mercredi 3 août 2011

ARAWN : LE CHAUDRON DE SANG


ARAWN : LE CHAUDRON DE SANG

Monstre. Démon. Abomination. Les hommes imaginent que je suis le diable. Mais que savent-ils du Roi des enfers ? Que savent-ils du Bien et du Mal ? Les hommes... Des petites créatures fragiles qui vivent dans la crainte. Des êtres stupides, aveugles et bornés. Les hommes sont des ignorants... Je me nomme Arawn. Je suis le seigneur de la Terre Brûlée. Le Roi des enfers. Le souverain des morts. Les humains me Redoutent. Ils ont Raison. J'ignore la pitié. Je méprise la faiblesse. Je suis le Dieu de la colère. Le Dieu Vengeur... Je me nomme Arawn. Je suis le seigneur de la Terre Brûlée. Je croyais connaître mon ennemi. Je le pensais loin de moi, sur les terres d’Erin... J’avais tort. Il avait toujours été là. Au plus près. Tout près de mon cœur. Je le croyais mon allié, mon ami, mon compagnon. J’avais une confiance aveugle en lui. J’écoutais ses paroles : Le Chaudron de Sang... Mais il s’est servi de moi, comme il s’est servi des autres. Pour accomplir son plan machiavélique...

Me voila déjà arriver au dernier tome paru de Arawn, le quatrième qui a pour nom, Le chaudron de sang, le fameux artefact magique et accessoirement, maléfique, que notre héros – enfin, c’est un bien grand mot – s’était procurer lors de son initiation lors du premier volume de la saga, et qui s’est avéré être, au fil du temps, bien moins fidèle que l’on pouvait le penser de prime abord, son allégeance et ses buts propres étant pour le moins obscurs. Mais sans rentrer dans les détails de cette saga afin de ne pas trop spoiler inutilement afin de ne pas gâcher le plaisir de la découverte pour ceux qui seraient tenter de se lancer dans cette bande dessinée, que vaut donc ce quatrième – et pour le moment, dernier – tome de Arawn, paru très récemment puisque datant du mois de juin dernier ; ce qui, bien évidement, signifie que je ne suis pas prêt de lire la suite, celle-ci ne sortant pas avant l’année prochaine forcement, bref, ca va être long. Mais pour le moment, restons en donc à ce quatrième tome de la série.

Et bien, et bien, tout d’abord, force est de constater que, tout d’abord, tout ce que j’avais put dire de positif vis-à-vis de celle-ci, dans son ensemble, est toujours valable : tant de par ses qualités scénaristiques, son intrigue, ses protagonistes hautement charismatiques, ses coups de théâtre ainsi que, surtout, ses dessins, sur quatre tomes, cette série place la barre très haut, sans nul doute. Ainsi, cette simple constatation étant faite, je pense qu’il est, du coup, inutile de me répéter sur ce que j’ai déjà dit à trois reprises lors de mes critiques précédentes. Cependant, je ne peux passer sous silence un petit défaut que j’ai put constater a la lecture de ce quatrième tome, et c’est du coté des dessins que je me tourne : en effet, pour la toute première fois depuis les débuts de la série, certains d’entre eux sont légèrement critiquables. En effet, quelques uns font un peu brouillons tandis que certaines perspectives m’ont semblé un peu tirer par les cheveux lors de certaines scènes ; bien évidement, rien de gravissime en soit, surtout que ces quelques défauts sont minimes, cependant, ceux-ci n’en existent pas moins et je ne pouvais pas en faire abstraction. Quoi qu’il en soit, cela n’empêche pas Sébastien Grenier de nous proposer une fois de plus un travail tout bonnement exceptionnel, qui, entre une couverture tout bonnement sublime – et qui représente une sombre déesse de la guerre celte – des planches qui alternent entre de grandes scènes de combats, tous plus spectaculaires les uns que les autres, que ce soient des batailles rangées ou de simples escarmouches (mais tous d’une violence extrême), et des scènes a priori plus calmes mais tout autant dramatiques de part les enjeux en court, le lecteur ne sait plus trop où donner de la tête surtout que, en plus des dessins, auquel la qualité de ceux-ci n’est plus une surprise depuis longtemps, révélations et coups de théâtre sont légions dans ce quatrième tome.

