vendredi 15 avril 2011

HOLY LOLA


HOLY LOLA

Pierre Ceyssac est médecin dans le Cantal. Il quitte son cabinet pour deux mois afin de se rendre au Cambodge avec sa femme Géraldine. Ils ont récemment appris que Géraldine était stérile et ont donc décidé d'entamer des démarches pour une adoption. Arrivé à Phnom Penh sous une pluie battante, le couple s'installe rapidement dans un hôtel presque exclusivement fréquenté par des Occidentaux qui, comme eux, cherchent à adopter un enfant. Commence un parcours du combattant : des orphelinats au bureau des adoptions, tout semble se liguer contre eux. Les conseils avisés des clients de l'hôtel leur permettent d'éviter certaines tracasseries, mais leur quête ne progresse pas pour autant. Ils se découragent peu à peu...

Ce fut un peu par hasard que je suis tombé l’autre jour sur ce film ; d’ailleurs, pour être tout a fait franc, a la base, je ne comptais même pas le regarder : « bon, un film français sur l’adoption, mouais, bof… » on ne peut pas vraiment dire que le sujet m’emballait franchement, et puis, au vu de la semaine de Coupe d’Europe qui s’annonçait, je préférais me coucher tôt pour ne pas être exploser quelques jours plus tard – et oui Mr l’Empereur, je fais parti de la France qui se lève tôt – mais, comme cela m’arrive bien souvent, je me suis rapidement laisser entrainer par l’histoire, assez captivante, et, au bout d’un bon quart d’heure, l’évidence s’imposa d’elle-même : j’allais voir cet Holy Lola (curieux nom tout de même) jusqu’au bout et, je peux vous le dire d’entrée de jeu, je n’ai pas été déçu le moins du monde.

Tout d’abord, il me semble nécessaire de signaler que le sujet principal de ce Holy Lola, c'est-à-dire, l’adoption, n’est pas souvent traiter au cinéma. On pourrait, a priori penser le contraire, mais en fait, les souvenirs que l’on peut avoir a ce propos sont plus ceux de téléfilms américains ou allemands des après midis de M6 que des salles obscures. D’ailleurs, pour être tout a fait franc, de mémoire, je n’ai pas vraiment de souvenirs d’avoir déjà vu un film traitant de l’adoption ; des enfants déjà adoptés, oui, mais la démarche d’un couple dans le long et sinueux parcours pour en trouver un, franchement, c’est déjà plus rare. De ce fait, je ne peux que louer la démarche de Bertrand Tavernier de sortir un peu des sentiers battus, de nous proposer, du coup, un sujet plus original qu’il n’y parait de prime abord – car si l’on a l’habitude d’entendre parler d’adoption, c’est plus dans des documentaires qu’au cinéma, ne l’oublions pas – et surtout, car c’est un peu ce qui compte tout de même, d’avoir parfaitement réussi son coup. Car bien évidement, il faut savoir remettre les choses dans leurs contextes et ne pas s’extasier en vain devant ce qui n’est, au final, qu’un simple film sans prétention, car Holy Lola ne fut pas créer, et j’insiste sur le terme « créer », pour glaner moult récompenses, pour être acclamer par la critique et le public, mais tout juste pour nous montrer le quotidien, ma fois hautement difficile, semé d’embuche, d’un couple qui, ne pouvant avoir d’enfants par des voies naturelles, désire adopter. Ce coté réaliste, parfois même flirtant allégrement avec le documentaire, est assumé et s’il m’a largement plu, il fait parti de ces fameuses raisons qui font qu’un large public, habituer aux productions hollywoodiennes sans âmes, détestent franchement les productions françaises. Pourtant, Holy Lola, pour peu que l’on s’intéresse un peu au sujet, pour peu que l’on éprouve un peu de compassion pour ces couples, pour peu que l’on ne souhaites pas fermer les yeux sur la réalité de certains pays – ici le Cambodge – et pour peu que l’on se plait a se donner la peine de réfléchir lorsque l’on regarde un film, plutôt que, tels des vaches regardant passer les trains, de s’abrutir devant un écran, ne peut que nous plaire. Bien évidement, la réalité ici montrée est terrible : Bertrand Tavernier ne cache rien, ni les errements des adoptants, ici plusieurs couples de français, ni leur quête désespérer, parfois a la limite de la légalité, encore moins ce que l’on peut appeler le marché de l’adoption, où, dans moult pays dans le monde, les enfants disponibles sont réservés pour les nord américains qui, avec leur fortunes, ont fait exploser le marché, mais aussi, les petits arrangements entre amis qui font que politiques, personnalités etc. passent de toute façon avant tous les autres, et ce, en vitesse record. Mais ce n’est pas tout, car en plus, sans complaisance mais également sans jugement – et ce point a son importance – la corruption régnante a tous les niveaux au Cambodge n’est pas occultée (ici, c’est ce pays mais c’est valable ailleurs) ce qui, bien évidement, a fait hurler certains bien pensants comme si, montrer la vérité, même dérangeante, était un crime de lèse majesté. Mais Bertrand Tavernier ne juge pas les cambodgiens, il se contente de montrer les faits, tels qu’ils sont, de dénoncer ce gigantesque et bien souvent occulte marché de l’adoption, de toute façon, de plus en plus réservé aux plus riches, mais aussi, a nous faire nous poser la question suivante : « vaut-il mieux laisser un enfant vivre dans sa culture d’origine ou le faire échapper a une misère certaine ? ». Excellente question auquel les deux réponses possibles ne sont ni toutes blanches, ni toutes noires. Car il est évidant que si, dans les pays occidentaux, il y aurait plus de faciliter pour adopter, peut être que les gens n’iraient pas a l’autre bout du monde, usant parfois du trafic, pour trouver un enfant. Mais ceci est une autre histoire.

