samedi 4 juin 2011

REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE : BAIN DE SANG


REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE : BAIN DE SANG

A sa mort, Heinrich pensait trouver la paix, et non le chaos de Résurrection, un monde où les terres et le temps sont inversés, et où il découvre qu'il est un vampire. Adoubé chevalier sous le nom de Requiem, il est plongé dans un conflit cosmique entre dieux des étranges, et dont il est peut-être la clé. Las de la joute plus verbale que physique engagée entre sire Cryptus et maître Tengu, Requiem et Dragon décident de faire connaissance. Dans la tour sombre, Mitra et ses sbires ont investi les lieux. L'une est assoiffée de vengeance sur Dame Holodoror, les autres ne sont intéressées que par le trésor de Dracula. Voyant la situation échapper aux responsables de la tour, la Comtesse Elizabeth Bathory décide de prendre les choses en main. Pendant ce temps la Dystopie décide de réveiller le roi Neshrut pour vaincre Dracula, tandis que les combats opposants la flotte du Comte à l'armée dystopienne commencent...

Chaque nouveau tome de cette exceptionnelle saga qu’est Requiem Chevalier Vampire est attendue par moi presque comme le messie ; ainsi, plus d’un an après le neuvième volume de la série de Pat Mills et Olivier Ledroit, sortie pour rappel en mars 2010, voici enfin, oui, enfin car je n’en pouvais plus, le dixième tome de ce qui est a mes yeux ma bande dessinée préférée, du moins, des séries en cours de parution. Alors oui, je le trouve fort long ce temps entre chaque volume, oui, ce n’est pas toujours évidant et il faut savoir s’armer de patience, mais au final, reconnaissons tout de même que le résultat est a chaque fois a la hauteur de mes espérances, et rien que pour cela, cela valait amplement le coup d’attendre. Et puis après tout, il faut savoir ce que l’on veut dans le petit monde de la bande dessinée : soit l’on a un an, un an et demi d’attente entre chaque volume avec, au final, un excellent résultat, soit on peut avoir un rythme de parution bien plus rapide – en gros, tous les trois mois – comme, par exemple, ce qui est le cas de L’Histoire secrète, et, finalement, un résultat bien souvent décevant. Bien évidement, dans l’absolu, j’aimerais qu’il y ait un juste milieu, que l’on puisse, tout en gardant la même qualité, avoir un rythme de parution plus rapide pour Requiem, mais bon, comme ce n’est pas possible, et que, justement, la qualité de cette œuvre repose également sur le temps qu’il faut a Olivier Ledroit pour en tirer toute la quintessence de son talent, que les choses restent ainsi, c’est finalement préférable.

