dimanche 13 février 2011

LA ROUTE


LA ROUTE

Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers.

Ah, les joies du samedi soir ! Bien souvent, le même problème se pose : si l’on n’est pas de sortie ou si l’on ne reçoit pas (ce qui, je l’admets, n’arrive pas tout les week-ends), ma femme doit subir mon gout immodéré pour les reportages historiques d’ARTE qui me passionnent au plus haut point, mais qui ont le dont de l’agacer fortement (bah, je ne comprends pas, c’était intéressant de voir la vie de Savonarole !? Et ne je vous ne dit pas a quel point le siège de Viennes par les troupes ottomanes éveilla mon intérêt !). Cependant, de temps en temps, nous réussissons à nous mettre d’accord sur un film, et là, l’intérêt de la soirée alterne entre l’excellant et le bof, suivant l’intérêt dudit film. Bien évidement, dit comme cela, notre vie semble ressembler à celle de petits vieux avec leurs habitudes, pourtant, quand vous allez être réveillé le lendemain matin vers six heures et demie, sept heures, sincèrement, vous perdrez vite l’habitude de sortir jusqu'à plus d’heures.

Ceci étant dit, hier donc, ma femme se procura deux films, La route, que nous avons vu, et un autre, français, comédie, a voir éventuellement un de ces jours. Bien plus intéresser par le premier, pour Viggo Mortensen que je n’arrive toujours pas a voir autrement qu’en Aragorn, et curieux par le sujet du film, mais sans être vraiment emballer, je réussis a convaincre mon épouse de le regarder (oui, elle penchait plus pour l’autre) et ce fut donc partie pour une soirée cinéma a domicile… ah, les joies d’être sous la couette devant son écran ; décidément, cela vaut mille fois une salle de cinéma ! Quand je vous disais que j’étais un petit vieux…

Bon, tout d’abord, on comprend tout de suite, des les premières minutes de La route que l’on ne va pas rigoler : un monde apocalyptique, quasiment plus d’habitants, des couleurs aussi chaleureuses que le gris, le noir, encore le gris mais plus foncé, un autre gris un peu plus nuancée, de temps en temps, un feu de bois vient apporter un peu de chaleur et puis hop, encore du gris. Et puis un homme et un enfant, poussant un caddy de supermarché au milieu de nulle part, plus de végétations, plus d’animaux ; un père (Aragorn, euh, Viggo Mortensen) et son fils, seuls, isolés, qui marchent sans but précis a part celui de rejoindre le sud, et la cote, ne pensent qu’a une seule chose : trouver de quoi se nourrir… mais aussi, veiller a ne pas être manger. Car par ailleurs, dans ce monde ravagé par on ne sait trop quoi (une guerre, une catastrophe, le film ne nous le dit pas), c’est aussi bien de ne pas trop croiser d’autres survivants : la plupart en étant réduits au cannibalisme, Aragorn… euh, Viggo Mortensen, ne cesse de se méfier de tout le monde, de protéger au mieux son fils et surtout, surtout, de lui répéter sans cesse qu’en cas de malheur, vaut mieux une balle dans la tête que de tomber aux mains de je ne sais qu’elle bande de brutes. Voilà le synopsis de départ de La route, et ma fois, sans être transcendantal, il est assez accrocheur, du moins, pour passer un bon samedi soir.

Mais arrivé là, une petite précision s’impose : que tous ceux qui se croiraient devant un énième remake a la Mad Max passent leur chemin : dans La route, il n’y a quasiment aucune scène d’action. Certes, dans un tel contexte de fin du monde, les bandes armées pullulent, il y a bien des tarés qui ne dénoteraient pas dans Hokuto no Ken, mais on ne les croise quasiment jamais, ils ne sont là quasiment, excepté de rares apparitions, que comme une menace cachée, implacable et mortelle. D’ailleurs, La route est tout sauf un film d’action comme certains pourraient le penser de prime abord : le père et le fils marchent, ils discutent, ils remarchent, dorment, doutent, parlent des méchants et de ce qu’il y a de noble à être un gentil, remarchent encore, trouvent a un moment donné un havre de paix, reprennent la route, font quelques rencontres et puis c’est tout. Et ce rythme, répétitif et très lent déplaira a coup sur a beaucoup, mais aux autres, a tous ceux qui réussiront à s’accrocher (je l’avoue, j’ai manqué de m’endormir en dix minutes) ou habitués au genre presque contemplatif, La route sera une agréable surprise. Enfin, peut être pas si agréable que cela, car le film est triste, mélancolique, sans grand espoir ; après tout, que peuvent espérer les rares survivants de l’humanité dans ce monde dévaster, qui se meurt inlassablement peu à peu ? Rien, et le spectateur sait pertinemment que tout cela finira mal pour les deux protagonistes, ou au moins pour un. Mais même ainsi, cette histoire est touchante et au fil du film, on se surprend a accrocher, a s’identifier et a admirer ce père qui ne vit plus que pour une seule chose, son fils, son Dieu comme il le dit a un vieil homme rencontré au gré de ses errances. Mais ce père qui depuis toujours survit tant bien que mal pour son enfant, qui ne cesse de lui inculquer, dans ce monde maudit, des valeurs, réussira t-il a gardé son humanité jusqu’au bout ? Telle est la principale question de La route, et je vous laisse le regarder pour le découvrir par vous-mêmes.

Sans être franchement génial, La route n’en est pas moins un film profond, bien plus intéressant que l’on pourrait le croire et qui donne a réfléchir après coup : si demain, c’était la fin du monde, comment agirions nous, perdrions nous notre humanité, ne serions nous pas que de vulgaires bêtes sauvages prête a tout pour survivre ? Sincèrement, la question mérite d’être posée, en particulier au jour d’aujourd’hui où, après avoir survécu a la Guerre froide, l’Homme pourrait s’autodétruire de par son comportement envers la nature ou pour une quelconque et rapide guerre pour les ressources énergétiques. Quant à Viggo Mortensen, son cas commence décidément, au fil des films, à devenir de plus en plus intéressant et au vu de l’étalage de son jeu d’acteur dans La route, je ne devrais plus l’appeler Aragorn…

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