dimanche 12 juin 2011

LE CODEX DE MERLIN : LE GRAAL DE FER


LE CODEX DE MERLIN : LE GRAAL DE FER

Merlin est de retour à Alba - l'Angleterre -, où il est accueilli par de nouvelles menaces. La forteresse de Taurovinda a été prise par les troupes du Pays Fantôme. Urtha, Haut roi des Cornovides, est bien décidé à reconquérir sa place forte. La guerre contre le Pays Fantôme semble inévitable. Merlin est hanté par la certitude que Jason, s'il a survécu à sa blessure, reviendra à Alba pour y chercher son second fils, Kinos, caché par Médée. Mais qui peut dire quel rôle jouera Médée dans ces différentes quêtes qui, toutes, impliquent Merlin, son amour de jeunesse ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois vous faire une confidence au sujet de ce deuxième tome du Codex de Merlin ; il y a quelques années, encore tout enthousiasmer par son prédécesseur, Celtika, qui voyait le plus qu’utilisé Merlin (oui, celui des légendes arthuriennes) partir en vadrouille en pleine antiquité aux cotés d’un certain Jason (oui, celui des argonautes), je m’étais donc lancer dans sa suite, ce fameux Graal de fer et puis, comment dire, la déception avait été grande. Bien évidement, celui-ci n’était pas mauvais en soit, bien évidement, la lecture était toujours aussi agréable – et sur ce point, je pense ne pas me tromper en affirmant que le monde du merveilleux a énormément perdu avec le décès prématuré de Robert Holdstock – sauf que, malgré cela, le contenu de ce deuxième tome m’avait moins emballé. Etais ce en raison du fait, indéniable, que Jason et bien des protagonistes de Celtika avaient un rôle bien moins important, étais ce en raison que le juste milieu, trouvé par l’auteur dans le premier tome, entre univers celtique et grec (sans oublier le début qui lorgnait du coté des légendes finnoises) était cette fois ci aux abonnés absents, le coté celtique ayant définitivement pris le pas sur tout le reste, étais-ce aussi pour un final, que j’aurais souhaiter plus long, un peu de tout cela a la fois, sans nul doute. Ainsi, ce fut avec un sentiment de déception, réel malheureusement, que j’avais donc abandonner (en attendant de me plonger dans le troisième et dernier volume, Les royaumes brisées, que, pour la petite histoire, je ne découvre que maintenant) l’univers de Robert Holdstock, son Merlin dix fois millénaire, son Jason aux antipodes de celui de la légende, bien plus sombre, bien plus ambigu, quelque part, bien plus intéressant, et tout cet univers, pourtant passionnant au possible.

Vous comprendrez donc pourquoi, après tant d’années et surtout, après avoir relu Celtika, je n’étais pas très chaud avant de m’attaquer de nouveau au Graal de fer. D’ailleurs, je dois avouer que je n’attendais pas grand-chose de celui-ci ; oh, bien sur, je savais que cela restait tout de même un bon roman, sans nul doute, mais quoi qu’il en soit, inférieur de part mes goûts personnels, au premier tome. Or, et ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, cette fois ci, suite a cette deuxième lecture du Graal de fer, mon sentiment a son sujet a complètement changé ; certes, pas au point de dépasser son prédécesseur dans la saga, mais mon opinion finale, autant que le plaisir et l’intérêt lors de la lecture de celui-ci a été, cette fois ci, complètement bouleversé. Comme quoi, si parfois, certains romans qui nous avaient emballés lors d’une première lecture s’avèrent finalement plus conventionnels et moins intéressants en soit par la suite, le contraire est aussi vrai, ce qui m’amène a dire qu’il faut toujours – sauf dans les cas les plus désespérés – donner une seconde chance aux œuvres, quelles qu’elles soient. Et force est de constater, que même s’il m’a fallut plusieurs années pour changer d’avis au sujet du Graal de fer, ce roman le méritait amplement.

