici tous leurs intérêts, qu’ils sont de véritables petites réussites et transcendent mêmes les chansons d’où ils sont tirés et vous comprendrez probablement pourquoi je considère depuis longtemps que ce premier album de Gorillaz est sans nul doute l’un des plus importants de ce début de vingt et unième siècle et à coup sûr, le plus original de tous. 

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...