lundi 9 avril 2012

HELL WEST : FRONTIER FORCE



HELL WEST : FRONTIER FORCE

Bienvenue dans le Hell West ! Oubliez ce que vous croyiez connaître du western et de ses clichés. Ici, vous rencontrerez bien Custer, Buffalo Bill et d'autres figures mythiques, mais dans un Far West revisité où les armes à feu sont bien dérisoires face à la magie ancestrale de ceux qu'ils considèrent comme des sauvages. Nous sommes en 1875. Les White States of America (WSA) regardent avec avidité les contrées mystérieuses qui s'étendent au-delà du Mississippi. L'ouest est constitué de terres hostiles inconnues, habitées par des tribus indiennes, mais aussi par une mosaïque de peuples monstrueux... Les WSA projettent leur conquête par les armes, avec comme fer de lance un nouveau corps d'élite : la Frontier Force ! Dans celle-ci, une tête brûlée : le sergent Outburst. Alors que la guerre se prépare, il va découvrir qu'un complot se trame contre le Président Jefferson Davis, fomenté par Agathon, un prédicateur illuminé et par le mythomane lieutenant-colonel Custer. Pour mener à bien leur entreprise, Custer et Agathon retiennent captive Oria, une créature hybride qui semble détenir des pouvoirs hors du commun... Entre un gouvernement belliqueux et des conjurés fanatiques, Outburst arrivera-t-il à la sauver avant que se déclenche un épouvantable massacre ?

Dans la véritable jungle qu’est, mensuellement, la parution de bande dessinées, force est de constater qu’il est souvent bien difficile de s’y retrouver ; ainsi, entre la BD dite franco-belge (l’Européenne en gros), les comics et les mangas, autant l’amateur a de quoi faire, s’il le désire, mais autant, également, a-t-il de chances, de tomber sur des œuvres qui ne pourront que le décevoir. Car bon, comment dire… la production est importante, variée, mais la qualité, elle, n’est pas forcément toujours au rendez-vous ; de même, entre les gouts de chacun, mais aussi, les campagnes de pubs de certains éditeurs qui nous font prendre des vessies pour des lanternes, les chances de se louper et de regretter son achat montent rapidement en flèche. Du coup, beaucoups s’en tiennent aux valeurs sures, ce qu’ils connaissent et hésitent fortement devant de nouveaux titres ; d’autres, eux, et j’en fais partie, aiment partir un peu à l’inconnu, la déception, bien entendu, étant une possibilité à prendre en compte. Mais il existe une catégorie de personnes, de véritables passionnés, qui prennent encore plus de risques, je veux bien évidement parler de ceux qui permettent a des auteurs inconnus de pouvoir s’autoéditer.

Les éditions Sandawe sont pour le moins particulières puisque ce sont les internautes eux-mêmes qui permettent le financement, et donc, la sortie, des titres ; ainsi, en jetant un rapide coup d’œil sur le site, je me suis rendez compte que ce tout premier tome de Hell West avait reçu, mine de rien, la somme non négligeable de 40190 euros d’investissement, ce qui avait permis à ses auteurs, Thierry Lamy au scénario et Frédéric Vervisch aux dessins, de pouvoir sortir ce qui est le premier volume d’une œuvre prévu pour être en trois parties. Pour être tout à fait franc, lorsque j’avais entendu parler pour la toute première fois, il y a quelques semaines, de cette BD, je ne me doutais nullement que celle-ci avait pu voir le jour grâce à cette méthode de l’autofinancement ; certes, j’avais déjà entendu parler de cette façon de faire, mais n’étant pas non plus un grand spécialiste du milieu de la BD, j’avoue que je ne m’étais jamais trop intéresser à cela. Pourtant, en y regardant de plus près, je dois reconnaitre que c’est une bonne idée : dans un marché saturé d’œuvres des grosses maisons d’édition, que des internautes permettent, de par leur investissement, à de jeunes auteurs ou à des titres originaux, de voir le jour, est franchement une bonne chose. De plus, louons ces fameux investisseurs, car, comme je vous le disais en préambule, s’il est risqué de dépenser une dizaines d’euros dans un album sur lequel l’on ne sait rien, vous imaginez que c’est encore pire de le faire lorsque celui est encore à l’état de projet et que l’on n’a vraiment aucun moyen de savoir ce que donnera le résultat final. Du coup, chapeau bas aux courageux investisseurs qui ont permis la sortie de ce premier tome de Hell West, bien entendu, mais aussi aux autres titres des éditions Sandawe, comme, par exemple, Le Chevalier mécanique, une œuvre qui m’intrigue depuis quelques temps.


