lundi 14 mars 2011

LE PAPE TERRIBLE : DELLA ROVERE


LE PAPE TERRIBLE : DELLA ROVERE

Le 18 août 1503, victime d’un mal mystérieux, le Saint-Père Alexandre VI, né Borgia, passe de vie à trépas. Aux premières lueurs de l’aube, la course au trône papal s’engage. Pour gagner le Saint-Siège, le népotisme, le stupre et le poison seront monnaie courante. Ainsi, le cardinal Della Rovere, ennemi juré du clan Borgia, entend bien accéder à la fonction suprême : ainsi se vante-t-il à son « mignon » d’avoir accéléré le décès du pape précédent. Il met d’ailleurs au point un nouveau plan, qui devrait cette fois lui ouvrir grandes les portes du Vatican !

A ma gauche, Alejandro Jodorowsky, l’un des plus grands scénaristes de bande dessinée de ces trente dernières années, auteur tout simplement d’œuvres aussi cultes et importantes comme L’Incal et toutes les préquelles et séquelles qui lui sont liés, La Caste des Méta-Barrons, Les Aventures d'Alef-Thau, Les Technopères et, plus récemment, Borgia ; a ma droite, encore une histoire se déroulant au Vatican, a une époque ou la Papauté penchait plus du coté du « sexe drogue et rock n’roll », si vous permettez l’expression, ou plus précisément, sexe, jeu de pouvoirs, argent et meurtres, bref, tout pour me plaire ; mettez au milieu de tout cela un superbe dessinateur du nom de Théo et vous obtenez Le Pape terrible, énième série du maitre, donc, énième série ou l’on sait par avance que l’on va taper sur la chrétienté qui n’apparaitra pas sous son bon jour, et, accessoirement, une BD dont je ne me faisait guère de soucis quant a sa qualité, ce, même s’il m’a fallut entendre parler de la sortie du deuxième tome pour me rappeler qu’il faudrait peut être que je commence par me procurer le premier, chose est faite désormais, pour mon plus grand plaisir.

Bon, je pense que je n’ai pas forcement besoin de revenir sur la carrière d’Alejandro Jodorowsky ; les amateurs n’y trouveront rien de neuf, quand aux autres, je pense qu’une petite recherche sur le net ne leur ferra pas de mal (c’est que je ne vais pas vous mâcher tout le travail non plus). Quoi qu’il en soit, ce qu’il y a de bien avec l’auteur chilien, c’est qu’il n’y a pas trop de soucis a se faire avec ses productions : cela fait belle lurette que l’on a compris plus ou moins le topo et surtout, que hors quelques dérapages, la qualité est toujours plus ou moins la. Au pire, cela peut osciller entre l’excellent et le bon, mais le mauvais, personnellement, je ne l’ai pas encore connu. Ainsi, mon intérêt pour cette énième série intitulée Le Pape terrible – déjà le titre, tout un programme – ne pouvait qu’éveiller ma curiosité et je me demandais bien ce que pouvait donner cette mouture BD de la vie de Jules II. Je savais que Jodorowsky venait de conclure une autre série consacrée à un autre Pape, Borgia, dont le nom, forcement, est connu de tous, mais telle ne fut pas ma surprise en me rendant compte qu’en quelque sorte, ce Pape terrible est la suite de Borgia, ce qui, après coup, me parait assez logique : Alexandre VI (Borgia) passant de vie a trépas au début de l’album qui nous préoccupe aujourd’hui, continuité est faite avec le Pape, enfin je devrais dire les Papes (mais je vous laisse le plaisir de la découverte) qui lui ont succéder dans ce Pape Terrible. Le problème, car du coup, cela en devient un, cela me pousse à me procurer les fameux quatre volumes de ce Borgia et encore une fois, c’est mon porte monnaie qui va en prendre un sacré coup, déjà que j’ai le plus grand mal à suivre toutes les sorties, mais bon, ceci est une autre affaire.

