Comme
je vous le disais dans mon article précédent (qui, je le reconnais, était loin
d’être le post le plus intéressant de ce blog, bien au contraire…), il est
temps maintenant d’aborder les origines de la Chandeleur. Car bon, comment dire ?
C’est bien de savoir qu’aujourd’hui, c’est le jour des fêtes, c’est bien de
savoir que celui-ci est appelé la « Chandeleur »
mais savoir pourquoi, c’est pas mal aussi. Non ?
L'Origine de la
Chandeleur
La
Chandeleur, dans l'esprit de tout le monde, c'est la fête de la crêpe. Mais qui
aujourd'hui connaît l'origine de cette fête bien sympathique ?
Chandeleur,
ça vient de chandelier ?
Oui,
ou plutôt de chandelle. Une fois de plus, - rattachée maintenant aux festivités
qui entourent la Nativité - la fête de la Chandeleur est liée à la lumière.
Mais aussi à la purification, la fécondité, la prospérité, toujours très
proches dans les croyances et traditions.
D'abord
les romains
A
l'époque romaine, on fêtait à cette date, vers le 15 février, le dieu de la fécondité
Lupercus au cours des Lupercales, Lupercalia, jours de la fertilité, car
c'était le début de la saison des amours chez les oiseaux ! Et nous verrons par
ailleurs qu'un certain Valentin, opposé aux romains, a son mot à dire le 14
février…
Encore
les celtes !
Ensuite,
il faut rappeler que l'on trouvait un rite lié à la purification chez les
Celtes, encore eux, ceux qui craignaient tant le noir et le froid au soir de la
grande nuit d'Halloween. A l'inverse, l'hiver tirait à sa fin en février : la
fête d'Imbolc le 1er février (à noter qu'ils avaient à nouveau un jour d'avance
sur la fête catholique !) était fête de la purification de l'eau, pour
s'assurer fertilité et fécondité avec le retour de la vie en cette fin d'hiver
Ensuite
la naissance de Jésus
Là
tout se complique et beaucoup de catholiques ne savent plus trop de quoi il
s'agit. Car le 2 février est officiellement aujourd'hui la « Purification de la Vierge ». Mais Dieu a préservé Marie
du péché originel, alors pourquoi cette purification ? En fait Marie se sait
simple mère et elle est juive. Elle se conforme donc tout simplement à la loi
de Moïse, car selon les rites hébraïques, la mère doit se présenter au temple
avec son enfant nouveau-né. Jésus, enfant juif, est présenté au Seigneur au
temple par ses parents 40 jours après sa naissance. On fait le sacrifice de
tourterelles ou de petits pigeons. Quoi qu'il en soit, Marie rencontre Saint
Siméon qui prophétise devant elle le destin tragique de son fils. Lui qui jusque-là
n'était que la lumière du monde, le messie tant attendu.
Enfin
l'église catholique
L'église
avait entrepris dès la fin de l'empire romain un vaste chantier de remplacement
des rites païens par des fêtes religieuses. On l'a vu au sujet de Noël. Ainsi
le pape Gélase Ier au Ve siècle (que nous retrouverons au sujet de Saint
Valentin) remplaça le vieux rite païen des lupercales, rite de la lumière
hérité des romains par une fête religieuse, la fête de la Chandeleur, où l'on
commémore 40 jours après Noël un rite…hébraïque. En orient, c'était jour chômé.
En occident, on portait des torches en procession, signe de lumière. Cette fête
devînt du même coup en 1372 en Avignon fête de la Purification de la Vierge.
De
torche en chandelle
Mais
Chandeleur vient précisément de candela - la chandelle - reprise dans
l'expression Festa candelarum, fête des chandelles. Car dans les églises, les
torches sont remplacées par des chandelles bénies que l'on conserve allumées,
autant pour signifier la lumière que pour éloigner le malin, les orages, la
mort, etc… et invoquer les bons augures à veiller sur les semailles d'hiver qui
produiront les bonnes moissons de l'été prochain. Les cierges bénis sont
emportés dans les foyers pour le protéger. Aujourd'hui, on bénit les cierges
pour rappeler que Jésus est lumière du monde. C'est pourquoi de nombreux
dictons sont nés de ce jour de février, sur le même thème : « Rosée à la Chandeleur, Hiver à sa dernière
heure. », « A la
Chandeleur, L'hiver s'apaise ou reprend vigueur », « A la Chandeleur le jour croît de deux
heures ». Car les jours allongent sérieusement, la végétation du blé
en herbe prend de l'importance, et une offensive de l'hiver serait alors particulièrement
cruelle.
Les
crêpes
Tous
ces symboles se retrouvent aujourd'hui dans cet emblème de la Chandeleur qu'est
la crêpe. Ce disque doré rappelle lui aussi le soleil, dont le retour
commençait enfin à se préciser les peuplades du Nord de l'Europe et pour les
Celtes. On dit aussi que notre pape Gélase retapait avec des crêpes les pèlerins
arrivés à Rome en pèlerinage. La crêpe est faite à base du froment de la
moisson précédente, que l'on utilise ainsi en quantité car les futures moissons
ne sont plus très loin ! Voilà sans doute pourquoi la crêpe est si populaire en
Bretagne. Même si sa variante au sarrasin est moins dorée mais permet des
mariages salés. Avec une bolée de cidre, la fête est complète. On fait sauter
la première crêpe sur l'armoire, car elle ne moisira jamais. L'intérêt de cette
pratique peut paraître limité, sauf si elle préserve de la moisissure
l'ensemble de la future récolte ! De plus il faut les faire sauter avec une
pièce dans la main (un € bien sûr maintenant…) afin de s'assurer prospérité
toute l'année. Le tout aux lueurs des chandelles, qui par ailleurs éviteront à
la cuisine de rester enfumée pendant 3 jours ! Les crêpes ont envahi le
Mardi-Gras aussi, mais c'est une autre histoire …

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