samedi 24 décembre 2011

UP IN THE AIR



UP IN THE AIR

L'odyssée de Ryan Bingham, un spécialiste du licenciement à qui les entreprises font appel pour ne pas avoir à se salir les mains. Dans sa vie privée, celui-ci fuit tout engagement (mariage, propriété, famille) jusqu'à ce que sa rencontre avec deux femmes ne le ramène sur terre. Ryan Bingham est un collectionneur compulsif de miles aériens cumulés lors de ses incessants voyages d'affaire. Misanthrope, il adore cette vie faite d'aéroports, de chambres d'hôtel et de voitures de location. Lui dont les besoins tiennent à l'intérieur d'une seule valise est même à deux doigts d'atteindre un des objectifs de sa vie : les 10 millions de miles. Alors qu'il tombe amoureux d'une femme rencontrée lors d'un de ses nombreux voyages, il apprend par la voix de son patron que ses méthodes de travail vont devoir évoluer. Inspiré par une nouvelle jeune collaboratrice très ambitieuse, celui-ci décide que les licenciements vont pouvoir se faire de manière encore plus rentable, via... vidéo conférence. Ce qui risque évidemment de limiter ces voyages que Bingham affectionne tant...

Avant toute autre chose, c’est-à-dire, avant d’attaquer la critique à proprement parler de ce film, une petite explication quant à mon choix du titre de celui-ci : dans la version française, Up in the air est connu sous le titre de In the air ; bref, il n’a pas été traduit (c’est vrai que Haut dans les airs ou Dans les airs, ça ne le faisait pas trop) mais les têtes pensantes de notre beau pays ont préféré supprimé le Up (pourquoi donc ?) et garder le reste du titre tel quel. Personnellement, ayant trouvé la chose assez stupide et limite incompréhensible en soit, j’ai donc décidé de laisser le titre original (à un mot prêt, ça ne change pas la face du monde) et donc, tout au long de cette critique, j’utiliserais Up in the air et non pas In the air. Mais ce détail étant sans grande importance pour le commun des mortels (sauf pour les fous dans mon genre) il est donc temps de s’attaquer au nœud du problème, c’est-à-dire, la critique de ce film.

Je le reconnais, je n’étais pas forcement enthousiaste avant de me lancer dans le visionnage de cette œuvre. A cela, plusieurs explications : tout d’abord, le fait que ma dernière critique cinématographique ayant été la centième et que je l’avais consacré à La grande illusion, j’espérais que la suivante soit un aussi bon film, chose, je le reconnais, plutôt difficile à faire (quand je vous dis que je ne suis pas très net dans ma tête) ; ensuite, le fait non négligeable que j’ai de plus en plus de mal avec le cinéma américain moderne – hormis les grandes productions, les chefs d’œuvres (mais il y en a-t-il encore ?), cela m’horripile de plus en plus tous ces films vus et revus tout plein de bons sentiments et autres niaiseries dans le genre ; pour finir, bah… l’histoire d’un mec qui passe sa vie en avion pour aller virer des gens aux quatre coins du pays, franchement, cela ne m’emballait pas plus que cela. Et pourtant, suite à des semaines et des semaines de néant audiovisuel et de soirées gâchées (soit c’est moi qui aime, soit c’est ma femme mais jamais les deux), on avait envie, hier soir, histoire de fêter le début de mes congés, de se faire une petite soirée ciné à la maison. Du coup, devant le choix pas franchement enthousiasmant de films qui nous restaient à voir, cet Up in the air s’avérait être le moins pire…

Et ce « moins pire » s’est finalement avérer être plutôt pas mal ; oh certes, pas un chef d’œuvre non plus, il ne faut pas pousser le bouchon un peu trop loin, mais oui, après coup, je le reconnais, j’ai apprécier ce film. Tout d’abord, il faut reconnaitre que la présence de notre représentant en café préféré, George Clooney himself, y est pour beaucoup ; bien évidement, pas pour son rôle dans Urgences qui le fit tant aimé de la gent féminine mais pour ses prestations dans des films plus engagés qu’une banale série médicale, je veux bien évidement parler de ces petits bijoux que sont des œuvres comme  Good Night and Good Luck et Syriana, films qui m’ont fait aimer George Clooney. Et dans cet Up in the air, notre brave bourreau des cœurs campe un rôle peu commun pour une star hollywoodienne puisqu’il y joue donc un type qui est chargé par des entreprises de faire le sale boulot a leurs place ; oh, rien de bien méchant, juste de virer leurs employés. Et le contexte aidant – la crise des subprimes étant passé par là en 2008 – comme ne pas voir dans Up in the air ce qu’est devenue le triste réalité du monde occidental actuel : dans un contexte de crise économique qui n’en finis plus, tandis que les entreprises et les marchés continuent à s’en mettre plein les poches, ce sont les petits qui trinquent, mis a la porte comme des malpropre… mais avec le sourire, car tel est le travail de Georges Clooney. Sale boulot en fait qui pourrait faire de ce personnage un anti héros plus qu’antipathique, surtout que celui-ci, qui plus est, ne supporte personne, ne souhaite pas avoir d’attaches nulle part (ni mariage, ni enfants), son seul et unique bonheur, finalement, dans sa vie étant de voyager, encore et encore, en avion, allant de chambre d’hôtels en chambre d’hôtels au gré de ses errances. Et sincèrement, rien qu’avec un personnage principal comme ça, franchement pas évidant a apprécier, il faut admettre qu’ils ont fait fort, et que Clooney, qui, dans d’autres œuvres plus engagées, était du « bon côté » de la barrière, y est ici parfait.

Mais que l’on ne s’y trompe pas, Up in the air, s’il dénonce implacablement et sans faux semblants l’Amérique de la crise économique, et si les nombreuses scènes de licenciement sont terriblement bien jouées et très marquantes par leur justesse (y compris dans le cynisme de Clooney et de sa jeune apprentie), est moins un film « coup de poing contre le système » qu’un formidable film de sentiments. Ainsi, au gré des voyages et de l’intrigue, les certitudes des protagonistes ne sont plus les mêmes, le vieux loup solitaire qui se plaisait tant en avion n’aspire plus qu’à se poser et à vivre avec la femme qu’il aime, la jeune arriviste - Anna Kendrick – s’aperçoit qu’elle était encore loin d’être à la hauteur et que les choses ne sont pas aussi simples et quand vient enfin les récompenses tant attendues pour chacun, ce ne sont que déceptions et regards désabusés sur ce que sont finalement celles-ci.

Bien évidemment, je n’irais pas plus loin dans les explications sous peine de trop en dire sur la fin du film (d’ailleurs, je crains en avoir trop fait déjà) mais ce qui est sûr, c’est que Up in the air, s’il n’est pas à proprement parlé une œuvre revendicatrice pure et dure n’en reste pas moins un formidable reflet de notre époque actuelle, mais aussi des espoirs et des déceptions (celles-ci finalement plus nombreuses) d’une société de plus en plus individualiste et qui ne sait plus ce qu’est le simple bonheur… 

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