jeudi 8 mars 2012

DÉMON : LE MAL DES ESPRITS



DÉMON : LE MAL DES ESPRITS

Et si l'une des grandes religions n'avait jamais existé ? En l’an 1213, l’Atlantide est découverte par des marins, révélant de nombreux trésors et recélant autant de mystères.  Mais deux ans plus tard, l'Europe se retrouve en proie au Mal des esprits, une « peste noire » mentale qui plonge ses victimes dans d’atroces souffrances puis les prive de toute raison. Dans ce monde qui n’a jamais connu l'Islam, règnent un Saint Empire Frank, hérité de Charlemagne, et une Église que l'épidémie commence à inquiéter, au point d'envisager les plus étranges solutions pour la contrer… Pendant ce temps-là, Alaric de Rhedae, jeune agent des Missi Dominici, enquête sur le meurtre d’un brillant savant de Carcassonne soupçonné d'hérésie cathare. Sans savoir que les ténèbres ne vont pas tarder à s'ouvrir sous ses pas…

Après un début d’année quasiment consacré aux comics américains (sauf le premier tome de Masqué, et encore, celui-ci a pour sujet principal, je vous le donne dans le mille, les super héros !), il était temps que je retourne à ce qui est tout de même mon genre préféré, je veux bien évidement parler de la bande dessinée européenne. Et pas avec n’importe lequel album puisque l’œuvre qui nous préoccupe aujourd’hui est la dernière en date d’un auteur qui n’est pas forcement mon préféré, mais pour lequel j’éprouve une certaine sympathie depuis près de deux décennie et ses ouvrages sur les OVNIS dans l’histoire et sur la cryptozoologie, je veux bien évidement parler de Richard D. Nolane. Ainsi, et après avoir découvert l’une de ses séries – car le bougre est assez prolifique – l’année dernière, Millénaire, en cinq tomes, sorte de mélange de X Files et de Fantasy dans un univers parallèle où les extraterrestres sont en contacts avec l’humanité, et qui, sans être non plus le truc du siècle, n’en possédait pas moins d’agréables qualités, voici que je me lance maintenant dans le premier tome d’une toute nouvelle série du sieur Nolane : Démon.


Je dois avouer que cela faisait quelques semaines que je l’attendais avec impatience celui-là : ayant apprécié Millénaire, et aimant bien, en règle général, ce que fait Richard D. Nolane, en découvrant le synopsis de Démon, j’ai tout de suite mis celui-ci sur mes tablettes de bande dessinées à me procurer de toute urgence. Certes, le nom, en plus d’être tout sauf original, ne laissait pas vraiment présager rien d’exceptionnel et l’on pouvait craindre le pire ; bien heureusement, le résumé du synopsis, lui, était d’un tout autre acabit : pour quelqu’un comme moi, vieil amateur d’énigmes et de mystères au fil de l’Histoire, comment ne pas tilter en lisant des noms comme l’Atlantide, comment ne pas esquisser un sourire en entendant parler d’Uchronie, d’un monde où l’Islam ne serait pas apparu, forcement différent du notre et où l’Empire de Charlemagne, contre toute attente, se serait maintenu au fil des siècles. Et puis, il y avait ce mal mystérieux qui frappait la population européenne ; un lien avec l’Atlantide et la disparition de ses habitants ? C’est le cas, vraisemblablement, mais cela ne répond pas à l’intrigante question que le lecteur, avide d’en savoir plus, ne peut que se poser : quel est-il vraiment ? Bref, et sans attendre non plus monts et merveilles de ce Démon – personnellement, un truc équivalent a Millénaire m’aurait suffit – c’était néanmoins de pied ferme que j’attendais de découvrir ce que ce premier tome avait dans le ventre. Et là, comment dire, c’est un autre problème…

