mardi 1 mars 2011

LES CONJURÉS DE FLORENCE


LES CONJURÉS DE FLORENCE
Suivis de LA TENTATION DU DOCTEUR STEIN

Florence, au tout début du XVIème siècle. Une Florence bien différente de celle qu’évoquent nos livres d’histoire : Léonard de Vinci a renoncé à la peinture pour donner vie aux machines qu’il dessinait dans ses carnets et l’Italie de la Renaissance connaît déjà sa révolution industrielle. La perle de la Toscane reste cependant la ville des grands peintres, des grands architectes, des fêtes… et des intrigues sophistiquées, des morts mystérieuses. Comme celle de Raphaël et de son assistant. Qui est à l’origine de ces meurtres ? Pour quel enjeu ? Sur fond de rivalité entre l’Italie et l’Espagne et de rébellion savonaroliste, Pasquale, jeune peintre apprenti, mène l’enquête en compagnie de Machiavel, journaliste à la Gazette de Florence, qui joue les Sherlock Holmes avant la lettre…

Uchronie, Steampunk ? Quand on sait que cette dernière, en quelque sorte, pour exister, est forcement la première également, les choses deviennent a la fois simples et compliquées a la fois, en particulier pour tous ceux qui ne vivent que dans la classification a tout va… et encore, j’éviterais d’ajouter que le Steampunk, c’est un petit peu de la Fantasy a vapeur. Mais quoi qu’il en soit, et je pense que tous les amateurs de ce genre seront d’accord avec moi, c’est que, quand on pense Steampunk, nous vient immédiatement a l’esprit l’Angleterre victorienne, le dix neuvième siècle, les chapeaux haut de forme etc. Or là, et c’est le premier point positif de ces Conjurés de Florence, un petit saut dans le temps s’impose jusqu'à la Renaissance italienne. Changement de lieu, changement d’époque et, Uchronie oblige (comme je suis d’humeur taquine), le point de divergence suivant : Leonard de Vinci abandonnant la peinture se consacre uniquement aux machines et donne a Florence sa révolution industrielle, et, accessoirement, en change la face du monde.

Les conjurés de Florence démarrait avec un postulat de base, ma fois, assez prometteur et cela faisait quelques temps que je m’étais promis de m’y attaquer. Que cela soit de part son univers, cette Florence industrielle avec ses airs de Steampunk, ces rapports entièrement différents avec le continent américain d’où les espagnols sont absents et où des liens se sont établis, du coup, avec l’Empire Aztèque et les autres peuples du continent (ce qui est par ailleurs une idée assez judicieuse en y réfléchissant un peu : l’Espagne avait cette volonté de conquête et de conversion, un état plus commercial comme celui de Florence est plus intéresser par les profits des échanges commerciaux), mais aussi, et ce n’est pas négligeable, les protagonistes du roman où l’on croise bon nombre de figures historiques comme Machiavel, Michel Ange, Raphaël, Leonard de Vinci, Copernic ou Cortez, mon enthousiasme allait bon train dans les premières pages de ce roman de Paul McAuley, un auteur que, je dois avouer, était un parfait inconnu a mes yeux avant coup. Ainsi, assez rapidement, je fut pris, en suivant les traces du jeune peintre Pasquale, dans les méandres de ce qu’il faut bel et bien appeler un polar, celui-ci secondant un Machiavel autrefois tomber en disgrâce et aujourd’hui journaliste tout simplement parfait dans le rôle du vieux mentor roublard et parfait connaisseur de la chose. Par ailleurs, j’abonde dans le sens des éditions Folio SF qui, sur le quatrième de couverture, osaient la comparaison tout de même excessive avec Le nom de la rose, surtout au vu de la qualité de celui-ci. Mais bon, toutes proportions gardées, les similitudes existaient entre les deux œuvres : le coté enquête policière dans un milieu clos, ici les peintres, les rapports entre maitre et élève, vieux et jeune, parfaitement retranscris avec Machiavel et Pasquale, mais aussi et surtout, la part ludique du roman car, aussi incroyable que cela puisse paraître, l’on apprend pas mal de choses sur la peinture en lisant Les conjurés de Florence. Par contre, et là, je ne peux le nier, je n’ai pas compris la deuxième comparaison entre cette œuvre et Perdido Street Station ; j’ai eu beau chercher, je ne vois pas vraiment, mais bon, cela n’enlevais rien a mon enthousiasme.

Mais hélas, mille fois hélas, c’était trop beau pour durer. Si la première partie des Conjurés de Florence était tout bonnement passionnante, ensuite, cela se gatte rapidement et a aucun moment, et ce, jusqu’au final, l’auteur ne parvient à redresser la barre de son récit. Est-ce la succession de coups de théâtre toutes les deux ou trois pages, l’ampleur des complots auxquels on manque de se perdre dans le jeu des alliances et des trahisons, est ce aussi le fait qu’assez rapidement, l’enquête est tout bonnement délaissée pour l’action a proprement parlée, que Machiavel, figure indispensable au récit ne fasse plus que des apparitions éparses, ou bien alors, est ce que je n’ai pas trop accrocher avec le coté « magique » (même si tout est explicable scientifiquement, reste la magie des indiens du nouveau monde) qui fait son apparition ? Je ne sais pas, un peu de tout cela a la fois. Et au fait, le fameux ange que souhaitait peindre Pasquale, on n’en apprend pas plus sur le sujet, comme, malheureusement, pas mal d’autres événements qui restent un peu trop dans le flou. Et alors, forcement, tout ce qui faisait la force de ces Conjurés de Florence, tout ce qui émoustillait le lecteur dans la première partie du roman disparaît petit à petit et si, n’exagérons pas, la suite n’est pas mauvaise en soit, cela reste bien trop moyen et largement inférieur, et on va jusqu’au bout plus avec un certain dépit, au point que l’on puisse parler de déception, tout simplement.

Donc, indéniablement, Les conjurés de Florence ne peuvent que décevoir, et ce, surtout en raison d’une déception que je qualifierais de monumentale, au vu du postulat de départ et de la première partie, qui sincèrement, nous faisait parfois penser a ce fameux Nom de la rose. Du coup, ce qui aurait put être exceptionnel, ou du moins, très bon, s’en retrouve grandement déprécier au point que l’on peut parler d’œuvre un peu bancal au vu de sa construction et des différences d’intérêt une fois arriver environ a la moitié du roman. Bon, malgré cela, Les conjurés de Florence restent un agréable divertissement qui plaira probablement a certains, mais le lecteur exigeant que je suis en attendait bien plus.

Par contre, les éditions Folio SF ont eu la très bonne idée d’inclure à la fin de l’ouvrage une courte nouvelle du même auteur intitulé La tentation du docteur Stein, récit qui se déroule dans le même univers mais dix ans auparavant et qui, en mêlant le mythe du Golem et celui de la créature de Frankenstein réussit le tour de force de redonner le sourire au lecteur déçu par le récit principal. C’est court, c’est loin d’être original mais c’est du tout bon, croyez moi !

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