dimanche 31 juillet 2011

ARAWN : LA BATAILLE DE CAD GODDUN


ARAWN : LA BATAILLE DE CAD GODDUN

Monstre. Démon. Abomination. Les hommes imaginent que je suis le diable. Mais que savent-ils du Roi des enfers ? Que savent-ils du Bien et du Mal ? Les hommes... Des petites créatures fragiles qui vivent dans la crainte. Des êtres stupides, aveugles et bornés. Les hommes sont des ignorants... Je me nomme Arawn. Je suis le seigneur de la Terre Brûlée. Le Roi des enfers. Le souverain des morts. Les humains me Redoutent. Ils ont Raison. J'ignore la pitié. Je méprise la faiblesse. Je suis le Dieu de la colère. Le Dieu Vengeur... Je retrouvai Math sur la plaine de Cad Goddun. L'issue de la bataille ne faisait aucun doute. La victoire serait mienne. Et elle promettait d'être écrasante. Nous étions sur mes terres. Nous étions plus forts, plus nombreux. Et j'avais avec moi le chaudron de sang...Mais les dieux sont joueurs...

Déjà le troisième tome de la superbe saga de Dark Fantasy matinée de sauce celtique du plus bel effet, j’ai nommé, bien évidement, Arawn, le fameux récit par lui-même de la jeunesse du Roi des enfers, du souverain des morts, de ce Dieu de colère qu’est Arawn, de sa naissance suite au viol de sa mère, de son enfance avec les loups, de la conquête de son royaume, de son amour et, bien évidement, de l’accomplissement de son destin, c'est-à-dire, se battre a mort contre ses trois frères comme une vieille prophétie l’avait annoncée. Bien évidement, les habitués de ce blog auront put constater, en lisant les critiques des deux premiers volumes de la saga, que j’ai été plus qu’enchanter par celle-ci, qu’a mes yeux, en plus d’être une fort bonne surprise, elle mérite amplement le détour et est presque ce qui se fait de mieux, actuellement, dans le genre. Alors, La bataille de Cad Goddun, troisième tome d’Arawn est –il a la hauteur de ses prédécesseurs ? Excellente question a laquelle je vais vous répondre tout de suite.

Tout d’abord, un petit mot puisque je ne l’avais pas encore fait, sur les couvertures de la série. En toute sincérité, celles-ci sont superbes. Bien évidement, une couverture réussie ne signifie nullement que le contenu soit à la hauteur de celle-ci mais dans le cas qui nous préoccupe ici, c’est bel et bien le cas. Mais si des bonnes couvertures, il en existe des tas (ce qui n’est pas pour me déplaire), je me dois d’avouer que celles d’Arawn sont d’un très bon niveau, sans aucun doute supérieur a la moyenne ; en particulier la première – où l’on admirait le fameux héros de cette histoire, notre Seigneur des ténèbres assis sur son trône – et celle de ce tome trois, où, c’est autour du prétendu élu (mais accessoirement, sacré psychopathe), Math, d’être mis en valeur, arborant fièrement sa double hache magique (celle qui tue dès le premier coup porté, la classe quoi) au sein d’un décors fait de feu et d’éclairs du plus bel effet. Quant a la deuxième, celle où Siamh est mise en valeur avec un homme-loup derrière elle, tout en étant d’excellente facture, je la trouve moins belle que les deux autres… choix des couleurs ou peut être tout bonnement que celles-ci sont tout bonnement superbes. Mais ayant parlé des couvertures des trois premiers tomes, il est temps de plonger au fond du problème, c'est-à-dire, ce fameux troisième volume.

Nous avions laissé nos protagonistes a l’issu du tome précédant, prêts a s’affronter, avec, d’un coté, ceux que j’appellerais les jumeaux « bénis », accompagnés de leurs mère, et dits ainsi car leurs père était un héros, mort traitreusement assassiné dans son sommeil et qui, de part leur apparence – ah, de grands blonds aux yeux bleus – et leurs pouvoirs (la hache du soleil, le bâton de druide etc.) font, comment dire, nobles, tandis que de l’autre coté, le reste de la fratrie, les jumeaux « maudits », dont, parmi eux, Arawn, plus sombres, plus mesquins de part leurs pouvoirs (forcement, l’autre avec sa cape d’invisibilité qui en plus combat de loin avec un arc et des flèches, ca fait tout de suite moins héroïque que l’autre taré avec sa hache, quant a Arawn avec son espèce de Stormbringer local, forcement, difficile de faire plus antihéros) et dont le père n’était qu’un traitre et un meurtrier de la pire espèce. Et si cet antagonisme est ma fois fort bien trouver (même si, je sais, pas forcement original), les choses ne sont pas aussi simples que l’on pourrait le penser de prime abord puisque, finalement, qui provoque cette guerre entre les quatre frères si ce n’est ceux qui sont présentés comme étant les jumeaux « bénis », et surtout, le fameux élus (du moins, sa mère le vois ainsi) mais sacré dérangé au demeurant, le terrible Math !? Bref, les choses ne sont pas aussi simples que l’on pourrait le penser de prime abord, les motivations de chacun des frères, ainsi que celle de la mère de ce jolie monde, sont multiples, mais ce qui est certain, c’est que tout cela aboutie a une bataille tout bonnement monumentale qui occupe quasiment les trois quarts de ce troisième tome. Divisée en deux parties, celle-ci débute donc par un affrontement homérique entre les camps en présence, avec son lot de morts et d’actes de bravoure, de sang et de retournements de situations et s’achève ensuite pas un sublime face à face entre les quatre frères, d’une intensité phycologique rarement atteinte où ils ne font que discuter entre eux mais, où la violence des paroles et les conséquences de celles-ci sont infiniment plus terribles que le jeu des armes. Et tout cela finit mal, très mal pour Arawn, mais je ne vous en dirais pas plus histoire de ne pas trop gâcher l’effet de surprise ; disons juste que les dernières pages, qui se déroulent quelques années plus tard, entre décadence, accablement et tristesse, sont fort bien rendues et annoncent des lendemains terribles, surtout qu’au fil de cet album, on n’en apprend un peu plus sur l’un des protagonistes du premier tome.

Forcement, que dire au sujet de cette Bataille de Cad Goddun si ce n’est que celle-ci est dans la ligne droite de ses prédécesseurs, bref, que jusqu'à maintenant, cette série réalise tout bonnement un sans faute. Ronan Le Breton et Sébastien Grenier sont égaux a eux-mêmes, tant d’un point de vue scénaristique que graphique, l’intrigue est tout bonnement superbe, les dessins (enfin, les peintures) sublimes, mais tout cela, je vous l’ai déjà dit. Arawn est donc une excellente série, certes d’une violence extrême (et pas forcement uniquement physique) mais qui, entre son univers et surtout, la relation entre ses personnages principaux, est bien plus complexe que l’on pourrait le croire de prime abord. Quoi qu’il en soit, autour du quatrième tome désormais, qui, pour la petite histoire, est sortie récemment…

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