samedi 3 septembre 2011

LE KABBALISTE DE PRAGUE


LE KABBALISTE DE PRAGUE

A la fin du XVIe siècle, dans le ghetto de Prague, le rabbin MaHaRal, le plus grand kabbaliste de tous les temps, façonne un être de boue à la force illimitée qui doit apporter la sécurité à son peuple... le Golem. Avec Le Kabbaliste de Prague Marek Halter nous plonge dans La Mémoire d'Abraham et l'univers des Juifs de l'Europe centrale de son enfance. Il nous entraîne dans le monde mystérieux de la Kabbale et celui de la Renaissance, avec ses découvertes sidérales, ses bouleversements scientifiques et ses guerres de religion. Mêlant fiction et réalité, hanté par les questions les plus contemporaines, Le Kabbaliste de Prague est un roman envoûtant, foisonnant d'érudition et d'émotion.

Il y a de multiples façons de découvrir un roman que l’on ne connaissait pas (ce qui est bien évidement le cas pour n’importe quelle œuvre en règle générale) ; bien évidement, cela peut être dans une revue ou une émission littéraire par exemple, cela peut être également sur le net, sur un site spécialisé ou même, complètement par hasard, en cherchant un tout autre titre et/ou auteur ; de même, la presse joue un rôle dans la découverte, pour les nouveautés bien entendu mais également, dans le cas de certains articles plus ou moins spécialisés, d’œuvres plus anciennes. Et puis, comment ne pas parler du bouche à oreille ; les conseils de connaissances, cela peut avoir du bon. A priori, bien plus que le simple hasard qu’est ce que j’appelle le déambulage dans les rayons de libraires mais aussi dans des enseignes genre FNAC et autres. Dans mon cas personnel, je dois admettre que j’ai découvert pas mal de livres par le biais de ce moyen, mais aussi, du net et de certains sites spécialisés comme, par exemple, l’excellent PochesSF.com dont, il y a quelques années, je vous ai parlé sur ce blog. Mais pour être franc, je dois reconnaître que la façon dont j’ai connu l’œuvre qui nous préoccupe aujourd’hui, Le Kabbaliste de Prague, est tout bonnement une première : il y a de cela quelques mois, alors que je me rendais au travail, en arrivant a la Gare de l’Est, de bon matin, je suis tomber sur de nombreuses affiches qui annonçaient la sortie prochaine de ce roman ; immédiatement interpeller par celle-ci, au vu, bien entendu, de mes propres gouts personnels – je suis un inconditionnel de la légende du Golem, et, bien sur, un grand amoureux de cette magnifique et enchanteresse ville qu’est Prague – je mis tout de suite ce roman sur mes tablettes. Les mois passèrent, j’eu d’autres œuvres à lire, surtout, bien évidement, le cycle de La forêt des mythagos à achever et, dès la rentrée, tout juste lundi dernier donc, je me suis enfin décider à me procurer ce fameux Kabbaliste de Prague.

Je connaissais, sans connaître, depuis longtemps Marek Halter, ce qui signifie que comme bien souvent, le nom de cet auteur m’était familier, sans que j’arrive a citer, ne serais-ce, qu’une seule de ses œuvres ; enfin, de mémoire car en me procurant le roman qui nous préoccupe aujourd’hui, Le Kabbaliste de Prague, et en lisant la courte biographie de l’auteur, certaines de ces œuvres me sont apparus comme étant familières ; réminiscences de titres vus probablement dans des centaines de rayons voir même d’articles a leurs sujets. Quoi qu’il en soit, forcement, je ne suis pas un spécialiste du sieur Halter, mes connaissances a son sujet se limitant a son œuvre, et aux thèmes de celles-ci, souvent abordés par celui-ci dans sa vie, ainsi, et contrairement aux familiers de l’auteur, la critique de ce livre se limitera donc a mon ressenti lors de sa lecture et je m’excuse par avance de mon ignorance flagrante et reconnue de tout ce qui fait un écrivain (et que l’on retrouve normalement dans une bonne critique), c'est-à-dire le style de celui-ci, les comparaisons avec d’autres de ses œuvres etc. Mais finalement, cela importe t-il vraiment dans le cas présent ? Selon moi, qui ai souhaité lire ce roman avant tout parce qu’il traitait du Golem et pas pour le nom de Marek Halter, pas vraiment.

