samedi 2 avril 2011

CHRONIQUES DE LA LUNE NOIRE : LE SIGNE DES TÉNÈBRES


CHRONIQUES DE LA LUNE NOIRE : LE SIGNE DES TÉNÈBRES

Au centre de l'empire se trouvait l'oracle… et un jour sa voix annonça la venue de celui qui allait bouleverser le monde. Voici son histoire et celle de ses compagnons, barbares et guerriers, canailles et mercenaires… Et celle du terrible chien de guerre à qui l'empereur confia la mission. Whismerhill, qui a fuit son visage dévasté, rencontre un guerrier elfe, Pile-ou-face. Ils se lient d'amitié dans leurs voyages respectifs. Poursuivant leur chemin ensemble, ils vivent de joyeuses aventures entre batailles et geôles, découverte des pouvoirs surnaturels de Whismerhill, et de nouveaux amis qui grossiront la bande.

Dans l’histoire récente de la bande dessinée franco belge (enfin, par récente, je veux dire de ces deux ou trois dernières décennies), il est indéniable que les Chroniques de la Lune noire sont l’une des séries les plus célèbres et l’une des plus marquantes dans le petit monde de la BD. Ainsi, que l’on aime ou que l’on déteste, que l’on ai eu l’occasion de lire un des quatorze tomes ou l’intégralité de la série, voir même, que l’on soit fan de bande dessiné ou pas, il est presque impossible de n’avoir jamais entendu parler de ces fameuses Chroniques. Cette œuvre, quoi qu’on en pense, fait partie de celles qui dépassent les genres et si celle-ci est désormais achevée, elle aura marqué, en bien comme en mal (car les avis sur les derniers albums sont assez partagés) une génération de lecteurs. Bien évidement, dans la grande tradition qui est la mienne, c'est-à-dire : « je connais, ca a l’air bien, il faudrait que je m’y lance un de ces quatre matin », cela faisait presque vingt ans que je côtoyais les Chroniques de la Lune noire, sans avoir, bien évidement, osé franchir le pas. Mes raisons, le plus souvent stupides, sont multiples, comme d’habitude, mais finalement, après tant d’années, et alors que je suis tellement de séries a la fois que je m’y perds régulièrement, j’ai enfin pris la décision de me lancer – un peu comme j’ai put le faire pour Thorgal il y a quelques mois (au fait, le tome 3, c’est pour quand ?) – a la découverte d’une nouvelle série mythique de l’univers de la bande dessinée.

En toute franchise, j’ai passé le cap et me suis procuré ce premier tome des Chroniques de la Lune noire en apprenant, il y a quelques jours, que le nouveau tome de l’une de mes séries préférées, Requiem Chevalier Vampire, allait sortir au mois de mai ; et qui dit Requiem, dit forcement Olivier Ledroit, artiste fort talentueux dont je suis indéniablement fan, et qui dit Olivier Ledroit dit, bien entendu, Chroniques de la Lune noire (du moins pour les premiers volumes). Ainsi, par ces raccourcis, j’en suis arrivé, peut être par effet de manque vis-à-vis d’une série où l’on doit attendre des lustres entre chaque nouvel album et d’un dessinateur qui m’enchante depuis des années, a me décider de me lancer dans une BD majeure, ne serais ce que pour voir ce que celle-ci a dans le ventre, mais aussi pour le travail, donc, de Ledroit, mais pas uniquement : car, plus que l’illustrateur de génie, un homme symbolise encore plus les Chroniques, François Froideval. Pour ceux qui ne le connaitraient pas, le sieur Froideval est tout simplement une figure majeure de l’Heroic Fantasy a la française ; scénariste renommée, il fut aussi l’un des tout premiers joueurs français du mythique Donjons & Dragons, fut l’un des fondateurs du cultissime Casus Belli et travailla même pour TSR, écrivant alors moult règles pour AD&D en collaboration avec Gary Gygax ainsi que des traductions pour le marché français. Bref, pas n’importe qui comme on peut le constater et, auréolé de cet aura mythique de pionner, je ne pouvais qu’être attiré par le personnage, et donc, forcement, par son œuvre la plus connue : les Chroniques de la Lune noire.

