lundi 18 avril 2011

L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE


L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE

Avocat d'affaire, la trentaine, une femme et deux enfants magnifiques, Paul Exben a réussi. Sauf qu'il en a mis de côté son rêve premier : devenir photographe. Sa femme, Sarah, plus par provocation et par manque de présence de son mari, prend un amant. C'est leur voisin et il est... photographe. Paul apprend cette liaison, l'édifice s'écroule. Désespéré il cherche à comprendre, il se rend chez l'amant. La discussion tourne mal et... c'est l'accident. Paul se retrouve devant le cadavre de l'amant de sa femme, Grégoire Kremer. Paul va alors décider de se faire disparaître lui-même puis de prendre l'identité de cet homme. Il va maintenant s'exiler, fuir après ce drame pour se reconstruire. De tenter de vivre sa vie...

Ah non, là, je ne suis pas d’accord ! Que dis-je, je suis indigné, en colère même ! Mais franchement, ils se foutent de nous ou quoi !? Non, non et non ! Vous l’avez compris, cette drôle d’entrée en matière pour la critique d’un film n’est pas dans mes habitudes, bien au contraire ; bien évidement, il m’est déjà arrivé de m’emporter a l’encontre de telle œuvre qui m’aura fortement déplu, souvent a raison par ailleurs, mais cette fois ci, c’est encore pire que d’habitude. Alors oui, je ne m’attendais pas a ce que ce film, L’homme qui voulait vivre sa vie, soit un chef d’œuvre du cinéma, un incontournable du septième art français, non, par contre, je m’attendais tout de même, c’est la moindre des choses – surtout au prix que coute un DVD (Feanor, le seul en France qui ne télécharge toujours pas) – a passer un bon moment devant mon petit écran, en compagnie de ma femme qui avait lu le roman éponyme de Douglas Kennedy et qui en avait garder un fort bon souvenir. « C’est du tout bon » m’étais-je alors dit sans la moindre hésitation : entre le roman, apparemment excellent, les critiques, qui me semblaient positives lors de la sortie du film (mais étais ce vraiment le cas ?), le synopsis de celui-ci, qui avait de quoi être alléchant et même, oui, même l’affiche qui me plaisait bien, j’attendais beaucoup de L’homme qui voulait vivre sa vie. Et puis, finalement, ce fut la catastrophe, imprévisible, inattendue, horrible !

Et pourtant, tout cela avait fort bien commencé selon moi. Cette histoire où ce pauvre avocat, a qui tout semblait réussir – excellente carrière, femme et enfants, pavillon de banlieue et même, pour cause de décès prochain, héritage non négligeable – tout en rêvant secrètement d’être photographe et qui, petit a petit, va s’apercevoir – mais est-ce une surprise ? – que sa femme le trompe avec un… photographe (certes sans talent aucun mais photographe tout de même), qui se retrouve seul – femme et enfants partis – et qui, a la suite d’un terrible accident, commet l’irréparable, se voit dans l’obligation, selon lui, de disparaître, définitivement, se faisant passer pour mort, abandonnant ses enfants, et, commençant alors une nouvelle vie, essayer de vivre sa fameuse vie dont il avait toujours rêver – bref, être photographe – avait de quoi me séduire. Surtout que, force est de le constater, la première partie du film, en gros, tout ce que je viens de résumer, est de très bonne facture, sans nul doute. D’ailleurs, dans ma grande tradition que j’ai de m’identifier aux protagonistes des films, la scène où Romain Duris passe ses derniers instants avec son fils (oui bon, c’est a ce moment là que je me suis rendu compte que c’était un garçon, jusque la, j’étais persuader que c’était une fille), sachant pertinemment qu’il va l’abandonner et ne le rêvera plus jamais, cet instant de souffrance absolue me marqua fortement, en tout cas, suffisamment pour que coule une petite larme… Et à ce moment là, je m’étais dit que je me trouvais devant un superbe film. Que ne m’étais-je pas trompé, hélas, mille fois hélas…

Non mais franchement, c’est quoi ce film ? Bah oui, L’homme qui voulait vivre sa vie est quasiment parfait, dans son genre, jusqu'à la scène du vernissage, lorsque Grégoire Kremer, qui en fait est Paul Exben, c'est-à-dire, Romain Duris, l’homme qui joue des rôles de beau ténébreux tourmentés, quand la fortune commence a lui sourire, et, avec celle-ci, les ennuies. Car arrivé là, subitement, le film dérape littéralement. Oubliez tout le bien que j’ai put écrire de bien jusque là, tout cela est littéralement balayé par un final, une petite dizaine de minutes hallucinantes de médiocrité : les scènes s’enchainent sans explication, le vieux journaliste français – qui semblait en savoir beaucoup – disparaît littéralement – euh, une explication, ca pouvait être bien, non ? –, la rédac/chef serbe, après l’énième disparition du héros, le rejoint sur un banc, le regarde et disparaît a son tour, sans que l’on sache ce qui se passe, le héros embarque sur un bateau – oui, bon, pourquoi pas – tout a coup, il est réveiller par des hurlements, des types sont jetés a la mer, il prend des photos, il hurle (comme un con), est découvert, est jeter lui aussi par-dessus bord, sauve un clandestin en le faisant grimper dans un canot de sauvetage sortie d’on ne sait où, arrive en Italie, le clandestin est interroger par la police et les médias, lui, le héros, encaisse un sacré paquet de pognon, sourie au clandestin et puis… fin.

Bah oui, tout ca en moins de dix minutes, peut être cinq à peine, et puis hop, le générique de fin ; on n’en saura pas plus. Et là, sincèrement, j’en suis resté bouche bée, j’ai regardé ma femme, elle non plus n’avait pas compris et, au bout de quelques secondes, un sentiment de colère indicible a l’encontre de ce film ! Mais franchement, c’est quoi cette fin ? Cette façon de faire a la « Bon bah voilà, j'ai plus d'idée donc on arrête là. », ce n’est pas prendre un peu les gens, bref, les spectateurs, pour des cons ? Ils pouvaient pas, je ne sais pas, rajouter dix petites minutes, un quart d’heure pour, a défaut d’une bonne fin, que l’on ait au moins une fin potable. Mais même pas, on boucle tout cela a la va-vite, on ferme les rideaux et hop, démerdez vous avec tout cela. Non mais quel foutage de gueule monumental. Sincèrement, a ce point, c’en est même rare. Mais le pire dans tout cela, c’est que cet Homme qui voulait vivre sa vie avait si bien commencé, il avait un potentiel certain et puis… cette fin a la con digne des pires navets. Franchement, une énorme déception pour ma part.

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