mardi 1 mars 2011

VA, VIS ET DEVIENS


VA, VIS ET DEVIENS

En 1984, des milliers d'Africains de 26 pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps au Soudan. A l'initiative d'Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de Juifs éthiopiens vers Israël. Une mère chrétienne pousse son fils de neuf ans à se déclarer juif pour le sauver de la famine et de la mort. L'enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur que l'on découvre son double-secret et mensonge : ni juif, ni orphelin, seulement noir. Il découvrira l'amour, la culture occidentale, la judaïté mais également le racisme et la guerre dans les territoires occupés.

J’avais déjà eu l’occasion, il y a quelques années, de regarder ce Va, vis et deviens, et celui-ci m’avait laissé un bon souvenir, au point de, finalement, me convaincre de le revoir lors de sa rediffusion sur ARTE (ma chaine préférée, encore et encore) jeudi dernier et, comme je m’en doutais, je ne fus pas déçu. Oui, il est évidant que c’est un beau film, avec de superbes acteurs et une trame de fond intéressante d’un point de vu historique, tout d’abord, pour ceux que cela intéresse, mais aussi une belle histoire qui touchera a coup sur les plus sensibles d’entre nous, dont certains, sans honte aucune (pourquoi en avoir après tout ?), avoueront qu’ils auront verser quelques larmes. Oui, comment ne pas s’attacher a ce pauvre petit garçon africain, poussé par sa mère à se faire passer pour juif et qui, en plus d’être déraciner et de débarquer dans un univers a mille lieux du sien (sur ce point, la scène du poste de télévision est assez marquante), va devoir vivre dans le mensonge en permanence, de peur d’être découvert, mais aussi, et surtout, se rendre compte, comme tous ses compatriotes de la fameuse opération Moïse, qu’en Israël, le racisme existe aussi envers certains juifs, il suffit pour cela d’être noir. Alors, a moins de ne pas aimer ce genre de films ou d’être d’une insensibilité totale, le spectateur s’attache a ce gamin et le suit, au cours des années, de son évolution, de ses découvertes, ses réussites, ses échecs (un peu comme sa coupe de cheveu quand il est ado, l’une des grandes tares du film selon moi, mais cela reste un avis personnel) et ne verra pas passer les deux heures vingt que dure ce Va, vis et deviens, subjugué par l’histoire, les personnages, et finissant par se dire, une fois le générique de fin passé, que décidément, ces pauvres juifs éthiopiens en avaient bien baver, d’abord chez eux, puis en Israël, et, d’une façon plus générale, qu’être noir, même a notre époque, ce n’est pas toujours évidant.

Mais maintenant, et je pense m’être fait une opinion assez juste au bout de deux visionnages de cette œuvre, que vaut-elle vraiment ? Et bien, en toute sincérité et malgré tout le bien que j’en pense, mon avis a son sujet est assez mitiger. Cela peut paraître paradoxal mais malgré une histoire forte, de très bons acteurs comme Moshe Agazai, bien évidement, mais aussi Yaël Abecassis tout simplement parfaite dans son rôle de mère adoptive prête a tout pour son fils et même Roschdy Zem, malgré mon empathie évidente pour ce petit déraciner qui s’adresse tous les soirs a sa mère en regardant la Lune, j’ai plus accrocher au coté historique de la chose qu’au sort des protagonistes en eux-mêmes, au point de, cela me le fis deux fois, me dire que j’aurais presque préféré un bon vieux reportage des familles a un film, aussi bon soit-il. Car attention, je ne prétends aucunement que Va, vis et deviens est un mauvais film, qu’il ne mérite pas qu’on lui prête toute notre attention, mais disons que, quelque part, nous avons quand même là une histoire universelle vu et revu – celle d’un orphelin dans une nouvelle famille, un nouveau pays, de nouvelles traditions – avec, comme toile de fond, le sort des juifs éthiopiens après la méconnue, sous nos latitudes, opération Moïse au milieu des années 80. Bref, je peux paraître dur et injuste en disant cela, mais enlever cette fameuse toile de fond et il ne reste qu’un film comme tant d’autres.

Quelque part, cela me coute un peu de ne pas porter aux nues Va, vis et deviens, parce que dans le fond, je l’ai bien aimé et l’ai trouvé touchant (par contre, je n’ai pleuré a aucun moment, désolé) ; peut être, et bien plus que le fait que j’ai trouver la coupe du gamin une fois ado tout bonnement ridicule ou que certaines scènes vers la fin sont vite expédiées, est ce dut que bien souvent, pour ce qui est des sujets historiques, j’ai une nette préférence pour un reportage que pour une œuvre cinématographique, et ce, même si celles-ci ont, selon moi, tout autant leurs places quand la qualité est au rendez vous, ce qui est, indéniablement, le cas ici. Alors, au final, sans être un grand film, Va, vis et deviens n’en reste pas moins un bon film, servis par de très bons acteurs (et oui les amis, il n’y a pas que les américains qui sont doués, loin de là) et assez touchant ; certes, sa forme n’est pas franchement originale et peut laisser une impression de déjà vu (même si cela marche toujours), mais le fond, lui, mérite largement le détour. Par contre, je ne peux pas passer sous silence le happy end final : certains trouveront cela parfait, d’autres affirmeront que cela gâche un peu la crédibilité de l’ensemble de l’œuvre, personnellement, je l’ai trouvé très mal jouer : le cri de la maman, âgée avec une seule et unique dent, est tellement exagéré pour ne pas dire horrible qu’il m’a rappelé les hurlements des zombis dans Resident Evil !!!

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