dimanche 25 septembre 2011

AMOURS CHIENNES


AMOURS CHIENNES

Mexico, un terrible accident de voiture. Trois vies entrent en collision et nous révèlent le côté le plus chien de la nature humaine. Octavio, un adolescent, décide de s'enfuir avec Susana, la femme de son frère. Il fait alors de Cofi, son chien, l'instrument qui lui permettra de réunir l'argent nécessaire au périple. C'est sans se douter que ce bouleversant triangle passionnel peut se terminer en un voyage sans retour. Au même moment, Daniel, un homme de 42 ans, quitte sa femme et ses filles pour aller vivre avec Valeria, un superbe top model. Le jour où ils fêtent ensemble le début de leur nouvelle vie, le destin va brutalement frapper Valeria en la plaçant sur les lieux mêmes de l'accident. Enfin, au carrefour de cette terrible collision, se trouve El Chivo un ex-guérillero communiste. Cet homme âgé, qui n'attend plus rien de la vie et qui officie comme tueur à gages, trouve Cofi, le chien d'Octavio, mourant dans l'une des voitures et le prend pour tenter de le sauver. Paradoxalement, cette rencontre va lui permettre de se réconcilier avec lui-même et son passé douloureux.

Cela faisait pas mal de temps que j’entendais parler de cet Amours Chiennes (Amores Perros en version original), plus précisément depuis deux ans environ, lorsque j’avais vu pour la toute première fois Babel, du même réalisateur, le mexicain Alejandro González Inárritu, auteur également de 21 Grammes dont j’ai publier la critique sur ce blog il y a tout juste quelques semaines. Et pour être tout a fait franc, j’en avais entendu parler en bien, en très bien même puisque, que ce soit ma femme où l’un de mes lecteurs (qui se reconnaitra), a les croire, Amours Chiennes était tout bonnement le meilleur film du sieur Inárritu, chose que je voulais bien croire, surtout que j’étais suffisamment curieux de voir ce que pouvait donner une œuvre de ce réalisateur sans qu’il soit pris par les canons hollywoodiens (certes, on ne peut pas dire que tant Babel que 21 Grammes soient des œuvres typiques US, mais bon, en sent malgré tout une petite influence. Et comme cela fait des années que j’apprécie énormément découvrir le cinéma des autres pays (en gros, hors Etats-Unis, Grande Bretagne et France), voir un film mexicain – ce qui pour moi serait une première – était une chose qui m’enchantait grandement. En particulier depuis 21 Grammes, film qui m’avait grandement plu au point que, a peine quelques jours plus tard, j’ai commandé le DVD d’Amours Chiennes (a un prix modique, merci Priceminister). Bien évidement, par manque de temps ces dernières semaines, ce n’est qu’hier soir que j’ai put enfin découvrir ce film tant attendu, mais sincèrement, l’attente fut a la hauteur de mes espérances.

Avant toute chose, il faut bien évidement voir Amours Chiennes en VO, sinon, le film perd une grosse partie de sa saveur et je n’ose imaginer quel aurait été mon ressenti avec des dialogues en français ; indéniablement, cette œuvre aurait perdu beaucoup de sa valeur. Car oui, je suis un grand amoureux des VO – avec sous titrage, je ne suis pas fou non plus – quelque soit l’origine des films et personnellement, c’est toujours un plaisir que de les voir de la sorte, le contraire ayant souvent tendance à m’horripiler en temps normal. Cet aparté étant dit, que vaut donc vraiment cet Amours Chiennes, premier long métrage du sieur Alejandro González Inárritu ? Tout d’abord, comme il fallait s’y attendre pour les habitués qui ont déjà vu d’autres œuvres du réalisateur, ce film n’est pas fait pour tous les publics. Je m’explique : tant par la construction peu commune – trois intrigues principales entremêlées – les nombreux flashes back mais aussi les thèmes abordés, les sentiments qui en découlent et le rythme, les longs métrages d’Alejandro González Inárritu ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Certes, dans un monde idéal, où cinéma ne rimerait pas uniquement, pour la plus part, avec grand spectacle, niaiserie, courses poursuites et effets spéciaux a gogo, une œuvre comme Amours Chiennes ne poserait pas de problème, mais comme nous ne vivons pas dans un monde idéal, j’imagine très bien la déception qu’un tel film a put poser a certains qui – croyant probablement regarder un long métrage sur les gangs mexicains – ont vite déchanté. Car oui, pour apprécier a sa juste valeur Amours Chiennes, comme les autres œuvres d’Alejandro González Inárritu, il faut, je pense, posséder une certaine sensibilité, un certain gout pour la réflexion mais il faut aussi aimer réfléchir a ce que l’on voit, et pas ne se contenter de rester bêtement – comme les vaches regardant passer les trains – devant son écran, il faut apprécier s’accrocher, aimer ce genre de mises en scènes, ses va et viens incessants entre les protagonistes, les allers retours dans le temps etc. Bien évidement, au vu de ce que je viens de dire, l’on me rétorquera que tout cela n’est qu’un truc pour intellos, que cela doit être chiant a mourir, pourtant – et même si cela doit être le cas pour certains – il n’en est rien : a aucun moment, pendant les deux heures et demi que dure ce film, je ne me suis ennuyer ; ni longueurs, ni temps morts, j’ai été captiver de la première a la toute dernière minute, chose qui, je l’avoue, est rare par les temps qui courent, au point que je n’ai pas put m’empêcher de me dire que ce genre de films ne plaisent pas plus au grand public, mais bon, comme on ne refera pas le monde et comme, bien évidement, tous les gouts sont dans la nature, inutile d’aller a contre courant.

