mardi 1 février 2011

LE MAÎTRE DU HAUT CHÂTEAU


LE MAÎTRE DU HAUT CHÂTEAU

En 1947 les Alliés capitulent devant les forces de l'Axe. Pendant qu’Hitler impose la tyrannie nazie à l'est des États-Unis, l'Ouest est attribué aux Japonais. Quelques années plus tard, la vie reprend son cours dans la zone occupée par les Nippons. Ils apportent avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations, célèbre oracle chinois. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation, une rumeur étrange circule. Un homme vivant dans un Haut Château, un écrivain de science-fiction, a écrit un ouvrage qui raconte la victoire des Alliés en 1945…

Hum, depuis combien de temps je l’avais dans ma bibliothèque ce fameux Maitre du haut château ? Trois ans, probablement quatre même, et encore, peut être plus. En fait, je n’en sais rien, sauf que cela fait un sacré bout de temps que je me l’étais procurer, alors que je le connaissais depuis une bonne quinzaine d’années et que je me promettais, comme cela m’arrive souvent, de le lire un de ces quatre matins ; ce que je fis, finalement, la semaine dernière. Il faut dire que ce roman du célébrissime auteur de science fiction, Philip K. Dick, est, depuis sa parution en 1962, un véritable classique de l’Uchronie, considéré par beaucoup comme, rien de moins qu’un véritable chef d’œuvre. Ayant entendu pour la première fois parler de ce classique dans un vieux numéro de la revue Donjons Magazine, au début des années 90, comme cela fut le cas par ailleurs pour Elric, je connaissais donc le synopsis de départ qui nous était proposer : les alliés ayant perdu la seconde guerre mondiale, le monde se trouvait occupé par l’Allemagne et le Japon, et, accessoirement, les Etats-Unis occupés par les deux grands vainqueurs du conflit. Postulat de départ, donc, qui me rappelait celui d’une autre Uchronie, Fatherland, de Robert Harris que j’avais eu l’occasion de lire il y a un près de quinze ans, et qui m’avais énormément plu alors, a quoi il fallait ajouter le fait que nombreux étaient ceux qui vantaient les louanges du Maitre du haut château, faisait que j’avais hâte de voir ce que valait véritablement celui-ci, et ce, même si j’ai pris mon temps pour me décider a le lire. Mais comme chacun sait, rien n’est jamais acquis par avance et pour ce qui est des gouts de tout à chacun, il n’était pas forcement dit que ce roman que tants de lecteurs portaient aux nues, me plaise.

Effectivement, comme le ton de ma dernière phrase pouvait le laisser présager, je n’ai pas franchement été emballé par Le Maitre du haut château. C’est donc ca le fameux chef d’œuvre tant parler ? C’est donc ca le fameux soit disant plus grand roman Uchronique, celui sensé représenter le genre ? Franchement, je suis dubitatif, surtout que c’est un genre que, personnellement, j’adore, et dont je ne me lasse pas, mais je préfère mille fois des œuvres comme Roma Aeterna, Pavane ou, justement, Fatherland, pour ne citer que quelques exemples selon moi significatifs, a ce fameux Maitre du haut château. Pourtant, tout ne m’a pas rebuté dans cette œuvre de Philip K. Dick : ce monde alternatif, dominé par les anciennes forces de l’Axe, entre des nazis de plus en plus radicaux et qui, sous des couverts spectaculaires de maitrise scientifique comme l’exploration et la conquête spatiale, l’assèchement de la Méditerranée et bien d’autres prouesses équivalentes n’en ont toujours pas finis avec leurs génocides tandis que le régime se déchire entre diverses factions rivales, et des japonais, bien moins évolués techniquement parlant, vivant dans le passé, encore et toujours, entre leur consultation quotidienne du Livre des transformations, le fameux Yi King (ouvrage chinois qui permet d'avoir des oracles à l'aide de tirages au sort) et leurs gouts immodérés pour tout ce qui a trait au passé des populations occupées (dans le cas présent, des objets, quels qu’ils soient, du folklore d’avant guerre américain), me parait assez crédible, surtout par le fait que, ayant remporter la seconde guerre mondiale, les deux nations n’ont, du coup, pas évolué de la même façon que dans le monde réel, bref, en tant que puissances économiques axées sur elles mêmes mais néanmoins fortement soumises a leurs vainqueurs vis-à-vis desquels ils éprouvent des complexes, Dick nous présentant, dans le roman, que cela pourrait être l’évolution des Etats-Unis, par le biais de ses personnages, admirateurs de l’un ou l’autre régime. De même, ce fameux Yi King qui occupe une place si majeure dans le récit, au point d’en désappointer certains comme j’ai put m’en apercevoir d’ici de là m’a assez intéresser, ainsi que les rapports, ma fois assez judicieux entre l’occupant japonais et l’américain de base ; personnellement, les dialogues, les incompréhensions mutuelles entre deux cultures différentes, dont une, rappelons le, dominante, fut par moment un véritable petit régal. De même, le concept d’Uchronie dans l’Uchronie, était, a la base, une excellente idée, sauf que…