Quoi qu’il en soit, il est indéniable que Holy Lola ne fait pas que dénoncer la réalité des faits, qu’ils dérangent ou non, car l’une des grandes forces du film, c’est le parcours de ces couples, et plus précisément de ce couple, composé de Jacques Gamblin et Isabelle Carré, tous deux tout bonnement exceptionnels dans cette quête si difficile qu’elle semble sans espoir. L’intensité des sentiments, les espoirs déçus, les déceptions, les décisions a prendre et, enfin, la délivrance, tous ces instants, forcement intenses ne peuvent qu’émouvoir les spectateurs qui, forcement, ne peuvent qu’être captiver par l’intrigue. Et si, tout au long du film, je n’ai pas bien compris pour qu’elle raison Isabelle Carré passe la moitié de son temps a demi-nue ou carrément nue (car bon, comment dire, je croyais a la base que c’était un film sur l’adoption), il me semble évidant que les deux acteurs principaux, de part la qualité et l’intensité de leur jeu font beaucoup pour la réussite de cette œuvre.

Alors oui, Holy Lola peut déranger et ne pas plaire a certains, alors oui, sa vérité n’est pas fait pour tous, oui, on peut éprouver des doutes sur certaines méthodes du marché de l’adoption et même, s’indigner de ce que l’on peut voir. Mais comment ne pas prendre fait et cause pour ces gens qui ne désirent qu’une seule et unique chose, pouvoir être parents, comment ne pas compatir pour ces hommes et ces femmes a qui on met sans cesse des bâtons dans les roues, a qui on demande tout et n’importe quoi tandis que, ailleurs de part le monde, n’importe quel imbécile peut procréer sans qu’une assistante sociale ne vienne enquêter sur sa vie ? Oui, le sujet de ce film n’est pas simple, tout autant que l’adoption en elle-même. Quant au Cambodge, magnifique pays ravagé il n’y pas si longtemps par la guerre et les terribles Khmers rouges, comment ne pas s’extasier devant ces magnifiques paysages mais aussi, comment ne pas compatir a la misère évidente de la population ; « Au Cambodge les gens sourient mais leurs cœurs sont brisés ». Oui, tout cela n’est pas si simple et Holy Lola le montre bien. Certes, ce n’est peut être pas un film pour tout le monde, mais ceux qui accrocherons, eux, seront indéniablement touchés par celui-ci.

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