Mais si je me suis attardé longuement sur la jeunesse et la conception de cette œuvre, il est temps, bien entendu, de voir ce que donne le résultat final ; car bon, le financement des internautes, c’est une chose, mais encore faut-il que le résultat soit à la hauteur de celui-ci. Car, comme vous vous en doutez, là aussi, la déception peut être au rendez-vous. D’ailleurs, sur ce point, je ne peux passer sous silence le fait que bon nombre d’avis sur les titres des éditions Sandawe que j’ai pu lire ici ou là, ne sont pas franchement positifs ; certes, ils sont minoritaires en général, et sur ce que j’ai pu lire (ce premier tome de Hell West), ou voir (quelques pages vite fait du Chevalier mécanique), certains commentaires négatifs me semblent un peu excessifs. Mais bon, suivant vos gouts, je peux comprendre que de tels titres puissent vous déplaire ; surtout que, si j’ai bien aimé ce Frontier Force, je ne vais pas tomber dans l’excès inverse et crier sur tous les toits que cette œuvre est la BD de l’année.

Si je ne suis pas un grand fan de western et que, bien souvent, le genre me laisse froid, je dois reconnaitre que lorsque j’ai entendu parler, pour la toute première fois, de Hell West, je suis tout de suite tomber sous le charme de ce qui m’étais proposer : partis pris graphique, en noir et blanc, traits pour le moins singulier, et peu communs dans la BD européenne, univers proposé – subtile mélange des genres où, dans une Amérique parallèle, des figures historiques connues côtoient les créatures fantastiques – mais aussi, originalité de l’œuvre, décision fut prise sur le champ de me procurer cette bande dessinée le plus rapidement possible ; ainsi, ce fut assez logiquement qu’elle trôna longtemps sur ce blog sous le libellé : BD à lire. Car si, comme je l’ai dit, le western, généralement, le laisse assez froid, je suis un inconditionnel du mélange des genres, et, forcément, si ce gout de ma part pour les œuvres à risque (car cela ne fonctionne pas toujours) y est pour beaucoup dans mon choix puis, dans mon avis général après lecture, il fallait aussi, et surtout, que les auteurs soient à la hauteur, et, dans les grandes lignes, ce fut le cas. Sans nous offrir le scénario de l’année, Thierry Lamy nous propose un univers intéressant, suffisamment attractif et, ma fois, assez original : cet ouest sauvage, peuplé de créatures fantastiques et dangereuses pour l’homme est, ma foi, une bonne assise de base pour son œuvre. De même, la direction prise par cette Amérique est plutôt bien trouvée puisque, grâce aux noms connus qui jalonnent l’intriguent, l’on s’aperçoit que se sont les sudistes qui sont au pouvoir : entre le général Lee qui supervise Grant et Jefferson Davies a la présidence, ces WSA sont décidément bien loin de nos USA. Ajoutons à cela un humour omniprésent et des protagonistes principaux assez attachants par le fait qu’ils ressemblent plus à de magnifiques loosers qu’autre chose, et vous comprendrez tout mon attrait pour cette BD. Surtout que, côté dessins, dans l’ensemble, j’ai apprécié le travail de Frédéric Vervisch, qui, indéniablement, colle assez bien à cet univers sombre et dangereux au possible.


Mais tout, selon moi, n’est pas parfait dans ce premier tome de Hell West : déjà, pour ce qui est des dessins, justement, certaines planches m’ont un peu poser problèmes, en particulier les visages de certains protagonistes qui, quelques fois, me semblaient loupés : par exemple, le chef du KKK, au début, ou Custer, page 26. Ensuite, trop d’humour tue, selon moi, l’humour, est sur ce point, Custer me semble un peu trop allumé pour être honnête et certaines situations sont un peu tirées par les cheveux. Idem pour les créatures, je me les imaginais un peu plus impressionnantes a la base, mais bon, sur ce point, nous n’en sommes qu’au premier tome, attendons de voir ce que nous réservera la suite. Une suite que, de toute façon, j’attends avec impatience car, en dehors de ces quelques petits points négatifs, j’ai, dans l’ensemble, apprécier ce Frontier Force, premier tome de Hell West : de par son univers, son subtil mélange des genres, son humour (mais pas trop, sinon, ça tombe dans le n’importe quoi) et ses protagonistes principaux, et même si cette BD n’est pas, et ne sera pas, l’œuvre de l’année, force est de constater qu’elle n’en est pas moins de qualité et que, chose importante pour un premier tome, qu’elle donne envie de découvrir la suite. 

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