dimanche 24 juillet 2011

LA FORÊT DES MYTHAGOS : LAVONDYSS


LA FORÊT DES MYTHAGOS : LAVONDYSS

Des années se sont écoulées depuis la quête qui a mené les frères Huxley au plus profond de la forêt de Ryhope, ce vestige d'un lointain passé hanté par des créatures issues de l'inconscient collectif. Une quête qui laissait inexplorée une partie essentielle de ce territoire : le cœur de la forêt, le royaume ultime, la source de tous les mythes - Lavondyss. Tallis, une adolescente dont le demi-frère, Harry Keeton, a disparu quand elle était petite fille, va entreprendre à son tour le voyage, persuadée que Harry est toujours vivant, prisonnier du bois de Ryhope. Mais pour en franchir le seuil, toute une initiation est nécessaire. Et avant d'être en mesure de répondre à l'appel de Lavondyss, Tallis devra accomplir les rituels par lesquels la forêt s'offre et se protège à la fois, fait signe et se refuse...

En débutant la lecture du grand cycle de Robert Holdstock, La forêt des Mythagos, je savais à l’avance que le second tome de celui-ci, Lavondyss, allait probablement me poser quelques petits soucis. En effet, parmi les maintes louanges que j’avais put lire ici ou là sur ce cycle, parmi les nombreux avis enthousiastes de nombreux lecteurs, bon nombre de ceux-ci étaient bien plus dubitatifs vis-à-vis de celui-ci avec des avis plus que partagés qui oscillaient allègrement entre le tout simplement génial au plus que médiocre. Bien évidement, quand on se retrouve face a des opinions aussi tranchées, on se doute bien par avance qu’il y a forcement des explications a cela, et ce qui revenait le plus souvent – et ce, même parmi les critiques positives – était le fait que la lecture de Lavondyss était d’une complexité a toute épreuve, chose qui, forcement, pouvait en rebuter plus d’un. Forcement, après avoir lu le premier tome de La forêt des Mythagos (et après le Codex Merlin, déjà spécial en soit) dont le style narratif et le contenu était a mille lieux de la tristounette Fantasy post-Tolkien, je comprenais déjà pourquoi le cycle du regretter Robert Holdstock, même si excellent, n’était connu que d’un petit nombre ; trop éloigner des canons habituels du grand public, sa conception n’était pas faite pour celui-ci. Mais si en plus, ce fameux second tome ne réussissait pas à mettre d’accord même les plus fidèles amateurs de la forêt de Ryhope et de ses fameux archétypes mythologiques, force est de constater qu’il y avait quelque chose la dessous qui annonçait une lecture que je qualifierai, hum, disons ardue. Et pour sur, c’est ce qui arriva.