Est-ce que je peux vraiment parler de déception après la lecture de ce Mal des esprits, premier volume (trois sont prévus) de cette nouvelle série des éditions Soleil ? Eh bien, quelque part, et à mon grand regret, on n’en est pas loin selon moi. Tout d’abord, ce qui m’a le plus titiller : les dessins. Je n’aime pas du tout dire du mal des dessinateurs en règle général, surtout que, adolescent, j’aurais rêvé d’en être un et de réaliser ma propre BD et que, par fainéantise, je ne l’ai jamais fait ; du coup, critiquer le travail de quelqu’un qui, premièrement, à réaliser son rêve, et, deuxièmement, m’est largement supérieur, m’est fort désagréable. Mais, sans remettre en cause le talent  de ce monsieur Suro (que je ne connaissais pas jusque-là, ou alors, j’ai oublié), il est clair que je n’ai pas du tout accroché à celui-ci. Franchement, certaines planches sont acceptables mais pour le reste, entre les visages, certaines positions étranges et quelques cases un peu « brouillon », force est de constater trop de choses m’ont déplu pour que je puisse apprécier l’ensemble. Mais les problèmes que j’ai pu rencontrer dans ce premier tome de Démon ne sont pas uniquement dus aux dessins de celui-ci, et là, c’est un peu plus grave selon moi, puisque le scénario de mon très cher Richard D. Nolane ne fut pas à la hauteur de mes espérances.

Sincèrement, avec un tel matériel de base, n’y avait-il pas matière à faire mieux ? Je pense que oui, surtout que mes griefs à l’encontre du sieur Nolane me semblent justifiés : déjà, dans Millénaire, j’avais trouvé le personnage principal pas franchement original, mais en comparaison avec ce pauvre Alaric de Rhedae, Raedwald m’est immédiatement apparu comme le summum du charisme, ce qui veut tout dire. Ensuite, si les idées, bonnes, eu demeurant, sont là, il manque un petit je ne sais quoi qui fait la différence entre une œuvre excellent et une œuvre… comment dire, passable. Franchement, Nolane avait-il besoin de jouer avec des ficèles aussi grosses dans son scénario car bon, on le devine tout de suite que la sœur du héros va chopper le mal des esprits, idem pour l’autre gus en prison, on ne donne pas cher de sa peau et hop, quand le héros revient, il est mort ! Surprise !!!... Enfin, plutôt le contraire. Quant au second rôle féminin qui fait son apparition vers la fin, la seule énigme, pour le moment, est de savoir si elle va se taper le héros dans le deuxième ou troisième tome ? Ensuite, pour en finir avec mes griefs, Richard D. Nolane avoue, en préambule, qu’il adore l’Uchronie ; ça tombe bien, très bien même puisque c’est mon cas également. Et ici, la différence entre nos deux mondes est que l’Islam n’existe pas. Sauf que, pour moi (c’est mon avis), les meilleurs récits du genre, ce sont ceux qui expliquent ces fameuses différences, ce point divergeant qui fait que dans tel univers parallèle, l’histoire a pris un autre court. Ici, rien sur le sujet, ce que je trouve dommage. Maintenant, je dois aussi reconnaitre que ce n’est que le premier tome d’un cycle censé être en trois parties et que des explications pourront venir par la suite.


Quoi qu’il en soit, je dois reconnaitre, à mon grand regret, que ce premier volume de Démon ne m’a pas franchement emballé, loin de là. Pourtant, le matériel de base est intéressant et il y a de quoi faire quelque chose du même niveau que Millénaire selon moi. A la décharge de Richard D. Nolane, je dirais que ce n’est que le premier tome et que la suite pourra être d’un tout autre acabit – après tout, une œuvre ne se juge parfaitement que dans son intégralité. Mais bon, en tous cas, ce qui est sûr, c’est que je suis d’ores et déjà beaucoup moins emballé par cette fameuse suite, que je me procurerais, mais que j’attends d’un regard méfiant. Enfin, je peux me tromper et, qui sait, le deuxième tome de Démon me fera changer d’avis ?... Ou ne confirmera que ma déception ?

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