Bon, en tout cas, il me faut maintenant vous dire ce que j’ai pensé de ce livre, car, finalement, c’est le but de cette critique. Tout d’abord, amis antisémites (je suis ironique bien sur), passez votre chemin puisque ici, la quasi-totalité des protagonistes sont juifs, l’action se déroule principalement a Prague, certes, mais dans le quartier juif, mais en plus, Marek Halter a cru bon de nous abreuver, page après page, tout le long du récit, de multiples termes en yiddish, un glossaire (bienvenu par ailleurs bien que trop court et accessoirement incomplet, a mon gout) étant même proposer en fin d’ouvrage, afin de renforcer l’immersion du lecteur dans cet univers particulier que pouvait être la vie dans le ghetto juif pragois vers la fin du moyen-âge. L’univers étant posé, le concept est tout autant intéressant puisque, comme je vous l’ai dis, c’est de la légende du Golem que traite l’intrigue ; et l’on retrouve donc forcement une figure comme le Rabbi Yéhudah-Lajb ben Betsalel (on comprend pourquoi écrire, voir lire, MaHaRal est plus simple), celui qui, parait-il, aurait insufflé la vie dans sa création, le Golem. Figure majeure de l’ouvrage, même s’il n’en est pas le personnage principal, l’ombre du MaHaRal plane incontestablement sur toute l’intrigue et ce, même si les deux « héros » de celle-ci sont indéniablement David Gans (par ailleurs, figure historique bien réelle puisque penseur, mathématicien et astronome juif ashkénaze du seizième siècle), un élève du MaHaRal ainsi que Eva, la petite fille de celui-ci. En effet, toute l’intrigue tourne autour de ces trois là, et si, bien évidement, d’autres protagonistes ont leur part d’importance dans celle-ci – que ce soit, par exemple, Isaac et Jacob, mais aussi Tycho Brahe, Johannes Keepler et même Rodolphe II – il est indéniable que ce ne sont que des figures secondaires au vu de l’importance des trois précités tellement tout tourne autour de ceux-ci : entre les espoirs et les aspirations de David Gans – le narrateur du récit – son désir absolu de plaire et sa soif de connaissance mais également, son amour refoulé pour la belle et jeune (mais promise a un autre) Eva, celui-ci apparaît comme un personnage assez humain et qui attire immédiatement la sympathie du lecteur. Mais bien évidement, ce que celui-ci attends avant tout dans Le Kabbaliste de Prague, c’est l’apparition annoncée du Golem, et celle-ci aura bien entendu lieu, même si uniquement vers la fin du récit.

D’ailleurs, une fois arrivé a ce point de ma critique, une petite question se pose : Le Kabbaliste de Prague peut-il vraiment être qualifier de récit fantastique ? Sincèrement, au vu des deux tiers du roman, non ; cependant, entre ce qui arrive a un moment donné a Eva puis, bien évidement, avec l’apparition du Golem, a moins de croire que celui-ci ait véritablement foulé le sol pragois il y a plus de quatre siècles, il me semble que le fait que je classe l’œuvre de Marek Halter dans la catégorie « Fantastique » ne soit pas forcement exagérée. Enfin, cela n’a pas grande importance et si je l’ai fais, avant tout, c’est dans un souci de classement vis-à-vis de ce blog mais aussi pour avoir déjà lu d’autres récits – où nulle trace de fantastique ni de merveilleux n’était présents – vendus comme tels, eux.

Quoi qu’il en soit, et même si vous êtes comme moi et vous êtes lancés dans la lecture de cet ouvrage uniquement pour « lire un bouquin qui parle du Golem », même son apparition tardive dans le récit ne vous décevra car, non seulement celle-ci est suffisamment marquante, mais en plus, l’histoire en elle-même, tout le reste comme les relations entre les personnages, la volonté de puissance, le sort des juifs depuis des siècles, les craintes et les espoirs de certains et surtout, les conséquences de certaines promesses vous auront tenus en haleine d’un bout a l’autre d’une intrigue, certes courte, parfois simpliste par certains cotés, mais passionnante au possible et où, finalement, plus que l’histoire du Golem mise en pages, l’on se retrouve tout simplement avec un très bon roman.

C’est donc mon tout premier ouvrage de Marek Halter que j’ai lu et je n’ai pas été déçu le moins du monde par celui-ci ; certes, ce n’était pas forcement ce a quoi je m’attendais a la base et quelque part, j’ai plus eu l’impression de me balader dans les rues de Prague dans une œuvre comme L’algèbre des anges, le tome deux de L’âge de la déraison, un cycle de Greg Keyes dont je vous ai déjà parler sur ce blog, mais cela importe peu. Suffisamment captivant, de bonnes idées et des personnages finalement assez attachants, ce Kabbaliste de Prague possède bien des qualités qui m’ont fait passer un très bon moment de lecture, et c’est finalement l’essentiel ; et comme en plus, il y a le Golem, que demande le peuple ?

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