samedi 29 octobre 2011

DREAMCATCHER


DREAMCATCHER

Henry, Beaver, Pete et Jonesy sont quatre amis d'enfance qui partent chaque année pour une partie de chasse dans les forêts du Maine. Ils sont reliés par un lien télépathique, qu'ils appellent « la ligne », depuis leur adolescence, quand ils ont porté secours à Duddits, un déficient mental aux étranges pouvoirs, et sont devenus ses amis. Jonesy et Beaver trouvent dans les bois un homme apparemment très malade et l'emmènent dans leur cabane de chasse, et des hélicoptères militaires surviennent un peu plus tard et annoncent que la zone est en quarantaine. Jonesy et Beaver trouvent l'homme mort dans la salle de bains et une créature, ressemblant à une lamproie, sort de son corps. Cette créature tue Beaver mais Jonesy parvient à lui échapper, seulement pour rencontrer un extraterrestre, dénommé Mr Gray, qui prend possession de son corps.

Cette semaine, en Belgique, je suis tombé – alors qu’a la base, je souhaitais regarder le documentaire sur France 2, Apocalypse Hitler, que j’aurais mieux fais de voir par ailleurs – sur une bande annonce annonçant un film tiré d’une œuvre de Stephen King, Dreamcatcher. Celui-ci commençant assez tôt dans la soirée (vers vingt heures, c’est bien ca) et ma femme désirant le voir, je me suis laisser convaincre, surtout que la bande annonce, sans être non plus le truc de l’année, m’avait laissé entrevoir quelques scènes qui paraissaient a priori sympathiques et je me disais que, a défaut d’être un grand film, ce Dreamcatcher pouvait être un agréable divertissement qui me ferait passer une bonne soirée.

Tout d’abord, et avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois avouer que j’eu, a une certaine époque désormais bien lointaine – la fin de mon adolescence, c'est-à-dire, il y a deux décennies – un certain attrait pour les œuvres de Stephen King ; que ce soit des ouvrages aussi connus que Carrie, Christine, Charlie, Simetierre ou l’inoubliable Ça avec ce fichu clown psychopathe (quand je vous dis que je déteste les clowns !), pendant quelques années, j’ai dévorer pas mal de ses bouquins, le plaisir aux lèvres et la peur au ventre. Pourtant, au fil du temps et de mes découvertes littéraires ultérieures, j’ai commencé à me lasser assez rapidement de cet auteur que beaucoup surnommaient comme le maitre de l’épouvante de la fin du vingtième siècle. Puis, ce fut le coup de grâce avec Lovecraft, découvert seulement en 1995, c'est-à-dire, fort tardivement, mais dont le style, le contenu de ses écrits, son univers indicible et sans espoir, reléguait, selon moi, le pauvre Stephen King a des années lumière. Ainsi, quand celui-ci nous saoulait pendant deux cent pages a nous narrer la vie d’américains moyens avant de rentrer, après moult tergiversations dans le vif du sujet, Lovecraft, lui, sans préambule et en quelques pages, allais droit au but, et qui plus, de façon bien plus efficace tout en nous proposant une horreur bien plus indicible. Ainsi donc, depuis une quinzaine d’années environ, j’ai complètement laissé les œuvres de Stephen King de coté, ne désirant plus m’y plonger – a part peut être pour Ça que j’adore et que je lirais bien un de ces jours – et, du coup, mes seuls et rares contacts avec l’écrivain se faisaient par le biais des nombreuses – mais pas toujours réussies – adaptations de ces œuvres, en particulier La ligne verte, film finalement assez bon même si loin d’être génial en soit, comme certains ont put le prétendre un peu hâtivement.

