samedi 21 mai 2011

LES CHRONIQUES DE LA LUNE NOIRE : LA MARQUE DES DÉMONS


LES CHRONIQUES DE LA LUNE NOIRE : LA MARQUE DES DÉMONS

Face à l'oracle, Wismerhill se voit enfin révéler une part de son destin tumultueux. Alors que plane sur lui l'ombre des complots de Frater Sinister et Haazheel Thorn, il retrouve son compagnon d'armes favori, le brutal et bête Gorghor Bey, qui a miraculeusement échappé à la mort. A nouveau allié à cette force de la nature, Wismerhill va devoir affronter un péril à sa mesure, car dans les montagnes sauvages de l'empire de Lhynn rôde le mal absolu, saura-t-il résister au charme diabolique de la succube qui désire sa perte ? Ou sera-t-il à tout jamais marqué du sceau de l’infamie, celui des démons ?

Nous en sommes déjà, avec La marque des démons, au troisième tome des Chroniques de la Lune noire et en toute sincérité, je commence vraiment à me poser des questions plutôt embarrassantes vis-à-vis de cette bande dessinée. Œuvre considérée comme culte par beaucoup de ma génération – et ce, malgré le fait que les derniers albums qui concluaient la saga aient été suffisamment décriés – et assez connue parmi les amateurs d’Heroic Fantasy (européenne), ces fameuses Chroniques de la Lune noire, montées au sommet des créations du genre depuis près de deux décennies, un peu comme si cette bande dessinée était le summum du genre n’a toujours pas réussi a me convaincre au bout de trois albums. Bien évidement, les fidèles de la saga les plus assidus pourront me rétorquer qu’un cycle ne peut se juger que dans son intégralité ; a priori, je ne les contredirai pas sur ce point, cependant, je suis loin d’être un novice non plus et en plus de trois décennies, j’ai un petit peu roulez ma bosse avec moult œuvres diverses (quelque soit le média ; BD, roman, ciné, séries etc.) et je pense, a défaut d’être un spécialiste, au moins m’y connaître un minimum. Ainsi, ne serais ce que par une certaine expérience de ce que j’ai put découvrir avant ces Chroniques, c’est que, si au bout de deux ou trois albums (épisodes, tomes ou ce que vous voulez), le lecteur n’est toujours pas vraiment rentrer dans l’intrigue, n’a pas été complètement convaincu par le matériel proposé, par le fond et la forme, les personnages etc., et bien, a coup sur, la suite risque de ne pas l’enthousiasmer d’avantage. Bien entendu, cela est toujours possible, mais assez difficile tout de même. Et ce qui est sur, du moins, pour moi a l’heure où j’écris ces quelques lignes, c’est qu’au bout de trois albums, je peux parfaitement parler de déception.

Oui, je m’attendais a beaucoup mieux et oui, ces trois premiers volumes des Chroniques de la Lune noire n’ont pas vraiment été a la hauteur de ce que j’attendais de cette série que je connais depuis deux décennies, dont j’ai entendu moult louanges, mais que je n’avais jamais lu. Alors oui, probablement que j’ai un peu trop surestimé cette série avant coup ; pour sa renommée, pour ses auteurs – Froideval et Ledroit – pour ses personnages, et pour un tas d’autres choses (y compris l’absurdité d’y voir là un pré-Requiem). Sauf que, et ce, a mon grand regret, la mayonnaise n’a toujours pas pris pour le moment. Pour les deux premiers tomes, j’avais été assez complaisant, estimant que les auteurs mettaient tranquillement en place l’univers, assez complexe, les protagonistes, les intrigues etc. ; certes, tout n’était pas entièrement parfait mais au moins, malgré quelques défauts – un Ledroit a mille lieux de son travail sur Requiem, un coté Heroic Fantasy très marquer années 80 avec tout ce qui va avec, humour lourd, raccourcis faciles par exemple – j’étais tout de même assez emballer (enfin, moins que je ne l’escomptais mais tout de même) pour la suite de la saga. D’où, deux premières critiques qui, certes, n’ont pas de quoi faire sauter le néophyte au plafond mais qui au moins, pouvaient laisser présager du meilleur pour la suite. Oui, j’avais été complaisant, et d’ailleurs, je ne le regrette nullement puisque jusque là, cela pouvait se justifier. Sauf que le problème, c’est que ca commence à faire beaucoup.