Bien évidement, ce deuxième volume du Codex de Merlin possédait à la base quelques atouts non négligeables ; que ce soit son intrigue, toujours aussi bonne, ses protagonistes, anciens comme nouveaux, l’écriture, forcement, de Robert Holdstock, toujours détaillée, passionnante, mais aussi l’érudition de celui-ci, qui est tout bonnement phénoménale : l’on voit tout de suite que le bonhomme connaissait très bien son sujet et tout au long du récit, quel plaisir d’en apprendre autant sur cet univers celtique finalement peu connu du grand public. Et l’on touche la l’un des nœuds du problème du Graal de fer : bien évidement, tout le monde connaît les celtes, tout le monde a déjà entendu de la musique celtique – et même en être fan – mais le peuple celtique en tant que tel, ses coutumes, sa façon de vivre, de penser, ses légendes, ses Dieux, quid de tout cela ? Très peu ou presque. D’ailleurs, je ne m’en cache pas le moins du monde, même si je suis un féru d’histoire, même si j’adore les légendes, qu’est ce que je connais mal le monde celtique dans son ensemble, un peu comme si – comme tant d’autres – j’en étais resté a la vision toute romaine de ces peuples, des barbares. Du coup, c’est peut être cela qui m’avait le plus déplut lors de ma première lecture : dans Celtika, comme je vous l’ai dit précédemment, l’univers grec était encore très présent et comme je suis un féru et connaisseur des mythes et du monde grec mais aussi, comme le fait de lier Merlin a Jason m’avait enthousiasmer au possible, j’avais immédiatement accrocher au récit, prenant les a cotés celtes, pourtant très présents, comme la cerise sur le gâteau, avec son coté que je qualifierait d’exotique, mais aussi, comme un moyen d’en apprendre plus sur un sujet méconnus a mes yeux. Or, bien évidement, dans Le graal de fer, Jason – et avec lui l’univers grec – est beaucoup moins présent, voir absent, et, du coup, pénétrer aussi profondément dans ce monde celtique, avec ses légendes et ses coutumes, m’avait moins intéressé, d’où, probablement, une déception vis-à-vis de ce tome que je ne pouvais m’empêcher de comparer a son prédécesseur.

Mais, comme je vous l’ai dit, mon opinion a considérablement évoluée lors de cette seconde lecture et c’est donc en toute sincérité que je peux affirmer, sans exagérer, que Le graal de fer est un très bon roman. Et pour cela, sans nul doute, il aura fallut que je sache prendre mon temps, que je puisse apprécier chaque page, chaque paragraphe, chaque ligne de ce que nous a écrit Robert Holdstock, de s’imprégner d’un récit toujours aussi bien écrit, et, accessoirement, passionnant que son prédécesseur. Certes, cette fois ci, s’en est finis de la longue quête d’Argo qui mena nos protagonistes des terres finlandaises jusqu'à la Grèce en passant par Alba (la Grande Bretagne), le Danube etc. puisque la quasi intégralité du récit se déroule sur les terres du Roi Urtha, que nous avions laissé en fort mauvaise posture (comme d’autres protagonistes par ailleurs) a la fin de Celtika. Mais aussi, le surnaturel est cette fois ci beaucoup plus présent dans Le graal de fer, et c’est un formidable voyage dans les légendes celtes que nous offre l’auteur : entre cet étrange pays de l’ombre des héros, où se meuvent les morts et ceux a naître (et parmi lesquels se trouve un certain Pendragon), ces dieux méconnus, ces coutumes étranges, Robert Holdstock nous apprend beaucoup, par le biais de son récit, sur un peuple – ou plutôt sur un agglomérat de peuples – finalement méconnus, et c’est forcement un plaisir que je ne pourrais nier. Cependant, je ne vous en dirais pas plus, pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, tout au plus, je me contenterais de citer quelques moments marquants, comme la rencontre de Merlin et des Trois de sinistre présages, la prise de la forteresse de Taurovinda, la rencontre avec Médée et, bien évidement, la dernière partie – hélas trop courte selon moi – où, à bord de l’Argo, Merlin, Jason et les autres explorent d’étranges iles dans ce fameux pays de l’ombre des héros.

Indéniablement, Le graal de fer, après cette relecture, m’apparaît comme un superbe roman, une suite dans la lignée de son prédécesseur (que je continue néanmoins a préféré) bien qu’assez différent par les lieux, bien évidement, mais aussi par le rythme tandis que de nouveaux personnages prennent de l’importance. Certes, l’on pourra déplorer certains raccourcis faciles ainsi que quelques passages qui auraient mérité un autre traitement, mais dans l’ensemble, il est difficile de ne pas accrocher a cette œuvre du regretté Robert Holdstock qui nous prouve une fois de plus son indéniable talent. Et, bien évidement, ce deuxième tome vient aussi démontrer et confirmer que Le Codex de Merlin est un superbe cycle qui mérite amplement le détour de part la qualité de l’écriture, ses personnages hauts en couleurs, son subtil et réussit mélange des genres mais également pour son non conformisme qui ose sortir des sentiers battus. Dommage hélas que la plus part des gens soient justement soient bien trop conventionnels pour l’apprécier a sa juste valeur.

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