dimanche 8 mai 2011

LE PAPE TERRIBLE : JULES II


LE PAPE TERRIBLE : JULES II

Poussé par Aldosi qu'il a épousé en secret, Jules II s'apprête à déclarer son amour au grand jour. Avant d'en informer la Chrétienté, il convoque le clan Rovere. Mais ces derniers s'unissent pour fomenter l'assassinat du favori. La découverte du cadavre transforme le pape en un monstre sanguinaire. Il jure alors de détruire tous ceux qui s'opposent à sa Sainte volonté, y compris sa propre famille...Vatican, 1504. Les caisses sont vides, le cœur du Saint-Père également. Trahi par ses proches, Jules II devient plus cruel encore. Sa rencontre sulfureuse avec Michel-Ange semble, un temps, apaiser ses souffrances, mais sur le chemin de la puissance et de la gloire, rien n'altère la détermination du pape le plus belliqueux de l'histoire.

Quelques semaines après avoir lu le premier volume de la saga sur le Pape Jules II, celui qui est présenter comme étant le plus belliqueux de l’histoire de la chrétienté, voici que je viens de me procurer le deuxième volet de l’œuvre du célèbre scénariste argentin, Alejandro Jodorowsky et que j’attendais, je l’avoue, avec une certaine impatience. En effet, et les habitués du Journal de Feanor l’auront probablement remarqué s’ils ont lu la critique du premier volume du Pape terrible, paru sur ce blog début mars dernier, j’avais été assez enthousiasmé et conquis par Della Rovere, le premier tome par cette nouvelle série, tant par son coté historique, qui, forcement, ne pouvait qu’éveilleur en moi un grand intérêt en particulier par la curiosité d’en savoir plus sur un Pape que je connaissais fort mal (faut dire qu’a force de nous bassiner avec les Borgia, les autres apparaissent du coup un peu fades), mais également pour le coté suffisamment « rentre dedans » vis-à-vis de la religion catholique, bien moins sainte que l’on pourrait le croire – ah, tous ces Papes, cardinaux et autres serviteurs du Christ qui s’envoyaient allègrement en l’air, tuaient allègrement et ne voyaient que par l’argent – chose qui me plait toujours ainsi que, ne négligeons pas ce qui est loin d’être un détail anodin : la qualité intrinsèque des deux auteurs. A ma droite, Jodorowsky qu’il est inutile de présenter, a ma gauche, un inconnu (pour moi), Theo, dessinateur italien fort talentueux. Bref, tout un tas d’ingrédients qui avaient fait de Della Rovere l’une des BD les plus passionnantes de ce début d’année. Mais comme chacun sait, bon nombre de séries prometteuses ont eu du mal à passer le cap toujours difficile du deuxième tome et nous allons donc voir si ce Pape terrible a réussi à passer ce difficile écueil et si la qualité est toujours au rendez vous ?

Et bien, comment dire, cette fois ci, mon avis sera légèrement plus nuancée que la première fois. En effet, tout l’enthousiasme dans lequel je baignais a l’issu de la lecture du tome un s’est un peu évaporé, et ce, a ma grande surprise car je n’arrive pas forcement a me l’expliquer moi-même. En toute franchise, Jules II possède toujours l’intégralité des qualités de son prédécesseur : Jodorowsky raconte toujours aussi bien une histoire, Theo est toujours aussi bon aux crayons, quant aux personnages, ils sont fidèles a eux-mêmes, dans la continuité du premier volume. D’ailleurs, sur ce point, les premières pages sont particulièrement fascinantes, quoi que, un peu étranges ; ce fameux filtre d’amour qu’une vieille femme – la sorcière typique de l’époque – concocte pour le giton de Della Rovere fonctionne tellement bien que l’on ne peut s’empêcher d’y voir un soupçon de fantastique, plutôt malvenu dans une bande dessinée sensée être historique, et, du coup, je n’ai pas put m’empêcher de réfléchir a la question ; véritable philtre d’amour ou plutôt savant mélange de drogues qui a fait perdre les pédales – oh, j’ose utiliser le mot – au tout nouveau Pape ? Bonne question mais n’étant pas dans le secret des dieux, c'est-à-dire, dans la tête de Jodorowsky, je pense que je ne le saurais jamais. Quoi qu’il en soit, ce fameux filtre amène ce qui est, selon moi, la meilleure partie de l’œuvre, c'est-à-dire, l’hallucinante révélation de Jules II a sa famille, de son mariage et de l’annonce prochaine de celui-ci a la chrétienté. Cela entraine l’assassinat du favori du Pape, avant que le Vatican n’ait à sa tête une Papesse (comment ne pas penser a la légende de la Papesse Jeanne ?) et la terrible vengeance d’un Della Rovere fou furieux. Le problème, c’est qu’ensuite, si l’histoire suit son court et que l’on en apprend un peu plus, avec un certain intérêt (enfin, ce fut mon cas), sur la vie de Jules II, en particulier sur ses guerres, d’où le fait qu’il soit rester dans l’histoire comme étant le Pape le plus belliqueux, force est de constater que quelque part, cela manque cruellement de moments marquants, comme cela pouvait être le cas dans le premier tome. Car aussi intéressant soit le récit, on se contente de lire celui-ci, tout en se demandant si Machiavel ait joué un tel rôle a l’époque – cela me semble fort peu probable d’ailleurs a moins que je me trompe – et si les relations entre Jules II et Michel Ange aient été, hum, comment dire, aussi proches ? Bien évidement, peut être que c’est mon coté amateur de l’histoire qui fait cela et que, du coup, j’ai un peu de mal à accrocher avec certaines libertés scénaristiques prises avec celle-ci ? Quoi que, cela ne m’avait pas forcement gêner lors du premier tome.

Au final, et malgré ce que je viens d’écrire, le deuxième volume du Pape terrible n’en est pas moins une bonne bande dessinée, avec un scénario suffisamment captivant et de superbes dessins qui ne pourront que ravir le lecteur. Bien évidement, il faut prendre cette BD pour ce qu’elle est, avant tout un divertissement et en aucun cas une fidèle reproduction historique. A coté de ca, je ne peux m’empêcher de me dire que le premier tome était supérieur, probablement de part la mise en place des divers protagonistes, ainsi que, ne l’oublions pas, l’effet de surprise toujours présent dans un premier volume d’une nouvelle saga. Quoi qu’il en soit, malgré quelques doutes, point de déception, Jules II est un bon second tome qui fait honneur a une excellente saga, et qui – mais cela, c’est pour les amoureux de l’histoire – au passage, donne envie d’en savoir plus sur ce Pape et sur l’époque, et par ailleurs, alors que je croyais a la base que Le Pape terrible serait un dytique, un troisième, voir un quatrième tome sont prévus ; bonne nouvelle, quoi que, pas forcement pour mon porte monnaie.

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...