Bon, avant d’aller plus loin, le plus gros point positif de ce troisième album : Olivier Ledroit. Enfin, celui-ci après deux tomes que l’on pourra qualifié de poussif a enfin fait des progrès dans ses planches. Oh, ne vous attendez pas a retrouvez le Ledroit des années 2000 (Requiem, toujours Requiem), mais tout de même, sans atteindre les sommets qui ont fait de lui l’un de mes illustrateurs préférés, force est de constater que La marque des démons voit enfin une nette amélioration dans ses planches ; accessoirement, il était temps vu qu’il ne reste que le temps de cinq albums. Mais si j’ai tenu à débuter par ce point positif, c’est qu’en fait, c’est un petit peu le seul que j’ai put trouver, et là, c’est tout de même grave de mon point de vu.

J’exagère ? A peine, voir pas du tout. Bon, déjà, tous les défauts scénaristiques que j’ai put évoquer quelques lignes plus haut sont toujours, malheureusement, présents, et là, je pense que j’ai tout de même immensément du mal avec cette Héroic Fantasy a la française, enfin, disons plus cette Heroic Fantasy issu du Jeu de Rôle, cet AD&D de nos vertes contrées, assez différent de l’original (ce qui ne signifie pas qu’il soit pire, loin de là) en particulier de part son humour un peu pipi/caca, ses blagues a deux balles qui font rire une fois mais pas deux, voir même une grossièreté qui ne se justifie pas tout le temps. En temps normal, je n’ai rien contre ce style sauf que là, cela fait tout de même trois albums que ca dure, et ce, au détriment d’une intrigue véritablement convenable. Et c’est dommage car finalement, on sent tout de même un potentiel certain avec ces complots qui se dévoilent, tous ces intriguant prêts a se trahir les uns les autres, ses vrai-fausses alliances et même, avouons le, une flopée d’excellents protagonistes, en particulier parmi ceux que l’on qualifiera de « méchants » de l’histoire. Sauf que tout cela est tout de même assez mal desservie par certaines scènes qui viennent nuire a l’ensemble comme ce qui restera comme l’une des résurrections les plus ridicules de l’histoire (et pourtant, en temps que vieux amateur de comics, j’ai eu ma dose de délires), tout juste expliquée au passage, et qui ne sert a rien par-dessus le marché, mais aussi, le départ contraint et forcé de Fey qui méritait tout de même un autre traitement (et en plus, tout cela se passe sur quelques cases, une honte). Alors, on pourra me rétorquer que dans ce troisième album, le sieur Wismerhill commence a prendre un peu plus de constance, que son passage progressif vers le coté obscur a un certain intérêt, de même, la scène où celui-ci lute contre la Succube est assez spectaculaire, il serait difficile de le nier, sauf qu’une fois de plus, tout cela n’est que le prétexte a l’arrivée de celle-ci dans le groupe, un peu comme un cheveu dans la soupe, celle-ci remplaçant Fey au pied levé (et dans le lit de Wismerhill) en un instant alors que tout de même, je pense qu’un scénariste digne de ce nom aurait apporté une intensité légèrement plus dramatique a un tel changement. Mais bon, visiblement, il faut croire que notre ami Froideval était pressé.

Au final, La marque des démons, troisième tome des Chroniques de la Lune noire ne m’aura guère enchanter, non pas parce qu’il est mauvais en soit, cela serait exagéré de prétendre une telle chose, mais surtout pour la simple et bonne raison qu’en trois tomes, j’ai toujours l’impression que cette saga n’a toujours pas véritablement décollé. Il y a du bon et du moins bon, mais c’est loin, pour le moment, de justifier toutes les louanges que j’ai put entendre depuis des lustres au sujet de cette série. Bien évidement, je peux me tromper (d’ailleurs, je le souhaite), de même, parfois, il faut effectivement lire une saga dans son ensemble ; qui plus est, rien ne me dit que des le prochain tome (car oui, je vais insister), je ne commence a changer d’avis, mais quoi qu’il en soit, pour le moment et malgré quelques bonnes idées, certains protagonistes et intrigues intéressantes ou qui donnent envie d’en savoir plus, la balance, au bout de trois albums, penche indéniablement du mauvais coté et les défauts de cette série sont encore les plus forts. J’en ferais peut être abstraction très bientôt, mais pour le moment, n’estimant pas être suffisamment convaincu, je ne peux que constater une certaine déception de ma part vis-à-vis des Chroniques de la Lune noire.

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