mercredi 7 mars 2012

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°59 : Crimes d’État et scandales politiques



Peut-être que les plus attentifs d’entre vous s’en souviennent mais l’année avait bien mal commencée pour la Nouvelle Revue de l’Histoire, dont le cinquante huitième numéro, consacré aux intellectuels et à la gauche sous la collaboration avait été, probablement, l’un des moins intéressants qu’il m’ait été donné de lire depuis que je connais cette revue – et ça ne date pas d’hier. Mais en fait, c’est un peu toujours le même problème avec la NRH qui a beaucoup trop tendance à revenir sans arrêt sur les années 30 et la seconde guerre mondiale et nous ressortir, même quand cela ne se justifie pas forcement, leurs mêmes sujets de prédilection : l’entre-deux guerres, Vichy, les relations d’alors entre la France et le Reich Allemand etc. Du coup, vous vous doutez bien que le numéro de mars était attendu, pour ma part, de pied ferme, et que j’aurais eu énormément de mal avec une nouvelle déception. Mais place, pour commencer, au sommaire de ce cinquante neuvième numéro de la NRH :

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°59 : Crimes d’État et scandales politiques
Mars/Avril 2012

Crimes d’État et scandales politiques
- César et les ides de mars.
- Jean sans Peur : un double meurtre.
- Le duc de Guise. Par ordre du roi.
- Concini. Louis XIII s’impose.
- Le duc d’Enghien, victime de Bonaparte.
- Pucheu, Alger 1944. La première épuration.
- La double mort de John-F. Kennedy. L’énigme de Dallas.

- Editorial : Pour qui sonne la diane du matin ?
- L’histoire à bout portant : Évian, mars 1962 : la censure.
- La Grande Illusion restaurée.
- Algérie 1962-2012. Commémoration.
- La citadelle africaine de Saint-Exupéry.
- Que lisez-vous ? Robert Multeau.
- Portrait : Les chemins de la vieille Europe, Jean des Cars.
- Découvertes : Évian 1962. Les Européens massacrés.
- L’Olympe des rois de Prusse.
- La reine Frédégonde et son auteur.
- Le général Guillaume, un proconsul à poigne au Maroc.
- Le Régent Philippe d’Orléans.
- Le livre-testament d’Ernst Nolte.
- Friedrich Ratzel, naissance de la géopolitique.
- L’imprévu dans l’Histoire. Entretien avec Dominique Venner.
- Livres : Actualité des livres historiques.

Je dois avouer que j’ai un peu tiqué en découvrant l’illustration de la couverture de ce nouveau numéro de la NRH : Kennedy !? Oh non, ils n’allaient pas nous ressortir un dossier sur ce type entré dans la légende parce que assassiné il y a de cela presque cinquante ans alors que le bonhomme était à mille lieux de sa légende dorée. Mais assez rapidement, mes craintes s’envolèrent puisque le dossier principal de ce nouveau numéro de la NRH ne traitait pas uniquement que de Kennedy mais, sujet autrement plus intéressant, des crimes politiques, ces fameux crimes d’état dont on parle parfois, en règle générale. Certes, outre Kennedy, la liste retenue contenait des noms qui étaient tout sauf originaux comme ceux de César ou du duc de Guise et l’on pouvait craindre une énième réédite de sujets vus et revus des centaines de fois. Or, non seulement, il n’en fut rien, mais en plus, entre la qualité indéniable apporté au contenu du dossier, ainsi que certains noms moins habituels – comme Pucheu, intéressant au possible, le duc d’Enghien voir même Concini – ce fut un plaisir que de lire ce dossier, surtout que les auteurs de la NRH prennent souvent un malin plaisir à frapper là où ça fait le plus mal, c’est-à-dire, en montrant les nombreux squelettes que l’histoire de France dissimule dans ses placards – et sur ce point, le cas Pucheu en est le parfait exemple et nous montre – mais on s’en doutait – un Général de Gaulles aux antipodes de la figure presque Christique que le pays a de lui. Pour finir sur ce dossier consacré aux crimes politiques, saluons le traitement réservé à Kennedy : sans occulter sa part d’ombre, et surtout celle de son père, l’ami des nazis (j’aime le rappeler de temps en temps), cela fait du bien que dans un dossier consacré à sa mort, les auteurs ne partent pas dans tous les sens en essayant de nous refourguer toutes les théories du vaste complot qui mêle CIA, FBI, Mafia, URSS et Castro au dépit du bon sens. Certes, celles-ci sont citées, mais le plus important, ce sont les certitudes sur ce que l’on sait de l’attentat de Dallas au bout de cinquante ans, et, franchement, si l’on peut avoir des doutes, on s’aperçoit qu’il n’y pas grand-chose de concret, sauf, bien entendu, au sujet de Oswald.

Mais si le dossier principal de ce cinquante neuvième numéro de La Nouvelle Revue de l’Histoire est de qualité, le reste de la revue est tout aussi bon. En effet, et comme cela est rare, je me dois de le souligner, quasiment tous les articles – pourtant assez variés – m’ont intéresser : ainsi, des plus improbables – suivant mes gouts – comme les collections d’œuvres grecques des rois de Prusse ou celui de Friedrich Ratzel, a ceux consacrés au Régent, Philippe d’Orléans (complétement réhabiliter), a la reine Frédégonde (figure historique passionnante) mais aussi, a l’omerta des élites françaises sur les massacres d’européens suite aux accords d’Évian, nul doute que j’ai plus qu’apprécier ce nouveau numéro de la NRH, que, d’ailleurs, j’ai dévoré quasiment d’une traite. D’ailleurs, au sujet de ces fameux événements qui suivirent l’indépendance en Algérie, nul doute que le contenu de ses articles va faire grincer bien des dents : depuis cinquante ans, le gouvernement cache une faute d’état conséquente, c’est-à-dire, l’abandon des européens et des harkis aux mains du FLN. Et en ces heures de politiquement correct, où la France est la première à dire que les salauds, c’était les français, il est de bon ton que certains, même stigmatiser par l’intelligentsia officielle, viennent dévoiler quelques vérités honteuses du passé. 

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