mardi 21 décembre 2010

LES SENTINELLES : SEPTEMBRE 1914, LA MARNE


LES SENTINELLES : SEPTEMBRE 1914, LA MARNE

Parce qu'il fallait dépasser les capacités humaines, la science les a fabriqués: les Sentinelles. En 1911, lors de l'intervention française au Maroc, une section secrète de l'armée, la division « Sentinelles' », teste sa nouvelle arme: Taillefer, un soldat sur lequel ont été greffés des membres métalliques. Insensible aux balles, déchirant les barbelés comme du papier, le soldat d'acier semble indestructible… Jusqu'à ce qu'il s'arrête net au beau milieu du combat. Ses batteries sont à plat! En 1914, inspiré par les travaux de Pierre et Marie Curie, Gabriel Féraud, jeune scientifique, conçoit la pile au radium. Le colonel Mirreau entrevoit alors les potentialités d'une telle énergie sur ses Taillefer… Mais Féraud, antimilitariste, refuse… La guerre est déclarée, Féraud mobilisé. Le 8 août 1914, il est fauché par un obus allemand et amputé de tous ses membres. Transporté à l'hôpital, Mirreau lui fait une proposition: donner la pile au radium au docteur Kropp, le « créateur' » des Sentinelles, et devenir le nouveau Taillefer… 1er septembre 1914. L'armée allemande est à 40 km des portes de la capitale. Rien ne semble pouvoir enrayer l'implacable invasion. A Paris, seul le général Gallieni croit qu'il existe une dernière chance : s'engouffrer entre les divisions allemandes et contre-attaquer ! Alors que la France entière recule, qui osera affronter la puissance des armées du Kaiser, qui ? Sinon les sentinelles !

Après nous avoir narré les origines de Taillefer dans le premier volume des Sentinelles, avec l’invention de la pile au radium, le début du premier conflit mondial, la terrible blessure de Gabriel Féraud et son choix de devenir la nouvelle Sentinelle, Xavier Dorison nous entraine cette fois ci quelques semaines plus tard à peine, alors que l’armée française est en pleine déconfiture et qu’un nouveau spectre de Sedan semble s’annoncer (gouvernement courageusement en exil a Bordeaux, civils en fuite sur les routes, armée en perdition), tout juste avant la fameuse Bataille de la Marne (oui, celle avec les taxis), formidable contre attaque de la dernière chance et qui fit basculer l’issue du conflit, et, accessoirement, le prolonger pendant des années, ce qui, après coup et en sachant tout ce qui en découla (y compris le second conflit mondial) me fait penser qu’il aurait peut être mieux fallut une courte défaite qu’une longue victoire avec toutes les horreurs a venir. Mais laissons là mes interrogations qui accessoirement pourraient faire un bon synopsis pour une Uchronie (hein, quoi, c’est déjà fait dans la BD, Jour J !?) pour nous intéresser au deuxième volume des Sentinelles, intitulé Septembre 1914, la Marne.

Tout d’abord, tout le plus grand bien que j’ai put dire lors de la critique du premier volume est valable pour celui-ci ; j’éviterais donc au maximum de me répéter, me contentant pour ceux qui ne l’auraient pas lu, de vous inviter à la découvrir sur ce même blog (elle date a peine de deux jours, je pense que vous n’aurez aucun mal à la retrouver). Ceci étant dit, je dois avouer que c’est donc avec plaisir que j’ai découvert la suite des aventures de notre super héros national, ce fameux Taillefer, dans ce qui est sa première mission, toujours accompagné du rude et brutal Djibouti, mais qui, comme tout gros nounours qui se respecte, commence a dévoiler ses sentiments et ses doutes. Bien évidement, tous ceux qui auront apprécié le premier tome des Sentinelles n’avaient qu’une hâte, que l’action a proprement parler débute, et cette fois ci, contrairement au premier volume où l’on s’attardait plus sur les protagonistes et leur sort et où la guerre n’était présente que sur quelques pages, cette fois ci, combats, faits d’armes, explosions, sang et morts seront présents quasiment de bout en bout. Et les horreurs de la guerre, déjà présentes précédemment, de se retrouver sublimées jusqu'à l’indicible. Car Taillefer et Djibouti, accompagnés de quelques soldats qui, dans la grande tradition de Star Trek, servent de chaire a canon, vont en connaître des dures et des pas mures, au point d’y perdre pas mal de certitudes, voir de disjoncter devant tant d’horreur et de baisser les bras, mais aussi, surtout dans le cas de Gabriel Féraud, de comprendre que même s’il n’est pas le soit disant surhomme que l’on prétend, qu’il ne peut pas gagner la Guerre a lui tout seul et encore moins sauver tout le monde, il n’en a pas moins un rôle a jouer auprès de ses compagnons d’armes, celui de symbole. Un peu comme Captain America dans les comics US bien plus meneur et galvanisateur au sein des autres super héros, ceux-ci étant quasiment tous bien plus puissants que lui. Ainsi, il aura fallut connaître bien des horreurs dans cette mission, voir bien des camarades mourir, supporter des horreurs sans nom pour que Gabriel Féraud, bien hésitant dans les premières pages de ce deuxième tome, devienne enfin Taillefer, celui qui mènera les siens a la victoire.

Septembre 1914, la Marne est donc un excellent deuxième tome, tout aussi indispensable que son prédécesseur et qui, malgré le fait que l’action, de prime abord, semble prendre le pas sur le reste, est bien plus profond que l’on pourrait le penser. Xavier Dorison nous offre donc là une très bonne suite a sa série qui se maintient donc a un très bon niveau, quand aux dessins d’Enrique Brescia, ils sont toujours aussi bons même si je dois mettre en garde les âmes plus sensibles, celui-ci ne cache rien des horreurs de la guerre, bien souvent occultées par ailleurs. Seul petit bémol dans le scénario qui m’a chiffonner : a un moment donné, la compagne de Djibouti, la Mata Hari de service, dit a son complice qu’ils doivent tout faire pour empêcher la mission de nos Sentinelles d’aboutir, or, ensuite, il ne se passe rien. Hum, belle coquille que celle là, mais bon, cela ne m’empêche pas de continuer d’affirmer bien haut que nous sommes là devant une excellente série. Seul question, et de taille : quid du tome 3 ???

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