lundi 13 juin 2011

HAUTEVILLE HOUSE : EXPÉDITION VANIKORO


HAUTEVILLE HOUSE : EXPÉDITION VANIKORO

Une course contre la montre s’est engagée entre l’USS Kearsarge, à bord duquel se trouvent Gavroche et Zelda, et l’Alabama, allié au Diable de Tasmanie. Tous tentent de rejoindre au plus vite l’épave de la Boussole, qui gît à une dizaine de mètres de fond, près d’une île de l’archipel des Iles Salomon. L’occasion, enfin, de mettre la main sur la croix de La Pérouse. Mais les protagonistes vont découvrir, sous l’eau, une étrange cité sous-marine qui recèle bien des dangers.

« Parfois, et ce ne serait pas la première fois que cela m’arrive, une œuvre avec le temps, et avec une relecture ultérieure, surtout dans son ensemble, peut prendre de la valeur et monter dans mon estime. Cela sera peut être le cas pour Le Diable de Tasmanie et le second cycle d’Hauteville House en général. Personnellement, je l’espère, mais je suis très peu optimiste au jour d’aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, j’irais jusqu’au bout de cette série, mais je ne m’attends pas à des miracles. » Feanor, Mai 2010 pour Hauteville House tome 6, Le diable de Tasmanie.

Si j’ai tenus à débuter cette critique du septième tome d’Hauteville House par la conclusion de son prédécesseur, intitulé Le Diable de Tasmanie, et datant d’il y a un peu plus d’un an, c’est que, selon moi, celle-ci méritait que l’on y revienne. En effet, et comme ce fut le cas pour Le graal de fer, deuxième tome du Codex de Merlin de Robert Holdstock (voir mon article précédant), une seconde lecture vint modifier mon opinion initiale qui, comme vous pouvez le constater, était loin d’être élogieuse. Bien évidement, il faut tout de même savoir relativiser mes propos et malgré tout, ce n’est parce que j’ai changé d’avis que cela suffit de faire de ce second cycle de la série de Fred Duval et Thierry Gioux une parfaite réussite exempte de tous défauts, cela ne serait pas exact ; cependant, force est de constater que malgré ses faiblesses, que l’on ne peut nier, avec plusieurs relectures et le recul nécessaire qui va avec, j’ai plus tendance a voir les points positifs de cette série, accrochant davantage a une intrigue qui a eu du mal a démarrer selon moi, mais qui, au fil des tomes – trois désormais pour ce second cycle – commence a atteindre le niveau du premier. Ainsi, comme je le disais il y a un an, il vaut mieux ne pas s’attendre à des miracles, l’effet de surprise n’en est que plus agréable par la suite.

Tout d’abord, premier bon point a mettre a l’actif de cette Expédition Vanikoro, sa couverture ; franchement belle, avec ce sous marin digne du Nautilus qui se balade au beau milieu d’un ban de méduses géantes, celle-ci renoue de la plus somptueuse des façons avec ses devancières, toutes excellentes – et accessoirement, l’une des marques de fabrique de la série – et qui n’avait connu qu’un seul, mais regrettable faux pas, lors du tome six : personnellement, quant on voit toutes les autres et celle du Diable de Tasmanie (avec ce pauvre Fantôme de Paris dans sa barque) il n’y a pas photo. Ainsi, lorsque je l’ai découverte il y a quelques semaines, j’avais été ravi de constater qu’au moins, pour ce qui était de la couverture, la qualité était de retour. Mais, bien heureusement, le contenu n’en fut pas en reste. Tout d’abord, après m’être replonger dans la lecture du sixième tome, afin de me remémorer un petit peu l’intrigue en court (au bout d’un an, je ne me souvenais pas de tout) et de voir que finalement, celle-ci n’était pas aussi mauvaise que je l’avais pensé de prime abord, ce fut le moment de m’attaquer au plat principal, si vous me permettez l’expression, c'est-à-dire, ce fameux septième tome, Expédition Vanikoro. Et la, franchement, je dois reconnaître que ce fut un véritable régal que de retrouver Gavroche et ses compagnons dans ce que j’appellerais l’aventure avec un grand A. Ainsi, dans cet univers Steampunk qui ravira bien évidement les amateurs du genre, entre multiples hommages a Victor Hugo et surtout Jules Vernes, multiples clins d’œil ma fois assez amusants comme un certain Nadar (personnage ayant véritablement exister) qui se plait a jouer les Yann Arthus-Bertrand, ses personnages hauts en couleurs pour certains comme ce terrifiant Diable de Tasmanie et cet agréable et réussi mélange des genres qui nous fait penser a 20000 lieux sous les mers, bien évidement, ainsi qu’au mythe de Cthulhu, avec cette ancienne citée cyclopéenne engloutie et ces créatures dignes des grands anciens, le récit est tout bonnement un pur régal qui saura accrocher le lecteur, surtout que l’intrigue de ce second cycle qui jusque la, n’avançait qu’a petits pas (d’où ma perplexité jusque là) c’est enfin emballer et en est devenu passionnante.

Alors bien sur, tout n’est pas forcement parfait dans cet album et il serait faux de prétendre que ce septième tome de Hauteville Housse n’est pas exempt de défauts, mais quelque part, a bien y regarder, ce sont ceux qui sont propres a la série en elle-même : ainsi, tout en reconnaissant que le style de Thierry Gioux colle a merveille a cette série, force est de constater que je n’accroche pas toujours aux dessins, que je trouve parfois brouillons, surtout pour les personnages. De même, je ne peux que regretter que, point de vue des protagonistes, on se tape un peu les mêmes depuis les débuts et que tous n’aient pas le même traitement alors qu’ils mériteraient probablement d’être un peu plus présents ; j’ajouterais également pour conclure qu’il y a eu une ou deux situations un petit peu trop tirées par les cheveux a mon gout mais bon, quoi qu’il en soit, tout cela ne m’a pas empêcher d’apprécier dans l’ensemble cette Opération Vanikoro. Bonne intrigue qui décolle enfin, un coté mystérieux qui ne peut que me plaire – entre le mystère entourant la disparition de l’expédition de La Pérouse et le mythe de Cthulhu – et des personnages, certes pas vraiment originaux mais assez attachants font de ce septième tome de Hauteville Housse une sacrée bonne petite BD comme je les aime.

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