Mais bon, au fait, que vaut véritablement ce Pape terrible ? Mérite t-il donc que l’on débourse une poignée conséquente d’euros pour se le procurer ou, au moins, qu’on le lise ? Bien évidement, pour moi, c’est oui, indéniablement, mais cela, je pense que vous l’aviez deviné. J’aime bien tout ce que fait Alejandro Jodorowsky, ses univers, ses intrigues, ses personnages, ses dialogues et jusqu'à maintenant, tout ce que j’ai put lire de lui m’a plu, cela en est de même avec Le Pape terrible, je vous le confie. Ensuite, c’est une affaire de gouts, comme je vous le disais plus haut : je suis un fou d’histoire, et qu’une bande dessinée puisse me permettre de me plonger dans la vie, même romancée, d’un Pape qu’en toute franchise, je ne connaissais pas a la base, n’est pas pour me déplaire. Ensuite, se pose à moi le cas de la religion, et plus particulièrement du catholicisme où je suis né : je ne suis pas athée car pour moi, se dire athée, c’est une forme de croyance, mais je ne suis pas le moins du monde attiré par une quelconque religion et surtout pas par les trois plus importantes : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Et sincèrement, donnez moi une œuvre où apparaissent les travers des religions, et plus particulièrement du clergé catholique (mais je suis preneur pour les autres) et je suis partant. Et oui, désolé pour les croyants mais je suis comme ca. Bref, trois éléments non négligeables pour le Pape terrible, et comme en plus, les dessins sont tout simplement superbes – je ne connaissais pas bien ce Théo, mais j’ai été faire un tour sur son blog, consacré a la série et en toute franchise, je crois que je suis devenu fan – il me semble évidant que les choses sont claires quant a la qualité finale de cette œuvre et ce que j’en pense.

Car avec Le Pape terrible, oubliez les livres d’histoires et plonger avec le sieur Jodorowsky dans les zones d’ombres de ce Cardinal Della Rovere qui, pour devenir Pape, n’hésite pas a tuer ses prédécesseurs, a tromper, a voler, a corrompre, même a utiliser Machiavel (décidément bien présent ces derniers temps dans mes lectures) a se parjurer, tout en bafouant la fonction suprême par un mariage secret avec son mignon, ce qui fera hisser sur la tête les cheveux des catholiques les plus purs et durs qui au passage auront oublier qu’il fut un temps où le Vatican ressemblait a une Cour royale comme une autre, pour ne pas dire un vulgaire bordel, le pouvoir en plus. Quoi qu’il en soit, sans atteindre des sommets scénaristiques qui en feraient un chef d’œuvre absolu, mais néanmoins servi par une intrigue captivante et suffisamment accrocheuse, des personnages tellement vils que l’on vient à se demander qui est le moins pire la dedans, un soupçon d’érotisme dans la ligne droite des productions du maitre et, bien entendu, de superbes planches d’un Théo tout bonnement excellent, il me semble évidant que Le Pape terrible est une superbe BD, comme je les aime et qui ne me donne envie que d’une seule chose, lire la suite ; mais cela ne saurait pas trop tarder.

2 commentaires:

Alexis Andrianis a dit…

Merci pour cette critique de “Le Pape terrible”.
N’étant pas un connaisseur des bandes dessinées, je ne sais pas jusqu’à quel point l’auteur respectera la rigueur historique de la biographie du pape Alexandre VI.
Par ailleurs, ayant lu la vie de ce pape à plusieurs reprises, je peux vous affirmer qu’on est loin du “digne représentant du Christ” sur la terre. Le dominicain Jérôme Savonarole disait de ce pape: “Je jure que cet homme n’est ni un pape, ni un chrétien. Il ne croit pas en Dieu.” (101KH117) Ce dominicain a payé cher cette critique déplacée: il fut brûlé sur le bûcher...
Je vous souhaite beaucoup de plaisir à la lecture de cette biographie.

Votre blog est intéressant.
Au plaisir de vous relire!

Feanor a dit…

Merci pour votre commentaire cependant cette bande dessinée est librement inspirée de la vie du Pape Jules II, pour ce qui est de celle d'Alexandre VI, le même auteur a sortie une tétralogie intitulée Borgia.

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