dimanche 29 janvier 2012

Historia n°656 : Quand la nudité était sans gêne



Après une bien cruelle désillusion que fut le cinquante huitième numéro de La Nouvelle Revue de l’Histoire de ce mois-ci, comme on peut le voir ici, je me suis replonger, une fois de plus, dans mes valeurs sures, c’est-à-dire mes vieille revues que j’aime bien relire de temps en temps, lorsque je me trouve en manque de nouveautés. Et parmi celles-ci, la dernière en date est un numéro obscur de la revue Historia dont, franchement, j’avais oublié l’existence et qui avait, pour sujet principal : la nudité à travers les siècles. Sujet a priori peu engageant a première vue mais qui s’est avéré bien plus intéressant que prévu comme nous allons pouvoir le constater :

Historia n°656 – Au lit, dans le bain, dans l’art : Quand la nudité était sans gêne.
Août 2001

Au lit, dans le bain, dans l’art : Quand la nudité était sans gêne
- La chronique d’Alexandre Adler : De Nuremberg à La Haye
- Controverse : Les vacances, une invention du XIXe siècle ?
- Evènement : Pouvoir : quand les étés étaient chauds
- Actualité : Poutine s’accroche aux iles Kouriles
- Tests nucléaires sur des bébés mort-nés
- Les premières images du cimetière marin du 6 juin 1944
- Amnesty International fringante quadragénaire
- De Gaulle sous écoute… anglaise
- Héraklion livre ses secrets
- Un dinosaure géant en Egypte
- Un crocodile de 45 millions d’années
- Moments d’Histoire : Profession : chasseurs de trésors engloutis
- Nicolas Appert : les marins lui disent merci !
- La Castiglione, diplomate de charme
- Le laboratoire de la Seconde Guerre mondiale
- A l’aube, le mur de la honte
- Dossier : Quand la nudité était sans gêne
- Au bain : l’intimité partagée
- Au lit : sans chemise sans pyjama
- Dans l’art : Dieu merci, l’Eglise veille
- Biographie : Louis Jouvet, un magnétisme inoubliable
- Patrimoine : Le pont du Gard : un travail de Romain
- Art de l’Histoire : Al-Qwazînî, le Buffon arabe du XIIIe siècle
- Voyage historique : Florence : sur les pas de Laurent le Magnifique

Six cent cinquante sixième numéro de la revue Historia – inutile, avec un tel titre, de vous dire quel est le sujet de prédilection de celle-ci ; et oui, ce n’est pas la pèche – ce vieux numéro datant déjà de plus d’une décennie (août 2001, je le croyais légèrement plus récent) est la parfaite antithèse de ce que j’ai pu souvent vous dire lors de mes nombreux billets consacrés à la presse sur ce blog : en effet, je n’ai jamais cacher ma grande préférence pour les numéros hors-séries, possédant un sujet principal, le plus souvent complet et de qualité, chose qui, bien évidemment, est bien plus difficile pour un simple mensuel qui, de par le nombre de sujets traités, n’approfondis jamais véritablement ceux-ci. De même, et c’est souvent le cas avec les revues scientifiques ou historiques (mais quelque part, cela est valable pour l’ensemble de la presse), qui dit nombreux articles dit forcement articles que l’on survoler rapidement voir que l’on met de côté, tandis que, si dossier principal est annoncé, celui-ci est bien trop souvent tellement court que, parfois, il est plus court que d’autres articles dans la même revue – ce qui est un comble, mais bon, plus rien ne m’étonnes en ce bas monde. Pourtant, comme je vous l’ai dit, cet Historia dément littéralement tout cela, et franchement, c’est une agréable surprise.

D’abord, quelques mots sur le dossier de ce six cent cinquante sixième numéro d’Historia : quoi que l’on dise, et malgré les réticences que l’on peut éprouver au départ (franchement, la nudité dans l’Histoire, bof), celui-ci est bien plus intéressant que l’on pourrait le penser. En effet, c’est finalement un sujet méconnu, pour ne pas dire inconnu ; de plus, l’on se méprend souvent sur les différentes meures de nos ancêtres et, une fois de plus, l’on se rend compte que le fameux Moyen-âge que l’on prétend, encore aujourd’hui, obscur et placé sous la coupe moralisante de la toute puissante Eglise Catholique, fut en fait, bien plus liberticide que ce que l’on essaie de nous faire croire. Ah, belle époque que celui-ci où la nudité – au lit, au bain – n’était pas un problème, contrairement à ce qui arriva par la suite : réforme protestante (bien plus dur dans le dogme) tout d’abord, puis pudibonderie extrême du XIXe siècle avant – car l’Histoire est un éternel cycle – n’importe quoi actuel. Bref, l’on se retrouve avec un dossier fort intéressant qui ne pèche, malheureusement, que par son nombre de pages, beaucoup trop court car, sans nul doute, il y avait matière à faire plus.

Mais le meilleur est encore à venir car ce numéro d’Historia, en plus de posséder un dossier principal intéressant (ce qui, en soit, n’a rien d’exceptionnel) se paye le luxe d’être quasiment parfait de bout en bout : en effet, la quasi-totalité du reste de la revue mérite le détour et trouvera, à coup sûr, preneur parmi les amateurs du genre. Si l’on passera rapidement sur l’édito d’un Alexandre Adler bien trop partisan pour être crédible, pour le reste, c’est du tout bon : ainsi, entre les origines des vacances (pas si récentes que ça finalement), des sujets d’actualité assez riches, l’invention des conserves (et surtout, leur inventeur méconnu et pourtant français !), l’article passionnant et parfois étonnant sur La Castiglione, d’autres certes peu originaux mais bien écrits sur la Guerre d’Espagne et le Mur de Berlin, et, pour finir, un petit détour dans la Florence de Laurent le Magnifique, force est de constater que nous avons là un excellent numéro d’Historia. Et vu qu’une telle qualité pour un simple mensuel est si rare, je ne pouvais décidément pas ne pas louer la chose. 

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