mardi 15 mars 2011

TANÂTOS : MENACE SUR PARIS


TANÂTOS : MENACE SUR PARIS

Tanâtos est l’homme mystérieux qui, avec ses complices industriels, banquiers et marchands d’armes, fomente la guerre dans le but d’empocher les dividendes de la tuerie... Il a déjà gagné plusieurs batailles, car la Première Guerre mondiale bat son plein. Ses plans pour utiliser la bombe Appolyon-7 ont en partie été contrecarrés : il la possède, mais sans la source d’énergie nécessaire pour la faire fonctionner. Qu’à cela ne tienne ! Ce diable d’homme n’est jamais à cours de ressources pour nuire… Surtout que ses deux vieux ennemis semblent hors d’état de nuire : Victor sombre dans l’alcool, croyant sa Mélanie disparue, et Bernin se bat sur le front. D’où viendra le salut, s’il est encore possible ?

En 2008, lors de la première année de ce blog, j’avais découvert une étonnante bande dessinée du nom de Tanâtos et je m’étais procuré les deux albums alors parus. Immédiatement, je fus conquis par le synopsis de celle-ci : avant la grande guerre, et dans la ligne droite des feuilletonistes d’antant, les auteurs de cette œuvre, Didier Convard, l’auteur d’œuvres cultes comme Le Triangle Secret et I.N.R.I. ainsi que Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la marine belge (c’est écrit sur l’album et je l’oublie a chaque fois) mais aussi et surtout, superbe illustrateur fort talentueux, nous entrainaient sur les traces d’un génie du mal comme on n’en fait plus, Tanâtos, digne héritier de Fantomas et de Moriarty, figures marquantes de la littérature de la fin du dix neuvième et du début du vingtième siècle. Et ce fameux Tanâtos, aux moyens apparemment sans limites, au génie incontestable mais aussi a la mégalomanie indéniable ne pouvait que captiver le lecteur, avide d’une bande dessinée originale, qui sentait le bon vieux temps et d’excellente facture. Le troisième tome, sorti fin 2008 vint confirmer tout le bien que je pensais de cette série, et poussait encore plus loin la folie et le mépris de la vie humaine de Tanâtos, déjà responsable, faut-il le rappeler pour ceux qui connaissent la série, du déclenchement, rien que ca, de la première guerre mondiale !

Forcement, au vu de mon gout pour cette série, j’attendais avec une hâte certaine la fameuse sortie du quatrième tome de Tanâtos, et, franchement, je dois l’avouer, que ce fut long ! Le tome précédant laissait les deux protagonistes principaux, Victor et Mélanie, si l’on excepte notre émule de Fantomas, bien évidement, désemparés, chacun ayant la certitude, suite au naufrage du Lusitania, que l’autre était mort. Et du coup, ces deux années d’attente, alors que je me demandais bien quel coup tordu allait nous sortir ce diable de Tanâtos, furent longues, très longues. Bien évidement, certains me diront que c’est le prix à payer pour la qualité d’une œuvre, je le conçois, certes, mais bon, cela n’en reste pas moins énervant. Quoi qu’il en soit, ce début 2011 fut béni lorsque j’appris la sortie de ce temps attendu quatrième tome de la saga et, alors que je l’ai lu hier soir, la seule chose que j’ai envie, c’est de découvrir la suite !

Jusque ici, Jean-Yves Delitte et Didier Convard avaient fait fort, très fort même avec leur série consacrée a ce génie du mal, mais en toute sincérité, oubliez tout ce que vous avez lu jusque la car cette fois ci, Tanâtos va aller encore plus loin, beaucoup plus loin ! Déjà, le titre : Menace sur Paris. Oui bon, l’on me rétorquera que celui-ci n’a rien d’exceptionnel en soit, qu’il n’est pas franchement original ; détrompez vous ! Ce n’est pas une simple menace, tenez le vous pour dit ! Car cette fois ci, les auteurs ont pris le parti d’entrainer la série encore plus loin dans l’extrême, n’hésitant pas à se débarrasser (apparemment, mais est ce vraiment le cas même si je n’ai pas trop de doutes a ce sujet) tout bonnement de l’un des protagonistes principaux de l’intrigue, véritable épave dans ce quatrième tome, des la première partie ; cette mort, tout simplement inattendue, si elle s’avère vraie, pourrait être l’un des grands moments de cette série tout simplement en raison de sa rareté. Vous en connaissez beaucoup des auteurs qui sacrifient l’un de leurs personnages principaux de cette façon, au beau milieu d’une intrigue ? Alors, subsiste un doute au fond de moi, mais bon, quoi qu’il en soit, si c’est le cas, franchement, chapeau pour ce coup de théâtre et cette incontestable prise de risque ! Ensuite, oubliez l’histoire telle qu’on la connaît. Bien évidement, a moins d’être un parfait demeuré qui prendrait ce qu’il lit dans Tanâtos pour argent comptant, tout a chacun sait que celui-ci, d’abord, n’a pas exister, et qu’ensuite, il n’a pas déclencher la première guerre mondiale. C’est une fiction, point barre. Sauf que, jusque là, les auteurs respectaient plus ou moins une certaine véracité historique (oui bon, de loin mais tout de même), hors, avec le final de cet album, tout simplement inattendu lui aussi et apocalyptique, Tanâtos, la série, part dans une toute autre direction, a la plus grande surprise du lecteur qui ne s’y attendait pas du tout. Quand je vous disais que cela allait aller encore plus loin, beaucoup plus loin !

Indéniablement, Menace sur Paris, quatrième tome de la série, porte celle-ci a des niveaux rarement atteints jusque là ; bien évidement, les trois précédant volumes nous avaient déjà laisser une fort agréable sensation de qualité et un personnage, diabolique tout simplement, comme on n’en voit peu de nos jours, mais tout en maintenant la qualité narrative de l’œuvre et des dessins toujours aussi superbes, Jean-Yves Delitte et Didier Convard poussent le bouchon encore plus loin, n’hésitant pas a s’affranchir des sentiers battus et réussissent même, lors du final de l’album, a rendre mal a l’aise le lecteur qui, comme Mélanie, ne peut s’empêcher de trouver dans toute l’œuvre de Tanâtos, une certaine fascination pour le mal.

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