Mais alors, nous voila donc a ce fameux dixième tome – un cap est franchis – de la saga vampirique de Mills et Ledroit, dont le titre, Bain de sang, annonce la couleur d’emblée de jeu. Pour rappel, a l’issu du volume précédant (que bien évidement, je me suis empresser judicieusement de relire histoire de me remettre dans le bain), La citée des pirates, nous avions laissés notre sympathique Requiem aux prises avec un tout nouveau adversaire, un certain Dragon, samouraï vampire de son état et, accessoirement, renégat a sa race puisqu’il participait a l’attaque de la citée vampirique avec le reste de la flotte pirate de Dame Mitra. Un tome déjà excellent en soit même si j’avais un peu titillé le fait que de nouvelles têtes fassent leur apparition, et ce, au détriment de protagonistes plus anciens que l’on ne voyait guère du coup. Ce défaut, minime mais que je ne peux cacher, ne s’est pas améliorer puisque dans Bain de sang, c’est reparti de plus belle, pas forcement pour ce qui est des nouveaux personnages – quoique, il y a bien le Roi de la Dystopie, le spectaculaire, par l’apparence, Neshrut, qui a un petit coté Roi Arthur, mais sans morale – mais pour ce qui est du sort de certains comme, par exemple, Rebecca (mais où était-elle ?), Sabre (certes, il était occupé au lit mais tout de même) voir même Bénédiction (une ou deux cases, ca fait peu). De même, cette habitude de créer régulièrement de nouveaux protagonistes peu se justifier si ceux-ci trouvent la place qu’ils méritent, or, quand on voit ce qui arrive a Dame Holodoror (pour la petite histoire, mon image que vous pouvez voir sur mon blog, c’est elle) qui était tout juste apparue dans le tome neuf, il y a de quoi se poser quelques questions. Mais bon, ce défaut, car il en est un, ne remet absolument pas en cause la qualité intrinsèque de ce tome, bien évidement, et plus généralement, d’une œuvre tout bonnement excellente depuis ses débuts et qui, chose rare, n’a jamais connu d’albums décevants jusqu'à maintenant. Car ce Bain de sang, dixième volume de Requiem Chevalier Vampire, est bien évidement un superbe album, qui porte en lui toutes les qualités de la série – que ce soit cet humour ravageur, même dans les situations les plus absurdes et dramatiques, cette violence exacerbée, cette sensualité de pas mal de personnages féminins, tout bonnement sublimes, cette perversité ambiante, ces valeurs d’un monde, Résurrection, que je qualifierai de fascinant, même si, je l’admet, cette BD n’est pas a mettre entre toutes les mains – tant d’un point de vue scénaristique, bien entendu – et la, louons grandement un Pat Mills qui s’en donne a cœur joie – que des dessins, avec un Ledroit au sommet de son art, tout bonnement. Les habitués de ce blog l’auront probablement remarqué, depuis quelques semaines, je me suis enfin lancé dans une autre œuvre culte, Les Chroniques de la Lune noire, et sincèrement, comment ne pas voir la différence de niveau – après tout, compréhensible, entre le Ledroit des débuts, et celui de Requiem. Alors bien sur, tout n’est pas parfait : on a bien souvent l’impression que celui-ci ne sait faire que deux ou trois visages, et certaines cases sont parfois un peu brouillonnes, mais cela reste une affaire de style et sincèrement, c’est tout de même une sacrée claque visuelle que ce que nous a encore fait le sieur Ledroit sur ce dixième tome de Requiem !

Bien évidement, vous l’avez compris, j’ai été entièrement conquis par ce Bain de sang ; entre une intrigue qui part dans tous les sens avec cette somptueuse attaque de la forteresse vampirique par les pirates, le duel – plus comique qu’autre chose – entre Requiem et le Samouraï (dont, au passage, on apprend comme il est de coutume dans chaque album, le passé de celui ci sur Terre juste avant qu’il ne meure), le combat impressionnant entre une Dame Mitra enfin active et la somptueuse et cruelle épouse de Dracula, la Comtesse Elizabeth Bathory qui dévoile, en plus de ses charmes, ses impressionnants pouvoirs (ouh, la scène où elle manie la hache marquera les mémoires), voir même, a un moindre degré, les pirates metaleux qui utilisent du hard (la musique, par les films bande de petits pervers) pour vaincre leurs adversaires, force est de constater que ce dixième tome fourmille de moments forts et spectaculaires qui font de ce Bain de sang un album excellentissime ; mais quelque part, on commence a avoir l’habitude avec cette série.

Pour la petite histoire, les éditions Nickel, pour marquer le coup lors de la sortie de ce dixième tome de Requiem, l’on sortit sous trois versions différentes, la première – celle que j’ai – avec la somptueuse Comtesse Elizabeth Bathory, les deux autres avec Rebecca (sympa, elle n’apparaît même pas) et Dame Holodoror. Bien évidement, cela plaira surtout aux collectionneurs en herbe, personnellement, cela sera sans moi : j’ai beau être un amoureux de la série, je n’en suis pas encore a acheter trois fois la même BD sous prétexte qu’il existe trois couvertures différentes. Quoi qu’il en soit, il va falloir désormais s’armer de patience et attendre 2012 (au moins) pour la sortie du onzième album de la série. Ah, que le temps va me sembler long…

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