mercredi 27 juillet 2011

ARAWN : BRAN LE MAUDIT


ARAWN : BRAN LE MAUDIT

Monstre. Démon. Abomination. Les hommes imaginent que je suis le diable. Mais que savent-ils du Roi des enfers ? Que savent-ils du Bien et du Mal ? Les hommes... Des petites créatures fragiles qui vivent dans la crainte. Des êtres stupides, aveugles et bornés. Les hommes sont des ignorants... Je me nomme Arawn. Je suis le seigneur de la Terre Brûlée. Le Roi des enfers. Le souverain des morts. Les humains me Redoutent. Ils ont Raison. J'ignore la pitié. Je méprise la faiblesse. Je suis le Dieu de la colère. Le Dieu Vengeur...

Avant de rentrer dans le vif du sujet, c'est-à-dire, la critique a proprement parler de ce premier tome de Arawn, intitulé Bran le maudit (déjà le titre, sans être original, est tout un programme), je tenais à vous raconter une petite histoire vis-à-vis de celui-ci. La semaine dernière, alors que je déambulais tranquillement à la FNAC des Halles, à Paris, je suis tombé complètement par hasard sur cette BD, présentée en tête de gondole. Forcement, n’en ayant jamais entendu parler, je me suis dit que cela devait être le premier tome d’une toute nouvelle saga. L’ayant feuilleter, j’ai tout de suite été fortement intéressé par son univers celtique, la beauté des dessins ainsi que le fait que le protagoniste principal soit tout bonnement, je cite, le Seigneur des ténèbres (du moins, il était présenté ainsi). Forcement, comme le meilleur moyen de résister à la tentation est d’y céder, je me suis dit que j’allais me le procurer, ce que je fis ce lundi. Entretemps, j’étais un peu dubitatif vis-à-vis de cette bande dessinée. Ayant passé le week-end à essayer d’en savoir plus a son sujet, j’avoue ne rien avoir trouvé a me mettre sous la dent (forcement, quant on oublie le titre, cela devient compliquer) parmi les diverses nouveautés de ces derniers mois. Je me suis également tapé l’intégralité du catalogue en ligne de Soleil, la maison d’édition et le résultat fut le même : rien. Une fois la BD en main, et surtout, le titre de celle-ci connu, je me rendis compte de ma méprise : certes, Bran le maudit était le premier tome d’une saga, mais celle-ci en était déjà au quatrième tome ! Immédiatement, la déception fut au rendez vous ; engluée dans la lecture de maintes BD en attente, de je ne sais combien de séries en cours ou prévues, je n’étais pas très chaud pour l’achat d’une série de quatre tomes dans les semaines à venir (car bon, quand je commence, j’aime aller au bout des choses) et j’ai donc regretté mon achat, me disant que, décidément, il faudrait qu’un jour, je fasse attention a mes achats compulsifs. Mais ces regrets ne durèrent pas bien longtemps, en fait, ceux-ci ont littéralement volé en éclats dès hier soir, suite a la lecture de ce fameux Bran le maudit qui m’a, et je pèse mes mots, tout bonnement époustouflé !

J’avoue qu’a la base, je m’attendais a une BD certes sympathique en soit, qui allait me faire passer un agréable moment mais j’étais loin, très loin du compte. Ce premier tome d’Arawn est tout bonnement excellent et fut, forcement, une fort agréable surprise à mes yeux, surtout suite a mes atermoiements et mes interrogations à son sujet. Tout d’abord, de part son univers, je ne pouvais qu’être conquis ; après, pendant des décennies, avoir été un parfait néophyte de ce qui avait trait a l’univers celtique (en gros, celui-ci ne m’intéressais guère), ces dernières années, j’ai petit a petit appris a le connaître et a l’apprécier a sa juste valeur, et ce, en particulier grâce a d’autres bandes dessinées – je pense a Keltos et Korrigans – mais aussi et surtout, grâce aux romans de Robert Holdstock, que je lis actuellement, comme Le Codex Merlin et, bien évidement, La forêt des Mythagos. Forcement, étant plongée dans cette ambiance celte, une œuvre typique de cet univers ne pouvait que me plaire. Bien évidement, encore fallait-il que la qualité soit au rendez vous, ce qui fut bien évidement le cas.

Car l’histoire d’Arawn commence de la plus belle des manières et tous les ingrédients d’une grande épopée y sont réunis dès ce premier tome : entre un héros maudit comme je les aime (oui, je l’avoue, je ne me lasse pas des personnages tourmentés… qui a dit Elric ?), une contrée peuplée de monstres terrifiants et typiques de cet univers celte, les prémices d’une romance tragique, une histoire de destinée entre quatre frères, qui forcement, ne pourra pas bien se finir (la aussi, j’aime particulièrement ces récits où, malgré tous leurs efforts, les héros ne peuvent aller a l’encontre de leur destin, aussi cruel soit-il) mais aussi et surtout, ne l’oublions pas, des personnages hauts en couleurs et assez charismatiques, ce premier tome de Arawn avait tout pour me plaire. Bien évidement, l’on pourra me rétorquer que tout cela n’est pas forcement original, que des héros tourmentés, on est habitué a force tellement ils sont nombreux, mais bon, la grande force d’un scénariste, selon moi, ce n’est pas uniquement de réaliser une œuvre originale en tout points mais également, chose ardue en soit, de réussir la gageure d’intéresser le lecteur avec un matériel de base archi connue et de renouveler, voir de sublimer celui-ci, chose qui, bien évidement, est parfaitement réussie par le sieur Le Breton. Quant aux dessins, je ne peux que m’incliner devant le travail de Sébastien Grenier ; personnellement, j’apprécie énormément de dessinateurs et de styles différents, mais là, chapeau bas pour ce premier tome : en toute sincérité, chaque page m’a donner l’impression de contempler de véritables tableaux dépeignant un monde rude, sauvage, mais également féerique. Que ce soit les premières pages, dans l’antre infernal du sombre Arawn qui donnent froid dans le dos, celles qui suivent, ces contrées enneigée où se déroule le combat entre la guerrière et le géant et, plus particulièrement, la scène de la foret, où l’un des fils rencontre le Seigneur des lieux (quel magnifique Cerf a demi-humain, celui-ci justifia a lui seul l’achat de cette BD) et qui, de part ses couleurs et son ambiance restera comme le grand moment, selon moi, de ce premier tome, Sébastien Grenier réalise là un presque sans faute, ce qui est notable.

Bran le maudit est tout bonnement un excellent premier tome pour une saga qui promet énormément. Bien évidement, celle-ci n’est plus toute récente et je peux me tromper quant a sa suite, déjà sortie, mais bon, quoi qu’il en soit, des séries qui débutent aussi bien, j’aimerais en découvrir plus souvent, et accessoirement, cela me change de pas mal de déceptions passées. Ainsi donc, pour moi, Arawn débute sous les meilleurs auspices, que ce soit de part sa qualité scénaristique, ses protagonistes, son ambiance qui ravira les amateurs de légendes celtes (et oui, Arawn est une figure légendaire et pas uniquement un personnage de BD) mais aussi, ne l’oublions pas, la qualité graphique de celui-ci. Bref, encore une énième série où je me lance, enthousiaste, mais personnellement, celle-ci, je ne la regrette absolument pas. J’espère juste que la suite sera à la hauteur ?

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