jeudi 26 avril 2012

LES REINES DE SANG - ALIÉNOR LA LÉGENDE NOIRE



LES REINES DE SANG - ALIÉNOR LA LÉGENDE NOIRE

1137. Aliénor, duchesse d'Aquitaine, âgée d'une quinzaine d'années, devient reine de France. Humiliée en public par sa belle-mère, traitée comme une enfant par le conseiller du roi, tenue à l'écart des affaires du royaume, la jeune femme fait le serment de prendre la place qui lui revient. Femme politique, intrigante, amoureuse perfide ou sublime, elle décidera du cours de l'Histoire.


Ce n’est pas la première fois que je le signale sur ce blog, et, j’en suis persuader, encore moins la dernière, mais j’éprouve, et cela, depuis ma plus tendre enfance, une grande passion pour l’Histoire. De quoi cet amour immodéré pour notre passé est-il venu ? Franchement, c’est un peu difficile à dire, surtout que, aussi loin que je me souvienne, celle-ci m’a toujours passionné ; films vus enfant, dessins animés, bande dessinées, reportages ? Petit à petit, au fil des ans, ma passion grandissait et, alors que j’approche petit à petit de la fatidique et symbolique barrière des quarante ans (enfin, j’ai encore deux ans avant de voir venir), mon gout pour la chose historique ne s’est pas encore démenti, bien au contraire, puisque, plus le temps passe et plus j’ai l’impression que l’Histoire m’intéresse de plus en plus au point que je ne me lasse jamais – parfois au grand dam de mes proches – de tout ce qui pourrait me permettre d’apprendre de nouvelles choses sur telle période historique que je connais peu ou prou. Ainsi, vous imaginez ce que je peux ressentir devant n’importe qu’elle œuvre – cinéma, bande dessinée, roman – qui a, de prêt ou de loin, un quelconque lien avec l’Histoire ; car si, et je ne m’en cache pas, la SF et la Fantasy me permettent de rêver, les œuvres historiques, en plus de me faire passer un bon moment, elles, me permettent de parfaire mon savoir. Et cela, à mes yeux, n’a pas de prix.


Du coup, telle ne fut pas ma surprise – et, bien évidemment, l’éveil de ma curiosité – en découvrant la toute dernière série en date de chez Delcourt – éditeur que j’aime bien, comme on a pu le voir à de multiples reprises sur ce blog, mais qui, ces derniers temps, et en dehors de ses séries phares que je suis depuis longtemps, était un peu en dessous de la concurrence pour ce qui est des nouveautés – allait traiter de l’histoire des reines de France. Pas toutes, certes, mais de certaines suffisamment marquantes, mais néanmoins obscures – du moins, pour le grand public et les non-initiés – ce qui, fort heureusement, nous évitera de nous taper pour la énième fois une biographie soporifique sur Marie Antoinette – ceux qui, comme moi, ne peuvent plus la voir sans éprouver de fortes nausées me comprendront aisément. Et justement, ce parti pris éditorial, ce choix de s’attarder sur des reines moins connues de nos jours fut sans nul doute l’élément déclencheur, le petit plus indéniable qui me décida, depuis quelques temps, à me procurer ce tout premier tome de ces Reines de sang – le titre, certes accrocheur, est tout un programme – chose que je fis, alors que je me trouvais à Bergerac la semaine passée ; mais bon, ce détail, franchement, n’intéressera pas grand monde.

