dimanche 27 mars 2011

LES AVENTURES DE TINTIN : L’OREILLE CASSÉE


LES AVENTURES DE TINTIN : L’OREILLE CASSÉE

Un fétiche arumbaya a été volé au Musée ethnographique: Tintin entreprend son enquête. En remontant les pistes, il retrouve deux hommes intéressés au même fétiche. Ceux-ci partent pour le San Theodoros, république d'Amérique du Sud. Tintin les poursuit là-bas et se retrouve au cœur d'une révolution. Par un jeu du hasard, il devient aide de camp du général Alcazar. Une guerre éclate entre le San Theodoros et son voisin, le Nuevo Rico; Tintin, poursuivi par tous, fuit chez les Arumbayas. Il y découvre enfin le secret du fétiche: celui-ci contient un précieux diamant. C'est finalement en Europe qu'il retrouvera le fétiche et le rendra au musée.

De temps en temps, j’aime replonger dans mes bons vieux Tintin ; et oui, malgré l’âge et le temps qui passe, malgré ses presque trente années qui se sont écoulées depuis la toute première fois où j’ai lu l’un des albums – Les cigares du pharaon – du plus célèbre des reporters, je ne me suis jamais lassé d’une série qui a vu ses débuts dans les années trente, ce qui ne nous rajeunit pas, et qui, au fil des décennies, est tout simplement devenue culte. Bien évidement, l’on pourrait craindre que, Hergé mort depuis près de trente ans, son personnage fétiche n’attire plus autant les jeunes générations, ce qui, accessoirement, n’est pas tout a fait faux ; cependant, lorsque l’on voit l’engouement médiatique autour du film en préparation par Steven Spielberg, l’on ne peut que se dire que Tintin a encore de beaux jours devant lui. La seule chose que je regrette, a moins que cela ne change un jour, c’est que personne n’ai eu le droit de reprendre les aventures du reporter, ce qui, quand je vois ce qu’a put donner certains des nouveaux albums de Spirou, aurait put être intéressant. Quoi qu’il en soit, comme j’ai déjà put vous le dire lors des critiques d’autres titres de la série, Tintin, que je le veuille ou non, fait partie de ma vie depuis si longtemps que, quelque part, il aura marquer (comme d’autres) un petit peu de mes gouts et de ce que je suis. Et si certains albums seront, a mes yeux, a tout jamais des incontournables, il est temps, aujourd’hui, de nous intéresser a un autre moins connus, L’oreille cassée.

Avec les Tintin, pour moi, ce n’est pas bien compliquer : il y a d’abord des albums majeurs comme les dytiques Objectif Lune/On a marché sur la Lune ou Les sept boulles de cristal/Le temple du soleil, les cultissime Tintin au Tibet ou Le lotus bleu, mes petits préférés comme L’ile noire ou Coke en stock et puis des titres que je mets en dessous comme Le sceptre d’Ottokar, Tintin et les Picaros et donc, L’oreille cassée ; albums que j’ai beaucoup moins lu que les autres ou qui, alors enfant, ne m’avaient pas autant intéresser de part, soit l’intrigue, soit, comme dans le cas qui nous intéresse ici, les lieux où celle-ci se déroule (franchement, les états révolutionnaires d’Amérique latine, ce n’est pas trop ma tasse de thé). Ainsi, depuis des années, j’ai, consciemment mis de coté certains titres, relisant sans cesse les mêmes, quand cela m’arrive bien entendu et, quelque part, j’ai désiré, je ne sais combien de temps après, essayer de les relire afin de voir si, du haut de mes trente six ans, mes impressions allaient être les mêmes. Ce fut donc ainsi, rempli de bonnes intentions que je me suis replongé dans la lecture de l’un des albums que je connais le moins bien, ce fameux Oreille cassée.

A première vu, et malgré mes anciennes réticences, il est indéniable que L’oreille cassée possède un synopsis de base assez intéressant avec cette histoire de fétiche volé dans un musée – belge bien entendu – et qui va entrainer Tintin et Milou en Amérique latine, dans un pays imaginaire, le San Theodoros et où l’on trouvera bon nombre d’éléments qui méritent que l’on s’y attarde. Tout d’abord, le plus visible de tous pour les amateurs, comme moi, de civilisations disparues et de ceux qui on consacrer, voir perdu, leur vie a leur recherche, le fameux explorateur Ridgewell qui n’est rien d’autre que le fameux Percy Fawcett, le célèbre aventurier britannique disparu dans les jungles brésiliennes en 1925 en tentant de trouver une cité perdue datant de l'Atlantide, la fameuse Z, et qui, dans les années voir les décennies suivantes, revint régulièrement sur le devant de la scène a chaque fois qu’un nouveau témoignage faisait état d’une possible apparition de celui-ci, ou des preuves de sa mort, voir même, de l’existence d’un petit fils supposé. Forcement, ce clin d’œil d’Hergé ne pouvait que me plaire mais ce n’est pas tout : je vous ais dit, un peu plus haut, que les pays révolutionnaires d’Amérique latine ne m’intéressaient guère, ce qui n’est pas faux ; cependant, la manière, ma fois fort astucieuse avec laquelle Hergé traite le sujet mérite le détour. En effet, par le biais d’un élément comique omniprésent de bout en bout de l’album (dans la grande tradition des premiers albums où seuls Tintin et Milou sont les protagonistes), l’auteur belge nous montre la réalité du terrain, sans aucun détour, que cela soit l’absurdité de ces révolutions permanentes, de ces hommes qui, prenant le pouvoir, deviennent comme leurs prédécesseurs et surtout, détail qui a son importance, de l’implication des occidentaux dans tout cela : ainsi, plus que les états eux-mêmes, ce sont de puissantes compagnies – pétrolières, d’armement – qui font et défont les hommes aux pouvoirs et les régimes, entre graissage de patte et guerres, rien ne se fait sans eux.

Finalement, sans atteindre des sommets qualitatifs comme dans d’autres titres de la série, L’Oreille cassée n’en reste pas moins un excellent album de Tintin (mais quelque part, il n’en existe aucun qui ne soit pas bon) qui, tout en traitant des sujets sérieux et sans se départir de ses éternels voyages autour du monde où nous entraine le plus célèbre des reporters, nous fait, que cela soit par le biais des protagonistes, des gags (mêmes les plus évidant) et des situations, rire de bout en bout ; le summum, selon moi, étant atteint avec la fameuse scène où Tintin doit être fusillé par un peloton d’exécution et qui se transforme en un grand n’importe quoi qui marquera les mémoires. Bref, avec cette relecture, L’oreille cassée se trouve, en quelque sorte, réhabilité à mes yeux et s’avère, finalement, bien plus intéressant, et surtout, drôle que dans mes lointains souvenirs. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier a ces anciennes impressions, bien souvent trompeuses.

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