jeudi 26 avril 2012

HAUTEVILLE HOUSE : FORT CHAVAGNAC



HAUTEVILLE HOUSE : FORT CHAVAGNAC

Après avoir exploré les fonds marins de Nouvelle-Calédonie et repéré une présence inconnue dans les eaux de Vanikoro, les différents équipages naviguent vers Cherbourg. Le navire de guerre sudiste, L'Alabama, atteindra les côtes de la Manche dans quelques heures. À ses trousses : le sous-marin nordiste Le Kearsarge. Enfin, Le Charlemagne, bâtiment de l'Empire français... La bataille est imminente.


Cela fait désormais un bon nombre d’années que j’ai découvert cette sympathique série qu’est Hauteville House ; œuvre de Fred Duval au scénario et de Thierry Gioux aux dessins, cette bande dessinée, dont le premier tome, Zelda, est paru en février 2004 (mine de rien, ca fait un bail tout de même), a sut, au gré des années et des albums parus, être un honorable, que dis-je, un bon représentant du genre Steampunk, mélangeant habilement Les Mystères de l’Ouest, dont on sent l’inspiration, le second Empire (qui, décidément, inspire bien des auteurs français du genre, il suffit de se souvenir d’œuvres comme La Lune seul le sait, déjà chroniqués sur ce même blog), présenté ici – de même que les sudistes – comme les « méchants » de l’intrigue, a un exotisme qui fleure parfois allègrement avec la science-fiction pure et dure puisque, entre artefacts venus d’autres mondes, contact avec des intelligences venus d’ailleurs et même, quelques heures Lovecraftiens par moments, l’amateurs du genre – des genres – ne pourra qu’être ravis du matériau final. Pourtant, et je ne peux le cacher, au gré des sept albums parus avant ce Fort Chavagnac, tout ne fut pas toujours tout rose avec cette série, et il m’arriva, quelques fois, d’éprouver une certaine déception vis-à-vis de certains albums des deux cycles existants. Cependant, dans l’ensemble, mon opinion sur cette série n’en est pas moins positive et ce fut donc avec un certain plaisir que je me suis procurer ce huitième tome, attendu, de Hauteville House.


Et force est de constater que si, justement, les premiers tomes de ce second cycle, débuté en mars 2009 avec USS Kearsarge, m’emballaient moins que le précédant, qui lui, reste inégaler jusqu'à présent, au point qu’il me soit arriver d’écrire une ou deux critiques assez dures, ce huitième tome, Fort Chavagnac, dans la lignée du septième, rehausse petit a petit le niveau global de la série. Certes, les amateurs de celle-ci pourront toujours trouver a redire sur la qualité intrinsèque de l’ensemble, cependant, et malgré quelques critiques assez négatives que j’ai put trouver sur la toile, j’ai envie de défendre ce dernier tome en date de Hauteville House ; non pas parce que celui-ci est exceptionnel en soit, non pas parce qu’il marquera l’histoire – loin de la – mais surtout en raison du fait que, avec ses qualités et ses faiblesses, il est, selon moi, le digne représentant d’une série sans prétention, assez sympathique en soit et qui, plutôt que de nous fatiguer le cerveau avec de grands thèmes métaphysiques, se contente de nous offrir le genre d’aventures que l’on aime, celles avec un A majuscule, comme n’importe quelle œuvre de série B – ca tombe bien d’ailleurs puisque c’est le nom de la collection où elle parait.

Mais alors, qu’ais-je trouver de si rafraichissant – oui, le terme me semble convenir – dans ce huitième tome de Hauteville House ? Et ben, tout d’abord, le plaisir de retrouver des protagonistes, qui, avec le temps, me sont devenus familiers et qui ont, pour la plus part, et malgré le fait qu’ils sont tous un peu trop stéréotypés, un petit je ne sais quoi qui fait qu’ils sont assez attachants. De même, retrouver cet univers et une intrigue que j’accompagne depuis maintenant un petit paquet d’années est un point hautement positif, surtout que celui-ci, et même s’il n’est pas le plus original qu’il m’ait été donné de connaître et que, comme je vous l’ai dit, tout n’est pas parfait, me plait suffisamment pour que j’éprouve a chaque fois le même plaisir des qu’un nouveau tome parait. Et si l’on ajoute à cela que ce Fort Chavagnac est peut-être l’un des plus réussis de mon point de vue de ce second cycle et que, par ce fait, l’intrigue de celui-ci, qui paraissait au départ un peu nébuleuse et ne semblait mener nulle part, commence a devenir captivante, et vous comprendrez mon enthousiasme pour ce huitième « épisode » de Hauteville House. Car force est de constater qu’ici, les auteurs vont encore plus loin que d’habitude et que si certains pouvaient trouver l’univers général de la série un peu… comment dire, exagéré par moments… ici, c’est le pompon (mais pas forcément dans le mauvais sens du terme) : liens entre l’humanité et des extraterrestres (où l’on apprend, justement, pourquoi cet univers est si particulier – le fameux point de divergence propre de toute bonne uchronie qui se respecte), navire hantée (en fait l’équipage est possédé mais chut, inutile de tout dévoiler…) qui flirte avec le célèbre Hollandais volant, grande leçon de morale de la part de nos « frères » venus des étoiles sous un ton écologiste au sujet de notre responsabilité quant au devenir de notre planète, massacre sanguinolent de toute une poignée de curieux a un moment donné, bref, tous les poncifs du genre, ou presque, sont la sans que l’intrigue, pourtant, ne tourne au grand guignolesque – et pourtant, ce n’était pas gagner de réussir un tel numéro d’équilibriste. Ajoutez à cela le fait qu’il y eut bel et bien, lors de la Guerre de Sécession, un combat naval entre… le CSS Alabama et l’USS Kearsarge au large de Cherbourg le 19 juin 1864, ce qui ne pourra que plaire aux amoureux d’Histoire, mais aussi que, du coté des dessins, Thierry Gioux est égal a lui-même, c'est-à-dire, bon (attention néanmoins, son style ne plaira pas forcément a tout le monde) et vous obtiendrez au final un excellent tome, en tous cas, bien plus réussi que ce que le début de ce second cycle le laissait présager.


Bien évidement, je ne peux cacher le fait que tout n’est pas parfait : dans l’ensemble, si l’on passe un bon moment lors de la lecture de ce Fort Chavagnac, on ne peut que regretter certains raccourcis faciles du scénario, quelques liens entre personnages qui semblent changer du tout au tout d’un tome a l’autre et quelques petits ratés : Napoléon III avec un exosquelette, c’est du déjà vu ( voir La Lune seul le sait) quant au message écolo des extraterrestres, il est un peu trop écolo, justement, et, selon moi, tombe un peu a plat. Mais bon, ces quelques détails ne viennent pas ternir l’ensemble et, au final, c’est plutôt un bon cru que ce huitième tome de Hauteville House : avec celui-ci, ce second cycle prend un peu plus d’ampleur et l’on ne peut qu’espérer que la suite soit a la hauteur de nos espérances. 

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