Ainsi, entre les premières pages qui reviennent fort judicieusement sur les origines de Siamh, la mère de nos quatre frères ennemis, et qui enfin, explique pourquoi celle-ci semble éternellement jeune (franchement, je n’arrêtais pas de me poser la question jusque la) et qui en surprendra plus d’un (certes, ce peuple est tout sauf original, mais ca marche très bien au demeurant), il me semble indéniable que cette introduction, tant attendue est l’un des moments forts de cet album ; surtout que, personnellement, j’ai adoré le peuple des hommes corbeaux. Ensuite, le court du récit normal est repris et si, contrairement au premier volume où l’on voyait souvent Arawn, dans son antre déambulant en racontant son histoire, on se contente désormais de quelques cases pour nous rappeler que tout cela n’est que la narration d’événements passés, cela n’est pas très gênant en soit. Ainsi, au fil d’événements hautement dramatiques – et qui, même pour l’un d’eux, en choquera plus d’un – de multiples trahisons, et pas uniquement dues a des humains (nous sommes dans un univers magique où, se méfier des objets n’est pas inutile) et de coups de théâtre pour le moins inattendus, le destin des quatre frères est en marche et plus rien, apparemment, ne pourra l’arrêter, et ce, au grand dam, et des principaux intéressés, mais aussi, de leur mère, Siamh. Du coup, dans Le chaudron de sang, les premiers sangs sont coulés, des personnages majeurs disparaissent, des drames se nouent, des révélations sont faites, un lointain danger est toujours en court, et surtout, surtout, l’un des frères y perdra la vie ; le premier a tomber, le premier à annoncer que l’on ne peut pas aller a l’encontre de son destin, et ce, quoi que l’on fasse.

Bref, comme ses prédécesseurs, Le chaudron de sang est un superbe album qui vient confirmer une fois de plus tout le bien que je peux penser de cette saga. Ni meilleur ni inférieur aux autres tomes de la série, il n’est que la preuve que celle-ci, Arawn, est tout aussi bonne depuis ses débuts, qu’il n’y a pas de temps morts et que ses multiples qualités sont toujours au rendez vous. D’ailleurs, c’est tout de même amusant de constater que j’aurais put passer littéralement a coté de ce qui est, a mes yeux, l’une des BD qui m’aura le plus plu c’est derniers temps et dont je ne taris pas les louanges a son sujet ; il aura suffit d’une place pour le premier tome en tête de gondole a la FNAC, d’une petite méprise, de quelques hésitations et, a ma grande surprise, c’était parti pour une série tout bonnement excellente. Bien évidement, après la lecture de ce quatrième tome qui, entre la scène du début avec les hommes corbeaux (amusant comme j’ai toujours aimé, depuis ma plus tendre enfance, les hommes oiseaux en règle générale, ceux-ci m’ont fait penser à ceux du Kalkhabad dans la série Sorcellerie !, un LDVELH pour ceux qui ne connaissent pas), le duel fratricide et tragique dans la forteresse de Kern, le sort dramatique des enfants de Deirdre (c’est tout de même terrible en soit), Arawn et son armée de loups, l’invocation de la déesse de la guerre, ainsi que le coup de théâtre final qui laisse plus que songeur quant a la suite de la saga, il est incontestable que Le chaudron de sang fourmille de grands moments qui ne peuvent que marquer le lecteur. Le problème, et il est de taille, c’est que, après avoir tout bonnement dévorer les quatre tomes de Arawn en quelques jours a peine, il va falloir m’armer de patience, d’une très grande patience même car la suite, bien entendu, n’est pas pour tout de suite, et vu que ce fameux cinquième tome ne sortira, environ, que dans un an plus ou moins, la sensation de manque va être terrible…

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