mardi 8 novembre 2011

DEUX SŒURS POUR UN ROI


DEUX SŒURS POUR UN ROI

Le duc de Norfolk, bien que déjà très fortuné, cherche constamment un moyen de s'enrichir. Tandis que le couple du roi d'Angleterre, Henri VIII, bat de l'aile, il décide d'envoyer la fille aînée de sa sœur, Anne Boleyn, en tant que maîtresse de celui-ci. Cela fonctionne, mais après une erreur d'Anne, le roi revient de sa partie de chasse blessé. La sœur d'Anne, Mary, nouvellement mariée avec William Carey, soigne le roi. Celui-ci s'éprend d'elle. Elle devient ainsi la maitresse du roi, doublant sa sœur, jalouse. Anne en vient alors à épouser secrètement l'homme dont elle était réellement amoureuse, Henry Percy. Mary l'apprend, l'avoue à son père. Comme le récent mari était déjà fiancé, et que leur union fut consommée, son oncle et son père, furieux, envoient Anne à la cour de France et ainsi annulent ce mariage, honteux, d'après eux. La guerre entre les deux sœurs, déjà latente, commence vraiment.

Décidément, depuis quelques années, les Tudors sont revenus a la mode ; il y eut bien entendu la série télévisé, que vous avez peut-être vu du coté de Canal + puis d’ARTE, qui connu son public même si, personnellement, pour le peu que j’ai put voir, je n’avais pas vraiment accroché (probablement les acteurs, je n’avais pas trop accroché avec eux, ainsi que la mise en scène, un peu trop, comment dire, moderne selon mes gouts), mais aussi, ne l’oublions, les deux films consacrés a la reine Elisabeth, dont je vous avais proposer la critique du second, Elisabeth l’âge d’or sur ce même blog en janvier dernier (voir ici), celle-ci étant la fille de ce fameux roi Henri VIII et de la non moins sulfureuse Anne Boleyn mais aussi, sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, ce Deux sœurs pour un roi, sortit en 2008 qui s’attarde justement sur cette fameuse liaison entre Henri VIII et Anne Boleyn ; et encore, on oubliera de citer les œuvres plus anciennes dont la plus célèbre d’entre elles, le célèbre Henri VIII d’un certain William Shakespeare. Bref, cette période de l’histoire de la royauté britannique a, depuis longtemps, passionner suffisamment les foules pour que bon nombre d’auteurs nous aient proposé pas mal d’œuvres, certaines de qualité, d’autres non, et la question qui nous préoccupe aujourd’hui, vous l’avez compris, et de savoir dans quelle catégorie se classe ce Deux sœurs pour un roi ?

J’étais un peu passer a coté de ce film lors de sa sortie, en 2008 ; certes, j’en avais alors entendu parler, que ce soit par le biais d’articles, de critiques ou d’extraits, pourtant, j’avoue que depuis, j’en avais oublier jusqu'à son existence, du coup, quelle ne fut pas me surprise en le voyant au programme ce dimanche soir, sur une chaine du service public (ah, ce n’est pas TF1 qui nous offrirait ce genre de films) et, du coup, vu le sujet de celui-ci – et vu aussi la misère télévisuelle auquel l’on est bien malheureusement habituer également – je me suis dit que ce Deux sœurs pour un roi pourrait valoir le coup d’être regarder : comme chacun sait depuis longtemps (enfin, je parle pour les quelques habitués), j’aime l’histoire, et comme en plus – et malgré mon peu d’intérêt pour Les Tudors, la série – je m’intéressais, par le biais de quelques documentaires et lectures, au règne de ce brave Henri VIII depuis quelques temps, il me paraissait indéniable que ce film, a défaut d’être exceptionnel, pouvait au moins me permettre de passer une bonne soirée. Qui plus est, et ce détail est loin d’être négligeable, la présence, dans le rôle des deux sœurs Boleyn de Natalie Portman et Scarlett Johansson, deux de mes actrices préférées de ces dernières années, ne pouvait que jouer en faveur de ce film ; ainsi, que ce soit dans des œuvres, pour la première, comme Star Wars (ah, Padmé…), V for Vendeta ou bien Black Swan ainsi que, pour la seconde, Match Point et Vicky Cristina Barcelona, j’apprécie depuis longtemps ces deux actrices et je me faisais une joie de les retrouver ensemble dans le même film ; bon, quand a notre ami Eric Bana – Munich, Troie – on ne peut pas dire que j’étais autant enthousiaste mais bon, je n’ai rien contre lui non plus. Bref, tout semblait réuni pour faire, selon mes gouts personnels, de ce Deux sœurs pour un roi un bon film historique comme je les aime. En a-t-il été ainsi ?

Et ben, comment dire ? En fait, tout dépend de ce que l’on est capable d’accepter ou non, justement, d’un film historique ; je m’explique : si l’on aime l’histoire, il est difficile de ne pas titiller devant tel inexactitude du scénario, devant tel boulette scénaristique ou contre vérité flagrante. Forcement, l’on se doute bien qu’une œuvre, que ce soit un film, un roman ou une bande dessinée, ne respecte que quasiment jamais, pour ne pas dire jamais, la vérité historique en tant que tel (et encore, c’est quoi la vérité dans l’histoire ?), cependant, autant l’on fermer les yeux et accepter, et c’est mon cas, tel détail non exact mais qui sert le scénario, tel petit écart de l’auteur mais autant je ne peux pas cautionner le n’importe quoi : imaginez donc un film sur la seconde guerre mondiale où certains rôles sont inversés, ou c’est l’URSS qui attaque l’Allemagne en premier voir même, ou les alliances ne sont pas les mêmes ? Certes, cela existe, c’est ce que l’on appelle de la science fiction – plus précisément de l’Uchronie – mais dans le cas d’une œuvre présentée comme Historique (et je tiens a ma majuscule), ce genre de dérapages ne peuvent être accepté. Or, sans atteindre le cas extrême de mon exemple, c’est pourtant le cas de ce Deux sœurs pour un roi. Alors certes, c’est magnifiquement bien filmer, les acteurs sont assez bons, sans nul doute de même que les couleurs, les décors, les costumes sont fort agréable a regarder ; ajoutez a cela une trame scénaristique assez captivante bien que peu originale – bah, cela ne reste qu’un vulgaire triangle amoureux au final – et vous obtiendrez, sans nul doute, un fort bon divertissement. Sauf que… sauf que, autant cela passe pour un néophyte, pour un non spécialiste de cette période, autant pour quelqu’un qui s’y connaît un temps soit peu, c’est déjà plus problématique : et non, Mary Boleyn ne fut pas la petite sainte telle qu’elle est présentée dans le film, qui plus est, elle était l’ainée et, accessoirement, présentée allégrement comme une « putain » - dixit François Ier – et pour couronner le tout, son rôle fut finalement minime. Quand a sa sœur, voir en elle une dominatrice qui manipulait le désir du roi, se refusant a lui pour lui faire accepter n’importe quoi et qui le poussa a rompre avec Rome, franchement, c’est aller un peu vite en besogne. Quand au final, d’une mièvrerie navrante, c’est le plus gros point de ce Deux sœurs pour un roi. Enfin bon, dommage tout cela quand on voit le potentiel de départ, mais bon, il fallait une version romancée de l’histoire qui plairait au grand public, de l’hollywoodien en gros.

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