mercredi 28 décembre 2011

MILLÉNAIRE : L’OMBRE DE L’ANTÉCHRIST



MILLÉNAIRE : L’OMBRE DE L’ANTÉCHRIST

À l'approche de l'an 1000, période où l'obscurantisme règne, ressurgit la peur de l'Apocalypse - la fin du monde. Les premiers Chrétiens pensaient que la fin du monde était imminente mais après le 2ème siècle, la vie ayant continué et la religion catholique étant devenue dominante en Occident, l'échéance apocalyptique avait été repoussée... Le chiffre 1 000 rallume toutes les peurs. Et les créatures maléfiques sortent de l'ombre, les forces du Mal attisent les braises de leur complot. Sauf que dans la série Millénaire, le Moyen âge mis en scène est celui d'un univers (peut-être) parallèle dans lequel les monstres fantastiques font partie de la réalité et où les Sylphes (... des extra-terrestres !) foulent le sol de la planète sans problème...

Comme je vous le disais pas plus tard qu’hier, je suis finalement venu à bout (oui, je sais, c’est une drôle d’expression, on dirait que j’ai escaladé une montagne ou accomplie une quelconque quête ardue alors que ce ne fut absolument pas le cas) du cinquième et dernier tome (pour le moment car ce n’est que la fin du premier cycle comme j’ai pu le constater, d’abord par la fin ouverte mais aussi et surtout suite à la lecture d’une interview de l’auteur, Richard D Nolane qui annonce dans celle-ci une suite à sa série) de Millénaire. Pour rappel pour ceux qui ne connaissent pas cette série, Millénaire est une espèce de X Files à la sauce Moyen-âge où, dans un univers à la fois proche et différent du nôtre, des créatures fantastiques comme des goules, des trolls ou des krakens côtoient d’autres, les fameux Sylphes, que l’on peut qualifier sans nul doute d’êtres venus d’ailleurs puisque, de par leurs apparences, leurs moyens de locomotions, leurs avancées technologique et leur manipulation de l’espèce humaine, il est évidant que ces Sylphes n’ont absolument rien à envier aux fameux gris que la série X Files nous a habituer dans les années 90. Mais comme celle-ci, en son temps, n’avait finalement rien inventé (les auteurs s’étaient contentés d’utiliser le matériel folklorique de la croyance aux extraterrestres tout compte fait assez connu), dans Millénaire, Richard D Nolane n’avait pas fait qu’une simple transposition des aventures de Mulder et Scully au Moyen-âge mais en fait, s’était contenter – mais avec brio – d’utiliser la aussi la matière existante, c’est-à-dire les croyances, elles aussi connues des fous d’extraterrestres (oui, j’en fais partie), d’une continuité des visites de ces fameux êtres venus d’ailleurs depuis la nuit des temps sur notre planète : ainsi, des termes comme Magoniens seront familier aux spécialistes et le fait que des extraterrestres aient pu agir en terres bibliques (entre autres) est tout sauf une surprise pour tous ceux qui sont familiers des théories (parfois fumeuses, j’en conviens) d’individus comme Erich von Däniken (surtout lui), Robert Charroux, Graham Hancock mais aussi… Richard D Nolane auteur en son temps d’ouvrages au titre évocateur comme, par exemple, Autrefois les extraterrestres : mythes et réalités. Bref, pour ce que j’appellerais les spécialistes, le synopsis de base de Millénaire est un véritable petit régal qui les place d’entrée de jeu en terrain connu ; pour les autres, au demeurant bien plus nombreux, ce choix scénaristique peut surprendre voir en rebuter certains, mais là où l’on ne pourra pas critiquer l’auteur, c’est d’avoir fait comme tant d’autres qui eux, se contentent de la solution de facilité en ne sortant pas des canons convenues de la Fantasy habituelle, finalement si lassante a force de voir des clones (forcément inférieurs à l’original) de Tolkien a tout bout de champs.