Il est indéniable après lecture que ce Lavondyss fait partie de ce genre d’œuvres dont, si l’on devait donner une note entre un et cinq, les deux seraient tout simplement possible ; par contre, et je pense ne pas me tromper (enfin, je vois la chose ainsi), une note moyenne ne peut être possible et ce, tout simplement parce soit l’on adore, soit l’on déteste. Et les raisons pour ressentir des avis aussi différents, aux antipodes les uns des autres sont multiples : tout d’abord, comme je vous l’ai déjà dit, il y a le style de cette saga, aux antipodes, donc, de la production lambda de Fantasy, ensuite, force est de constater que si le premier tome de La forêt des Mythagos était déjà particulier en soit, son écriture, sa conception même restaient tout de même – dans un sens – assez conventionnel, ce qui, il faut en convenir, n’est absolument pas le cas avec Lavondyss. Ici, préparez vous a vous accrocher car la lecture sera ardue, atteignant des sommets de complexité rarement atteints – nous démontrant au passage tout le talent narratif de Robert Holdstock – ce qui m’a fait penser, par moments, qu’il serait presque plus simple de gravir l’Himalaya. J’exagère bien évidement mais je dois avouer qu’a certains moments, j’ai eu énormément de mal avec certains passages, chose qui ne m’étais jamais arrivé lors de la lecture du premier tome. Car dans Lavondyss, si un jour le cœur vous dit de vous lancer dans la lecture de ce roman, force est de constater que, en plus de vous armer de courage, vous allez devoir accepter le fait que la structure narrative est particulière, qu’il y aura pas mal d’aller retour dans le temps, que l’on commence a telle époque, que, sans presque sans apercevoir, on poursuit dans le passé avant de revenir au point de départ et que, surtout, en arrivant a un certain point du récit, un spectaculaire bond en avant dans le temps sera effectuer. D’ailleurs, le temps est l’un des éléments clefs de Lavondyss, et quand en plus, on se rend compte que celui-ci ne s’écoule pas forcement de la même façon et qu’en plus, il y a une belle petite boucle temporelle vers la fin (accessoirement, superbement bien trouvée et écrite), peut être que vous comprendrez a quel point j’ai put galérer lors de ma lecture. Mais quoi qu’il en soit, cela mérite le coup de s’accrocher, indéniablement. Alors certes, la première partie s’étale longuement et le lecteur peut parfois se demander où l’auteur veut en venir avec toute ces chapitres consacrés a l’apprentissage de la jeune Tallis qui, pour couronner le tout et complexifier la chose, semblent bien souvent décousus ; d’ailleurs, entre toutes les références a de multiples légendes (toutes différentes, quoi que…), celles a des procédés shamaniques qui parsèment le récit (et qui en agaceront voire noieront certains), des passages pas forcement clairs ou qui, de prime abord, semblent ne rien avoir avec le récit en court, cette première partie est tout bonnement un sacré défit a relever. Pourtant, même si on peut avoir du mal a tout suivre, quel plaisir finalement de la lire, surtout que, petit a petit, certaines révélations se font. Mais le grand tournant a lieu une fois que Tallis pénètre dans les bois, quand le récit semble prendre des tons plus conventionnels (pourtant, rien n’est moins sur), que de nouveaux protagonistes font leurs apparitions et que les énigmes se… complexifient a notre grand dam (au départ), mais c’est surtout là que l’on commence à se rendre compte où Robert Holdstock veut en venir et que la lecture (apparemment) apparaît comme étant plus simple. Pourtant, nous n’en sommes pas au bout de nos peines et tout en suivant les pérégrinations de Tallis et de Scathach (le jeune guerrier qu’elle vue en vision étant jeune) au sein de la forêt de Ryhope, approchant de plus en plus de son cœur, le fameux Lavondyss, la première forêt, celle qui arriva après l’âge glaciaire, le lecteur devra prendre en compte chaque détail, chaque élément voir même le moindre protagoniste (qui peut apparaître sous un trait, disparaître, puis réapparaitre par la suite sous une autre apparence) ou une simple parole car chaque paragraphe, aussi court soit-il, contient une information importante pour la suite du récit. Le détail peut s'imbriquer dans les rouages de l'énigme aussi bien dans le paragraphe qui suit que bien plus tard dans le récit. Car disons le : Lavondyss est avant tout un immense puzzle, d’une complexité rarement atteinte et qui ne trouve son dénouement et l’intégralité de la révélation de ses mystères que dans les toutes dernières pages et c’est a ce moment là, que la valeur de ce roman prend toute sa saveur, lorsque, admiratif devant le travail accompli par Robert Holdstock sur cette œuvre, le lecteur ne peut que s’incliner devant ce qu’il faut bien nommer une pure réussite.

Lavondyss n’est donc pas le genre de roman qui plaira a tout le monde, cela, je ne peux le nier, d’ailleurs, ce n’est que vers la toute fin, en découvrant les conséquences de l’imbrication de toutes les pièces du puzzle, lorsque je me suis rendu compte a quel point tout était murement penser, réfléchis, qu’un détail a telle page occasionnait quelque chose vers la fin mais aussi, et surtout, au début, en découvrant la réelle portée et valeur de cette œuvre que mon opinion, jusque là dubitative c’est faite et que j’ai put m’apercevoir a quel point Lavondyss était une véritable réussite. L'imagination de l'auteur est extraordinaire, parfois déroutante, parfois sanglante, parfois brumeuse, parfois délirante, parfois effrayante et certes, rarement rassurante, mais elle nous donne au final un récit extraordinaire, tout bonnement. Certes, c’est complexe, certes, on est parfois perdu, mais si l’on s’accroche, si l’on prend la peine d’aller jusqu’au bout et si – il faut bien l’avouer – l’on n’est pas un indécrottable allergique aux récits à la fois allégoriques et féeriques, si l’on accepte de quitter le train train quotidien de la Fantasy commerciale, alors, Lavondyss pourra vous plaire, indéniablement. Ce qui est amusant, c’est qu’en reprenant des éléments déjà vus dans le premier tome mais en les traitant sous une forme complètement différente, Robert Holdstock nous offre une première partie de cycle tout bonnement exceptionnelle, qui revisite totalement nos légendes, poussant celles-ci jusqu'à leurs retranchements et émerveillant, au passage, le lecteur devant une aussi incontestable réussite.

2 commentaires:

Tigger Lilly a dit…

Les 4 sont dans ma pile à lire. J'aurai le courage, un jour, de m'y mettre.

Feanor a dit…

Il m'aura fallut le temps également, mais là, je suis aux anges; ce cycle est tout bonnement sublime !

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...