Tous ces éléments, à la fois excellents, bien trouvés et qui avaient, du moins, éveiller ma curiosité, ne suffirent absolument pas a me satisfaire pleinement, et fait que, indéniablement, je ne peux que qualifier Le Maitre du haut château comme étant une sacrée belle déception. A aucun moment, je ne suis entré dans l’histoire, ou plutôt, cet incessant chassé croisé entre les récits de divers personnages qui vivent leur petite vie, sans quasiment jamais se rencontrer ; en toute sincérité, cela m’arrive rarement de ne pas trouver un tel sentiment d’ennuie profond lors de mes lectures, et cela est dut en grande partie a ces protagonistes, sans grand relief, auquel je ne me suis jamais un temps soit peu identifié (hum, de mémoire, la dernière fois que j’ai eu un tel panel, cela fut lors de ma lecture de Darwinia, il y a près de trois ans) : franchement, oui, j’ai compris pourquoi untel se mettait a créer des bijoux, du moins, quel était sa place dans le récit, ainsi que ses implications dans un ensemble plus vaste, sauf que, comment dire, je m’en fous, tout simplement. Voilà là le nœud du problème en fait. Le Maitre du haut château dispose, a la base, de très bonnes idées ainsi qu’un univers attirant, enfin, du point de vu narratif cela va de soit, sauf qu’en suite, bah, j’ai lu le tout sans grande passion, sans envie, en perpétuelle attente que subitement, une petite lumière vienne étinceler l’ensemble et me fasse changer d’avis. Or, à mon grand regret, je suis arrivé a la fin sans que cela n’arrive.

Un petit mot, pour finir, sur la conclusion du Maitre du haut château. Abrupte serait le terme exact tant celle-ci est expédier a la va vite, pourtant, le concept, ma foi intéressant, et l’explication donné a l’écriture de ce fameux livre interdit, cette Uchronie dans l’Uchronie, La Sauterelle pèse lourd, avec ces sous entendus de ce qu’est véritablement le réel, était assez bien trouver, sauf que, une fois de plus, du moins a mes yeux, l’ensemble est gâché : machin arrive dans le fameux Haut château, qui en fait, n’en est pas vraiment un, elle discute deux minutes avec le fameux écrivain, ils consultent le Yi King, apprennent la vérité (en deux ou trois lignes), machin s’exclame, l’écrivain est en colère on ne sait pas bien pourquoi puis a l’air de s’en foutre royalement, et puis, c’est tout, machin s’en va et c’est finis. Et le père Dick plante le lecteur avec cette fin ultra rapide qui me laissa sur ma faim… Bah en fait, je pense que c’est l’ensemble du Maitre du haut château qui me laissa sur ma faim, mais aussi, et là, c’est une certitude, avec l’envie pressente de passer rapidement a autre chose.

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