Bon, disons le tout de suite, je suis un peu perplexe après la lecture de ce Signe des ténèbres, premier volume des Chroniques de la Lune noire. Intrinsèquement, la qualité est là, présente, c’est un fait que je ne peux nier, cependant, je ne sais pas, je m’attendais peut être a beaucoup mieux ? Est l’aura mythique qui entourait cette série qui a fait que j’en attendais tellement que, forcement, je n’ai pas put m’empêcher d’éprouver une petite pointe de déception ? Il y a probablement de cela. Est-ce la comparaison avec Requiem, alors que ce n’est pas le même scénariste, et que je m’attendais à une bande dessinée aussi exceptionnelle ? Oui, il y a beaucoup de cela. Est-ce aussi ce que j’appellerais le problème « Oliver Ledroit », que je connais par sa série vampirique et dont le style, dans ce premier volume des Chroniques, est tout bonnement à mille lieux de ses productions actuelles ? Oh que oui car ne nous voilons pas la face, sur Le signe des ténèbres, le sieur Ledroit, alors débutant, n’est pas encore au summum de sa carrière, ses planches sont hésitantes, on sent qu’il n’a pas encore trouvé tout a fait son style et, du coup, la comparaison avec Requiem est implacable, et pas forcement a son avantage sur ce premier tome des Chroniques. Mais ce n’est pas tout, il y aussi autre chose, et c’est ce que j’appellerais le genre de l’époque : hier soir, j’ai cru faire un sacré voyage dans le temps, plongeant a l’époque de la fin de mon adolescence et retrouvant un style qui n’a plus court de nos jours. Dans les années 80, début 90, c’était ca l’Heroic Fantasy a la française et en toute sincérité, c’était excellent, je ne le nie pas ; mélange d’humour, de sexe et de violence, on était a mille lieux des productions américaines et du D&D de base (même si l’on sent forcement l’inspiration) mais curieusement, vingt ans plus tard, et même si ce fut agréable de retrouver un genre que je n’avais plus lu depuis des lustres et qui avait bercé ma jeunesse, celui-ci est tellement éloigné de ce que je lis de nos jours que, en toute franchise, cela m’a légèrement perturbé. Pas de quoi en faire un plat, pas de quoi remettre en cause la qualité intrinsèque de cette œuvre, mais cela m’a fait bizarre.

Alors, a la lecture de tout ce que je viens d’écrire, vous penserez probablement que je n’ai pas forcement apprécier ce premier volume des Chroniques de la Lune noire ? Et ben non, ne nous trompons pas, ce n’est pas ce que j’ai voulus dire ; indéniablement, la qualité est au rendez vous, bien évidement, l’on peut être déstabilisé par l’ambiance et encore plus par les dessins d’un Ledroit encore loin de son niveau actuel, mais sincèrement, ce premier volume, qui met en scène un univers médiéval fantastique peu original de prime abord mais sur lequel l’on ne sait pas encore grand-chose, donne envie de connaître la suite. De même, les personnages sont gentiment mis en place, et ce mélange de puissance, de brutalité mais aussi de couardise et d’humour n’est pas pour me déplaire. Par ailleurs, la scène du début où Whismerhill charge un… lapin est hilarante à souhait ! Et puis, il y a ses épées magiques a la Stormbringer, Excalibur ou Durandal, ses forces en présence, cette histoire de prophétie qui ne peut qu’attirer le lecteur, bref, tout un tas d’éléments qui ne pourront que plaire au vieux fan de jeux de rôles que je suis. Et si je suis légèrement dubitatif quant au fait qu’un adolescent de maintenant puisse être attiré par ce premier volume des Chroniques de la Lune noire, il est indéniable que, sans être non plus le super truc mythique de la mort qui tue, ce premier tome, bien représentatif d’une époque, ne l’oublions pas, donne diablement envie d’en savoir plus sur le reste de la série et, même si tout n’est pas encore parfait selon moi, m’a en tout cas convaincu de me lancer dans l’achat des autres volumes.

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