L’année passée, j’avais déjà côtoyé la grande Aliénor d’Aquitaine dans une autre œuvre, l’excellent Roi d’août qui m’avait laissé une très bonne impression, et que, accessoirement, je recommande à tout amateur d’histoire et de fantastique qui se respecte. Cependant, dans ce roman de Michel Pagel, celle-ci n’avait qu’un rôle pour le moins minime puisque son nom était plus cité que ses propres apparitions et que sa progéniture avait plus d’importance qu’elle-même, qui, dans le roman, était plus en arrière-plan. Ici, dans ce premier tome du tryptique qui lui est consacré et intitulé La légende noire, son rôle est bien évidement de tout premier plan, comme il fallait s’y attendre – le contraire aurait été stupéfiant, quoi que, parfois, plus rien ne m’étonnes – et ce fut donc avec un certain intérêt et une volonté d’en apprendre davantage au sujet de cette fameuse Aliénor d’Aquitaine que je me lançais dans la lecture de cet album. Et, arrivé à ce point de mes propos, il me aborder l’un des sujets principaux d’une critique d’une œuvre dite historique : je sais ce que certains vont penser (d’ailleurs, une fois, on m’en fit le reproche alors qu’en plus, l’œuvre ne le justifiait même pas puisqu’il s’agissait d’une Uchronie mais bref, c’est le passé), que ce n’est pas en lisant une bande dessinée (ou en regardant un film ou en lisant un roman) que l’on va apprendre l’Histoire, la vraie, celle qui s’écrit avec un H majuscule ; quelque part, je suis parfaitement d’accord avec cela, cependant, ici, et malgré le fait qu’il ne faille pas prendre l’intégralité du scénario, des dialogues, des situations et des pensées des protagonistes au pied de la lettre (bien évidement), je trouve que, dans l’ensemble, les auteurs ne se sont pas moqués de nous et que, dans l’ensemble, l’intrigue – utilisant habilement des figures historiques et des faits réels – reste assez plausible, ce qui, j’en conviens, n’est pas toujours le cas. Bien évidemment, la lecture de ce premier tome d’Aliénor ne permettra pas à certains de faire une dissertation sur cette ancienne reine de France, mais bon, cela peut aider, du moins, comme point de départ – ensuite, bien entendu, il suffit d’approfondir la chose par avec du matériel, comment dire, plus sérieux. Mais en tout cas, sur ce point, louons le travail scénaristique du duo Arnaud Delalande et Simona Mogavino, qui, tout en romançant la réalité, en reste suffisamment proche pour garder de la crédibilité mais qui ne renonce jamais à rendre l’intrigue captivante.


Car c’est là aussi l’une des grandes forces de ce premier tome de cette série consacré à Aliénor d’Aquitaine : son intérêt. Sincèrement, il est toujours agréable d’apprendre, de se cultiver en s’amusant, et sur ce point, je ne peux que constater qu’ici, le contrat est parfaitement rempli ; en effet, loin des habituels semi-BD sensées nous apprendre l’histoire de France et qui, franchement, n’ont de scénario que de nom, ici, le lecteur est immédiatement plongé au cœur d’un scénario captivant et ce, par le biais d’une intrigue accrocheuse, de personnages bien plus intéressants qu’on ne pourrait l’imaginer – Aliénor, bien sûr, mais comment ne pas souligner ce pauvre Louis VII, complétement soumis à la beauté et au charisme de son épouse, voir même, le conseiller, Suger, que j’ai découvert dans ces pages – mais aussi, par la qualité des dessins : je ne connaissais pas Carlos Gomez (dont le nom me fait davantage penser à celui d’un camarade de classe qu’à celui d’un dessinateur), apparemment fort connu de l’autre côté des Alpes, en Italie, mais sincèrement, quel beau coup de crayon qui retranscrit à merveille toute la crasse, le luxe, la misère et la violence du Moyen-âge, ce qui fait pour beaucoup pour la qualité finale de ce premier tome.


Indéniablement, Aliénor, la légende noire ouvre superbement bien cette toute nouvelle série de chez Delcourt intitulé Les reines de sang ; d’autres titres et d’autres reines seront, dans les mois à venir, a l’honneur, (et ce, avec d’autre auteurs) comme Isabelle la Louve de France et Frédégonde la reine sanguinaire, mais en attendant celles-ci, force est de constater que pour une première, Aliénor est une parfaite réussite, ce qui, bien évidemment, ne pourra que ravir les amateurs d’œuvres historiques, bien entendu, mais aussi tous les amateurs de bande dessinée qui souhaiteraient passer un bon moment sans que, pour une fois, aucune oreille pointue d’un Elfe, aucun complot du Vatican ni aucun OVNI ne pointe le bout de son nez, ce qui, franchement, n’est pas plus mal de temps en temps. En tout cas, vivement la suite des aventures de cette Aliénor décidément bien plus redoutable que ce que sa belle-mère et Suger escomptaient au départ ; et quand on est un habitué de l’Histoire et que l’on connait ce qui arrivera par la suite, cela laisse présager du meilleur…

2 commentaires:

oth67 a dit…

Acheté, lu & approuvé !

Feanor a dit…

J'attends la suite avec impatience !!!

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