Mais cette série, finalement atypique, vous l’avez compris, j’en suis fan ; ce n’est pas la première fois que je vous le dit et il me semble du coup inutile de répéter, pour la énième fois, ce que j’ai pu écrire lors de la critique des quatre premiers tomes de Millénaire : entre les deux premiers, assez sympas mais qui, en première lecture, ne m’avaient pas emballer plus que ça, puis, les deux suivants (particulièrement le troisième qui lui, lançait véritablement l’intrigue vers de plus hautes sphères scénaristiques) qui avaient réviser mon jugement de façon bien plus positive, il me semble évidant que tout, ou presque, fut dit avant ce dernier tome. De même, est-ce vraiment nécessaire de rappeler que quelque part, le véritable point faible de cette série, ce sont ses personnages principaux que j’aurais espéré être légèrement plus charismatique car si pour ce qui est de Raedwald, ça passe encore (même s’il n’obtiendra jamais le titre de « héros de l’année »), son compère Arnulf, alias le Bud Spencer du pauvre, véritable brute sanguinaire sans cervelle qui passe son temps à écraser des têtes, copuler, découper des têtes, picoler, qui s’énerve pour un rien et qui copule encore avant de se signer car bon, comment dire, dans Millénaire, on est croyant avant tout, franchement, ce n’est pas pour moi. Mais bon, ainsi sont les choses et le fond est suffisamment intéressant pour faire oublier bon nombre de défauts de la forme. Mais accessoirement, c’est ce genre de détails que certaines séries peuvent être qualifiées d’excellentes et d’autres, elles, tout juste bonnes.

Quoi qu’il en soit, nous en sommes au cinquième tome, subtilement intitulé L’ombre de l’Antéchrist, et fin de cycle oblige, cette fois ci, bon nombre des fort nombreuses questions que l’on pouvait se poser depuis les débuts de cette série ou qui étaient apparues au fur et à mesure de l’avancée de celle-ci vont enfin trouvée des réponses. Enfin, ne vous emballez pas trop, comme dans une bonne saison de X Files, quand on croit enfin approcher de la vérité, l’on finit par s’apercevoir que l’on en est finalement encore bien loin et dans cet album, vous ne saurez toujours pas qui sont véritablement ces fameux Sylphes – véritables extraterrestres ou anges déchus, les deux à la fois, la question reste posée et il faudra donc attendre l’éventuel et attendu second cycle pour en savoir davantage à leurs sujets ; surtout qu’un événement dans ce cinquième tome vient empêcher nos héros d’en apprendre plus sur leurs ennemis. Mais quoi qu’il en soit, et même si à un moment donné, l’on a parfois l’impression que notre cher Richard D Nolane s’emballe un peu et entraine son scénario vers des sentiers pas forcement nécessaires (hein, quoi, comment, qui a dit qu’il perd un peu son temps ?), cette Ombre de l’Antéchrist est un très bon album de fin de cycle, sans nul doute : histoire malgré tout captivante et qui donne envie d’en savoir plus, univers ma foi fort réussi, avancée scénaristique qui met nos deux héros en bien mauvaise posture (oui, encore plus qu’au début), fin ouverte qui annonce tout un tas de possibilités pour la suite avec cet Apocalypse qui n’est pas une illusion et ce fameux Antéchrist à venir, il y a vraiment de quoi ravir le fidèle de la série. Si l’on ajoute à cela la maitrise d’un François Miville-Dechêne toujours aussi bon (par contre, apparemment, cela ne sera plus lui aux dessins sur le second cycle) et vous obtiendrez un excellent dernier tome qui conclut assez bien le premier cycle d’une série qui n’est certes pas extraordinaire (il ne faut pas exagérer) mais qui n’en reste pas moins assez bonne dans l’ensemble, originale, sortant des sentiers battus et qui donne envie, sans nul doute, de découvrir la suite. 

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