lundi 8 août 2011

LA FORÊT DES MYTHAGOS : LE PASSE-BROUSSAILLE


LA FORÊT DES MYTHAGOS : LE PASSE-BROUSSAILLE

Le corps d'Alex Bradley est retrouvé sans vie à l'orée de la forêt de Ryhope. Disparu quelques mois plus tôt, le jeune garçon avait jadis reçu les confidences de James Keeton, dont la fille Tallis avait disparu dans sa quête de Lavondyss, le centre mythique de Ryhope. Mais Alex est-il bien mort ? Parce qu'il refuse l'évidence, son père va à son tour pénétrer le bois mystérieux ; un périple qui le conduira au cœur des rêves - et des cauchemars - de l'humanité... Retour dans la forêt de Ryhope, ce mystérieux labyrinthe végétal de la vieille Angleterre capable de donner corps aux créations de l'inconscient collectif, aux héros et peuplades des mythes et légendes, à ce que le professeur Huxley, un des derniers explorateurs de la forêt, appelait les mythagos...

Il y a de cela quelques semaines déjà, et suite a la lecture du Codex Merlin, autre cycle majeur de Robert Holdstock et qui m’avait fait découvrir cet auteur, il y a de cela quelques années, je m’étais finalement lancé dans la lecture maintes fois repoussée de la cultissime tétralogie de La Forêt des Mythagos, le cycle majeur du regretté auteur, celui qui, a tout jamais, le fit entrée au panthéon des plus grands enchanteurs de la fin du vingtième siècle. Ainsi, entre le premier tome, sobrement intitulé La Forêt des Mythagos, et qui m’avait émerveiller et captiver de la meilleur des façons, me faisant découvrir tout un univers a la fois onirique et dangereux, où mythes et héros, quelques soient leur ancienneté, prenaient forme et vie dans la fameuse forêt de Ryhope, puis, avec le complexe Lavondyss, a la lecture certes ardue, mais qui, dans un style assez différent, avait su, lui aussi conquérir mon approbation, force est de constater que la première moitié du cycle m’avait tellement plu que jusque la, c’était le sans faute parfait, mais aussi et surtout, la confirmation que je me trouvais là devant un très grand cycle ; certes méconnu du grand public, pour moult raisons déjà évoquées ici même, mais indéniablement indispensable a tout amateur de fantastique, de merveilleux mais aussi et surtout, de vieilles légendes.

Ainsi, ce fut avec un enthousiasme non dissimulé que je me suis lancé dans la lecture de ce troisième tome de la saga, le fameux Passe-broussailles. Bien évidement, avec l’expérience acquise avec les deux premiers volumes de La Forêt des Mythagos, tous deux de style assez différents, en particulier dans la narration, mais pas uniquement, je me disais, avant coup, que cette suite comporterait des différences habituelles, de nouveaux protagonistes, une nouvelle intrigue avec, en toile de fond, toujours cette étrange et merveilleuse Forêt de Ryhope, mais ce que ce je ne m’attendais pas, c’est d’être déçu. Et pourtant, ce fut ce qui arriva, a ma grande surprise.

Le mot décevoir est peut être exagérer quand je parle de ce Passe-broussailles, après tout, le livre en lui-même n’est pas exempt de qualités, par ailleurs forts nombreuses et que l’on retrouve dans le reste de la série : tout d’abords, bien entendu, ce bois ; toujours aussi mystérieux, l’auteur nous entraine dans de nouveaux lieux, nous fait connaître de nouvelles facettes de celui-ci et, plutôt que de répondre aux énigmes laissées en suspens a son sujet et aux nombreuses questions que l’on pouvait fort logiquement se poser, il complexifie encore plus tout cela, ce qui fait que le peu de certitudes que l’on pouvait avoir volent un peu en éclat. Personnellement, j’ai trouvé cela pas mal. Ensuite, j’ai apprécié les protagonistes de cette nouvelle histoire. Que ce soit Richard Bradley, désespéré d’avoir perdu son fils et qui fait tout pour le retrouver, tellement humain qu’il en devient attachant, l’étrange femme qu’il rencontre, d’origine indienne, et sur qui plane bien des mystères, en particulier sur les origines de sa tribu, le « géant » breton au grand cœur, grande gueule devant l’éternel et bon vivant, mais aussi un certain Jason, a mille lieux de celui de la mythologie grecque mais qui – pour avoir lu le Codex Merlin – préfigure celui que Holdstock développera ultérieurement, force est de constater que ceux-ci sont hauts en couleurs. De même, j’ai particulièrement apprécier le fait – déjà entrevu dans le premier tome – que le Bois de Ryhope ne soit pas le seul a être « magique », qu’en d’autres lieux, de part le monde, il existe d’anciens vestiges de cette forêt primordiale et où les légendes sont vivantes ; et forcement, du coté de la Bretagne…

Mais malheureusement, malgré tous ces points positifs, j’ai moins accroché lors de ce troisième tome que lors des précédents. Est-ce parce que les deux premiers étaient tout bonnement exceptionnels et que, du coup, Le Passe-broussaille étant juste bon, cela s’est ressenti dans mon appréciation finale ? Peut être un peu après tout, cela n’est pas impossible surtout que je me dis que ce n’est tout de même pas facile de passer après un monument comme Lavondyss. Ensuite, tout n’est pas clair dans cette histoire et il subsiste bien trop de zones d’ombre pour que je puisse ne pas en faire cas : ainsi, ces fameux chercheurs sont bien au courant des mystères entourant le Bois de Ryhope et plus particulièrement des recherches d’ Huxley, des décennies plus tôt, mais comment, par quel moyen ont-ils put en savoir autant sur un homme présenté comme très discret ? Assez curieux tout de même selon moi. Pour finir, l’intrigue principale, la fameuse recherche d’Alex Bradley m’aura moins passionner que celles des deux premiers tomes, non pas qu’elle soit inintéressante en soit, surtout qu’il y a de très bons passages, mais franchement, quand je repense a la rivalité des deux frères pour conquérir l’amour de cette sublime princesse celte qui avait déjà fait perdre la tête a leurs père dans La Forêt des Mythagos ou au destin de Tallis dans Lavondyss, et ben, il n’y a pas photo pour moi.

Du coup, pour toutes ces raisons, j’aurais moins accroché à ce troisième tome. Bien évidement, il faut savoir relativiser mes propos, après tout Le Passe-broussailles reste un très bon roman qui ne dénote absolument pas vis-à-vis du reste du cycle. Possédant de bonnes idées, de forts bons passages et des personnages assez attachants, il m’aura tout de même laisser un bon souvenir, cependant, il souffre indéniablement de la comparaison avec ses prédécesseurs qui eux, avaient mis la barre tellement haut que, du coup, ce troisième tome apparaît forcement comme inférieur. Bien évidement, tout cela reste une affaire de gouts et tous n’auront pas le même avis que le mien, mais ce qui est sur, c’est que, de mon point de vu personnel, rien n’a changer quand a mon avis sur cette Forêt des Mythagos et que la valeur de ce cycle n’est absolument pas remise en cause. Reste à savoir si la conclusion de celui-ci sera à la hauteur ?

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