Pourtant, que j’aimerais crier sur tous les toits que cet Amours Chiennes est un grand, que dis-je, un très grand film, que j’aimerais convaincre tout le monde que ce film est tout bonnement l’un des tous meilleurs de la dernière décennie, que j’aimerais vous parler de ses thèmes abordés, son coté biblique (merci Deborah) avec cette opposition, parmi les intrigues, pour ne pas dire cette haine, entre frères – Caïn et Abel – qui peut pousser jusqu’au meurtre, mais aussi, cet amour entre les différents protagonistes – que ce soit celui du jeune Octavio pour la femme de son frère, maltraitée par celui-ci mais qui se moque de lui, ou celui de cet homme, qui quitte sa famille pour vivre avec sa maitresse, une mannequin célèbre qui va bien dérouiller, sans oublier celui de ce vieil homme, cet ancien guérillero, pour sa fille, qu’il a abandonner pour un idéal et qui, désabusé de tout, n’ose même pas reprendre contact avec elle – un amour bien évidement voué a l’échec, et puis, cette mélancolie, cette souffrance, tout au long des deux heures et demi du film, sentiment primordial de celui-ci, où, bien évidement, rien ne finira bien pour les protagonistes. Et forcement, comme le titre l’indique, n’oublions pas les chiens, personnages tout aussi importants que leurs maitres, chacun en symbiose total avec eux et qui eux aussi dérouilleront grave : du brave Cofi, devenu par les forces des choses, un tueur dans les arènes de combat, aux nombreux chiens qui accompagnent le vieux El Chivo et qui finiront mal, sans oublier bien sur le « coquet » Richie, bien a l’image de sa maitresse et qui lui aussi connaitra bien des ennuis, dans ce film, les chiens occupent une place aussi importante que celle des protagonistes humains, et leur destin ne sera pas meilleur. De même, ce final, dans un décor dévaster, presque post apocalyptique, vient renforcer la noirceur d’un film où si l’espoir n’en est pas complètement absent, force est de constater qu’il en est bien loin. Oui, tout cela, j’aurais aimé le partager avec tout le monde, car se sont ces éléments qui font que cet Amour Chiennes est un très grand film, qui mérite indéniablement d’être vu. Marquant, fort, parfois insoutenable, d’une indicible mélancolie, cette œuvre d’Alejandro González Inárritu ne laisse pas le spectateur indifférent. Après, comme je l’ai dit précédemment, tous les gouts sont dans la nature, mais pour moi, franchement, je n’irais pas par quatre chemins et pour conclure, je ne dirais qu’une chose : Amour Chiennes est un chef d’œuvre.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Je te l'avais dit.

Et tu as oublié de parler de la musique de Gustavo Santaolalla qui ajoute encore à l'atmosphère du film.

Si tu est dans ta période films sud américains, il y a Carnets de Voyage avec toujours Gael Garcia Bernal qui est pas mal. Sinon, tu as de très bons films en Corée du Sud, style Old Boy.

Enfin, il y a le film La Jetée de Chris Marker, que je te conseille, si tu es amateur de science-fiction et que tu as vu l'Armée des Douze Singes qui l'a inspiré.

Karim

Feanor a dit…

Pour La Jetée, je connaissais bien que je n'ai jamais eu l'occasion de le voir. Par contre, je suis interesser également par Carnets de voyages, probablement mon prochain achat ;)

Anonyme a dit…

Tu peux regarder La Jetée sur Google vidéo car le DVD édité par Arte est hors de prix.

Karim

Feanor a dit…

Si cher que ca ? J'ai regarder vite fait sur Priceminister et ne l'ai pas trouver, curieux ?
Du coup, me suis rabatu sur La mauvaise éducation d'Almodovar ; je sais pas pourquoi, j'avais envie de le revoir.
Par contre, je compte bien suivre tes conseils pour les films cités plus hauts.

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