dimanche 26 juin 2011

LES INVITÉS DE MON PÈRE


LES INVITÉS DE MON PÈRE

Lucien Paumelle a toujours eu des convictions fortes. Médecin retraité, il reste un homme d'action, réputé pour son implication dans de nombreuses causes humanitaires. Son engagement le conduit jusqu'au mariage blanc avec une jeune femme moldave, Tatiana, pour lui éviter l'expulsion. Mais ses enfants, Babette et Arnaud, s'aperçoivent rapidement que le comportement de leur père n'a plus grand-chose à voir avec les principes qu'il a toujours prônés : malgré ses 80 ans, Lucien aurait-il succombé au charme de sa flamboyante épouse ? Tandis que Tatiana et sa fille prennent leurs marques chez les Paumelle, le chaos s'installe dans le quotidien de Babette et Arnaud. Bientôt, ce sont toutes les relations familiales qui sont à redéfinir...

Avant tout autre chose, je ne peux nier le fait que je n’étais pas franchement enthousiaste à l’idée de regarder ce film ; après tout, celui-ci possédait en lui tout un tas d’éléments qui ne jouaient pas vraiment en sa faveur : milieu bourgeois parisien, crises existentielles, conflit(s) de famille, Fabrice Luchini. Bref, en gros, tout ce que je déteste dans le cinéma français, surtout le sieur Fabrice Luchini, probablement l’un des acteurs pour lequel j’éprouve le moins de sympathie – avec les tristes sirs, parmi les plus connus même si dans un tout autre genre, que sont Stallone, Bruce Willis ou Robin Williams, mais aussi, du coté du septième art franchouillard, les sieurs Christian Clavier et Samy Nacery – pour couronner le tout. Ainsi donc, ce fut presque à reculons que je me suis installé pour ce que je craignais être une soirée fort peu engageante.

Et puis, finalement, les premières minutes ont réussi à me surprendre positivement, j’entends bien : dans cette famille bobo où le père, Michel Aumont, est porté aux nues pour l’ensemble de sa carrière et de ses nombreux combats sociaux par sa fille, Karin Viard, tandis que le fils, en quelque sorte le mouton noir de la famille – puisque lui, il aime l’argent et ne s’en caches pas - Fabrice Luchini ne le porte pas forcement dans son cœur, les grandes idées de gauche, la solidarité envers les sans papiers, les miséreux volent littéralement en éclat lorsque la famille de ce bon vieux patriarche charismatique de près de 80 ans accueille chez lui une jeune femme slave avec sa fille ; qui plus est, non seulement celles-ci vont vivre dans la demeure familiale, mais en plus, le frère et la sœur, ainsi que leurs compagnons et compagne respectif, découvrent avec stupeur que le vieux médecin retraité a épousé – soit disant afin de faciliter l’obtention des papiers de séjours – la sulfureuse Tatiana. Et là, forcement, c’est le début des problèmes comme il fallait s’y attendre et ce fut un véritable plaisir que de voir la pauvre Karine Viard voir sa vieille icône de père tandis que celui-ci s’écroulait, a vitesse grand V, de son piédestal, le tout sous le regard, d’abord hilare, d’un Luchini curieusement d’une sobriété bienvenue – qui m’aura fait passer pour un médisant de première – dans son jeu mais qui, lui aussi, finira par s’inquiéter par la tournure des événements qui, vous vous en doutez, vont aller de mal en pis.

En toute sincérité, sans être un film franchement exceptionnel, Les invités de mon père est une bonne satyre sociale de ce milieu bobo parisien tellement pétris de grandes idées, de solidarité envers les plus démunis mais non exempt d’énormes défauts ; car dans ce film, des défauts, tout le monde en a : que ce soit Michel Aumont, ce grand défenseur des causes humanitaires qui, pour satisfaire ses désirs sexuels, est beaucoup moins noble qu’il n’y parait, cette même Tatiana, stéréotype type – même un peu trop selon moi – de la femme slave prête a tout pour l’obtention de ses papiers mais aussi du compte en banque de son vieux mari, voir même la pauvre Karine Viard qui, déboussolée par les événements, part littéralement en vrille mais aussi, avoue qu’elle aussi ne fut pas toujours aussi exemplaire qu’on pouvait le penser. Et finalement, quelque part, le plus noble dans cette affaire est finalement le personnage jouer par Fabrice Luchini : certes il aime l’argent, la réussite, mais il ne s’en cache nullement, ce qui n’est pas forcement le cas de tout le monde dans cette famille. Quant a l’élément final, que je ne dévoilerais pas ici pour ne pas gâcher l’effet de surprise, qui a tellement choquer certains et certaines, s’il a put leur paraître a ce point horrible, je trouve personnellement qu’il colle parfaitement avec le reste du film et qu’il en est, surtout quand on voit la psychologie des personnages et la tournure des événements, une conclusion plus que logique.

Les invités de mon père est donc un film assez sympathique, assez plaisant dans sa première partie, souvent hilarante et juste, et qui, selon moi, manque un peu de souffle vers la fin – mais vu que j’étais particulièrement fatiguer lorsque je l’ai vu, peut être que cela a jouer sur mon avis ? – de plus, la réalisatrice Anne Le Ny (que je ne connaissais pas) a sut particulièrement reconstruite avec justesse ce fameux microcosme d’une famille bobo typique, qui donne une image certaine image extérieure mais qui n’en est pas moins exempt de défauts assez rébarbatifs. Bien évidement, tout cela est loin d’être franchement original et d’ailleurs, je pense que ce film mérite plus d’être vu comme ca, a la télévision, qu’au cinéma (parce que bon, une place de ciné, c’est cher tout de même) ; enfin bon, quoi qu’il en soit, a défaut d’être le film de l’année, Les invités de mon père, pour peu que l’on ne soit pas entièrement allergiques au cinéma français, pourra éventuellement vous faire passer une agréable soirée. Et comme en plus, Fabrice Luchini est pour une fois assez sobre, rien que ce simple fait mérite presque que l’on s’attarde sur ce film.

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