vendredi 22 avril 2011

UN MEURTRE EST UN MEURTRE


UN MEURTRE EST UN MEURTRE

Paralysée depuis quatre ans, Marie trouve la mort dans un accident de voiture. Elle était sur le point de surprendre Paul, son époux, dans les bras de sa maîtresse, Françoise. Une expertise de l'épave apprend à la police que le véhicule a été saboté. Marie aurait donc été assassinée. La sœur de Marie, persuadée que son indigne beau-frère s'est purement et simplement débarrassé d'elle, s'installe chez lui et s'identifie à la défunte. Survient alors un maître chanteur, cynique et désinvolte, qui affirme être le meurtrier. Il n'en pense pas moins que Paul, trop compromis en tant que principal suspect, est disposé à payer...

De mémoire, c’est probablement la toute première fois que je vous parle sur ce blog d’un vieux film français. Bien évidement, et les habitués l’auront remarqué depuis longtemps, j’ai tendance à ne pas négliger les films originaires de notre pays et ce, même si a chaque fois que j’ai la possibilité d’en voir un – le plus souvent, proposé par ma femme – je râle comme si je partais a l’abattoir, et ce, pour changer d’avis une fois le film commencé. Car une chose est certaine, je ne fais nullement partie de ceux qui ne jurent que par le cinéma américain, bien au contraire ; a mes yeux, ce qui compte, c’est la qualité d’une œuvre, quel quelle soit, son origine, finalement, important peu, bien que celle-ci, je ne le nie pas, puisse toujours jouer un certain rôle. Enfin, tout ca pour vous dire que malgré ma mauvaise foi et mon coté râleur, j’aime le cinéma français, et, accessoirement, de plus en plus. Cependant, comme je vous le disais plus haut, c’est la première fois que je me lance dans la critique d’un film français aussi ancien – 1972 – et, qui plus est, malgré ma passion notable pour l’âge d’or du cinéma hollywoodien et pour les vieux films en noir et blanc, je me suis rendu compte que depuis que j’ai commencer ce blog, je n’ai pas souvent eu l’occasion de vous proposer énormément de critiques sur ceux-ci, ce qu’il faudra réparer a terme, mais pour le moment, intéressons nous donc a ce fameux polar a la française typique, Un meurtre est un meurtre.

En toute sincérité, je suis tombé sur ce film complètement par hasard, lors de mon séjour a Honfleur, alors que l’on se reposait a l’hôtel, j’ai profité d’avoir la chaine Ciné Classique pour voir un vieux film. Alors certes, après avoir vu le final d’un truc dont je ne sais même pas le nom avec des vikings, mais qui avait l’air pas mal, je dois reconnaître que j’ai été un peu déçu, de prime abord, lorsque débuta ce Un meurtre est un meurtre… toujours mon eternel manque d’enthousiasme devant un film français, qui plus est, un vieux polar… et pourtant, des les premières minutes, avec la scène –vue deux fois, chose rare – où Stéphane Audran, jouant ici le rôle d’une épouse en fauteuil roulant trompée par son mari, Jean-Claude Brialy, qui lui préfère la jeune Catherine Spaak, est écrasée par sa propre voiture, je dois avouer que je suis rentrer immédiatement dans l’histoire, me demandant bien si ce fameux mari avait quelque chose a voir avec cet accident… ou ce meurtre ? Car en partant d’une idée pas franchement originale – une épouse trompée qui meurt, le mari vers qui se portent tous les soupçons et la maitresse – et en réutilisant tous les artifices du genre, force est de constater que Etienne Pierrier nous livre la un intéressant petit bijou de polar noir fait « a la manière de ». Car si Un meurtre est un meurtre est tout sauf original, si l’inspiration envers les œuvres du grand Claude Chabrol est tellement évidente que celui se permet même le luxe de faire une apparition dans le film dans le rôle complètement décalé d’un contrôleur de train myope et en pilotage automatique, cela n’enlève en rien aux qualités d’un film que l’on ne peut en aucun cas qualifier de simple copie sans saveur, bien au contraire. En effet, comme il existe un genre pour les péplums, les westerns, les comédies romantiques etc., ici, Un meurtre est un meurtre est un polar pur et dur, sans surprises notables puisqu’en aucun cas, il ne s’éloigne des canons du genre, mais suffisamment intéressant en soit pour ravir le spectateur qui se satisfera de cette intrigue tellement tordue avec ce maitre chanteur, Robert Hossein égal a lui-même, qui fabrique des « preuves » pour accuser des faux coupables de meurtres qu’ils n’ont pas commis avant de menacer de tout révéler a la police sauf si, bien entendu, on n’achète son silence moyennement une belle petite somme d’argent. Car, et vous l’avez compris, tout l’intérêt du film repose la dessus, sur ce mari, Jean Claude Brialy, empêtré dans les filets de ce superbe maitre chanteur, soupçonné par la sœur – qui ressemble comme deux gouttes d’eau a son épouse - Stéphane Audran dans un double rôle particulièrement jouissif d’un meurtre qu’il n’a pas commis et qui en plus, a sur le dos un commissaire de police, Michel Serrault, haut en couleur, amusant avec sa petite moustache, son complet impeccable et son humour pince sans rire. Et, du coup, Un meurtre est un meurtre, malgré un final un peu spécial – vous comprendrez si vous avez l’occasion de le voir un jour – plus qu’un simple polar comme il en existe des tonnes sur le marché, laisse, au final, une fort bonne impression.

Bien évidement, ce n’est pas non plus le chef d’œuvre du genre, loin de là, après tout, il existe bien mieux, mais en toute sincérité, cela m’a fait plaisir de revoir un film d’un genre que j’avais complètement délaissé depuis bien longtemps, avec ses qualités et ses défauts, certes, mais qui, par une histoire biscornue, mais de qualité, au possible, et de très bon acteurs – il faut le souligner – s’avère finalement, bien plus digne d’intérêt que l’on pouvait le penser de prime abord. Et si avec le temps, Un meurtre est un meurtre est, de nos jours, assez méconnu, je pense qu’il mériterait le détour pour les amateurs de vieux polar a la française, voir même, comme dans mon cas, pour les autres, qui ne voudraient que passer un bon moment.

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...