Ce fut donc avec des sentiments mitigés que je me suis plongé dans les premières minutes de ce Dreamcatcher, une œuvre que je ne connaissais pas (du coup, je ne pourrais pas faire de comparatif avec le roman) et dont la seule chose que je savais a la base, c’était que le titre signifiait, en français, « attrape rêves », et que c’était une espèce de grigri indien destiné a capturer les cauchemars des dormeurs (pour la petite histoire, mes enfants doivent en avoir quelque part dans leur bazar qu’est leurs chambres). Bref, sans m’attendre au truc de l’année, je me disais qu’au pire, le scénario – Stephen King oblige – pourrait nous offrir un truc bien tordu dans le bon sens du terme, quelque chose où l’on aurait – qui sait ? – une espèce de monstre qui se nourrirai des cauchemars des gens ou un truc dans le genre. Que nenni, que nenni, rien de tout cela, bien au contraire. Pourtant, cela avait bien commencer : quatre anciens amis d’enfance, chacun avec des pouvoir mentaux, se retrouvent tous les ans dans une cabane en plein cœur d’une foret enneigée pour ressasser de vieux souvenirs, chasser, sortir des blagues idiotes, boire pas mal de bière et peter, bref, le commun de l’espèce masculine en règle générale. Assez rapidement, et malgré un début un peu compliquer (avec le type qui a un accident et qui ne meurt pas), l’intrigue s’emballe avec la découverte d’un vieux gus qui se ballade tout seul, et perdu, dans la forêt. Celui-ci pétant sans arrêt, il laisse dubitatif mais hilare les protagonistes principaux qui vont rapidement déchanter suite a ce que j’appellerais la grande scène du film, que dis-je, une scène d’anthologie et qui a lieu dans les toilettes. Je n’en dis pas plus pour éviter de gâcher le plaisir mais celle-ci mérite largement le détour. Le problème, c’est qu’a partir de là, c’est fini.

Car une fois la scène des toilettes passées, Dreamcatcher dérape littéralement dans la médiocrité totale et l’un des grands coupables de cette chose est l’apparition de Morgan Freeman et de l’armée américaine ! Vous espériez une sombre et inquiétante créature qui, depuis la nuit des temps, se nourrissait des rêves des êtres vivants aux alentours de sa cache, a la place, vous aurez droit a une minable invasion d’extraterrestres, vous espériez un bon petit film d’horreur, avec de superbes scènes gores et qui font peur, a la place, vous aurez droit a des hélicoptères qui attaquent un OVNI (si, si, hélas), vous vouliez une explication logique aux pouvoirs des quatre amis ? Rassurez-vous, vous ne l’aurez pas, d’ailleurs, on se demande presque a quoi ils servent finalement. Vous vouliez savoir pourquoi le simplet Duddits est la clef de l’intrigue ? Quand vous le saurez, vous auriez préféré ne pas le savoir ! Et tout est ainsi, une fois passé cette fameuse scène dans les toilettes, le peu d’espoirs que l’on pouvait avoir vis-à-vis de ce Dreamcatcher s’envole littéralement et part dans tous les sens, le tout n’étant qu’un ensemble de médiocrité rarement atteint. L’invasion des aliens et les militaires obtus et bornés, on nous a fait le coup des millions de fois, certains acteurs (Morgan Freeman et Damian Lewis en tête) surjouent tellement leurs rôles que cela en devient indigeste quant a l’intrigue en elle-même, finalement, cela ne reste que du Stephen King de base – un groupe d’amis qui se connaissent depuis l’enfance et qui se réunissent une fois adulte, c’était déjà le cas dans Ça – et sincèrement, pas le meilleur qui plus est, bien au contraire.

Bref, vous l’avez compris, je n’ai pas du tout aimé ce Dreamcatcher : scénario vu et revu, qui plus est bancal et sans grand intérêt, il est a mille lieux de ce que l’on pouvait attendre d’un bon Stephen King, car même si je ne suis plus fan de l’auteur depuis longtemps, je ne nie pas qu’il ai put écrire d’excellents romans. Certes, cette adaptation plaira sans doutes a certains mais personnellement, ce n’est pas du tout mon truc et il existe mille fois mieux que ce qu’il faut bien appeler un navet. Reste donc la scène des toilettes, assez spectaculaire et crade au possible, mais cela fait beaucoup trop peu pour en faire un film correct. Et dire que j’ai raté Apocalypse Hitler à cause de cette chose….

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