vendredi 3 décembre 2010

LES AVENTURES DE TINTIN : VOL 714 POUR SYDNEY


LES AVENTURES DE TINTIN : VOL 714 POUR SYDNEY

En route pour un congrès d’astronautique à Sydney, Tintin, son chien Milou, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol retrouvent, lors d’une escale à Jakarta, Szut, un pilote qu’ils ont rencontrée dans Coke en Stock. Celui-ci leur présente son patron Laszlo Carreidas, un constructeur d’avions milliardaire (mais ayant également des intérêts dans d’autres secteurs : pétrole, électronique, coca, etc.), visiblement inspiré d’Howard Hughes, qui se rend comme eux à Sydney. Il leur propose de les y amener à bord de son tout nouveau jet. Cependant, l’avion est détourné par des hommes armés, infiltrés dans l’entourage du milliardaire : Spalding, le secrétaire de Carreidas ; Paolo Colombani, le copilote de Szut et Hans Boehm, le radio. Ces derniers obligent l’avion à atterrir sur une île indonésienne...

De temps en temps, il est agréable de revenir a ses classiques, et qui dit « classiques », dans le vaste monde de la bande dessinée, dit forcement Tintin, pour ce qui est de la BD franco belge. Indéniablement, et même si le reporter a la houppette et en pantalons de golf ne possède plus la même aura qu’il pouvait encore avoir il y a quelques années, même si les ventes ne sont plus ce qu’elles étaient a la grande époque, mais également lors de ma prime jeunesse, lorsque je l’ai découvert, il est certain que bon nombre d’auteurs modernes aimeraient « vendre » aussi bien qu’un héros de BD que certains jugent dépassés mais qui tient encore la dragée haute a la concurrence. De même, Tintin fait parti de ce cercle fermé de personnages imaginaires connu dans le monde entier, et quelque part, ce n’est pas un exploit aussi évidant que l’on pourrait le penser : Batman, Superman, Spiderman, Mickey, Donald et donc, notre reporter, où que l’on aille, on tombera toujours sur quelqu’un qui les connaît. Ainsi, et même si je regrette le choix d’Hergé (que personne ne récupère Tintin après sa mort) car j’aurais été curieux de voir ce que cela aurait put donner sous la plume d’auteurs comme ceux qui ont repris Spirou, l’on ne peut pas nier que celui-ci reste encore une valeur sur dans le monde de la bande dessinée. Et comme en plus, l’on aura bientôt droit à une adaptation cinématographique, qui sait ce que l’avenir nous annonce ?

Mais quoi qu’il en soit, je vous disais précédemment que de temps en temps, donc, il est agréable de revenir a ses classiques, et si a mes yeux, quasiment tous les volumes de Tintin sont un peu mes classiques, je dois reconnaître que ce Vol 714 pour Sidney, avant dernier album de la saga achevé, occupe un peu une place a part en raison des thèmes abordés. Si d’autres titres, comme L’étoile mystérieuse, On a marché sur la lune voir même L’affaire Tournesol lorgnaient plus ou moins du coté de la SF, il est indéniable que le plus fantastique est celui-ci : en effet, et si les amateurs éclairés (dont je fais partie) reconnaitront moult détails liés a la théorie des anciens astronautes (statues, dessins où l’on « reconnaît » des types en combinaisons spatiales, les fameux dieux venus du ciel dans des chars de feu), savent parfaitement que le personnage de Ezdanitoff de la revue Comète n’est autre que l’avatar du cultissime Jacques Bergier de la revue… Planète, l’auteur, avec Powells, du Matin des magiciens, les néophytes, eux, ne serais ce que parce que l’on voit nettement une soucoupe volante et que Bergier, euh pardon, Ezdanitoff le dit très clairement, oui, en auront la confirmation parce que Tintin rencontre les extraterrestres, même s’il l’oublie au final. Alors bien sur, on ne prend pas le même plaisir a la lecture de ce Vol 714 pour Sidney selon que l’on connaisse un peu l’ufologie ou non, mais quelque part, et en prenant exemple sur mon cas personnel, la première fois que je l’ai lu, je n’y connaissais fichtrement rien, et cela ne m’a pas empêché de l’apprécier a sa juste valeur. Et puis, Tintin a fait partie (cet album mais d’autres également), un peu comme Les mystérieuses citées d’or, par exemple, de ma « formation », de mes gouts futurs pour l’histoire, le passé et, surtout, ses mystères.

Alors bien entendu, Vol 714 pour Sidney n’est pas le meilleur album de la série, d’autres lui sont infiniment supérieurs comme, par exemple, Tintin au Tibet ou le dytique sur la Lune, mais cela n’empêche pas que ce vingt deuxième album des aventures du plus célèbre des reporters regorge de qualités, celles déjà annoncées plus haut, pour ce qui est de l’intrigue en elle-même où Hergé renoue avec la grande aventure et le dépaysement après l’intermède que fut Les bijoux de la Castafiore, mais aussi par la forme où tout ce qui a fait la renommée de Tintin est présent : situations ubuesques, humour ravageur et toujours bien placé, chaque planche, pour ne pas dire presque chaque case est un délice pour le lecteur et l’on se surprend toujours a exploser de rire devant les colères de ce bon vieux Capitaine Haddock ainsi que pour les problèmes d’audition de Tournesol. C’est peut être justement parce l’on ne se lasse jamais que chaque album de Tintin est indispensable et je ne peux que m’incliner devant le talent d’Hergé pour avoir réussi un tel tour de force. Bien évidement, Vol 714 pour Sidney occupera une place a part pour tous les amateurs des anciens astronautes et autres fanatiques de Fox Mulder, cela n’en reste pas moins un très bon album qui mérite, comme les autres, de figurer dans la collection de tout amateur de bande dessinée.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonsoir,
Je m'appelle André, je suis non pas tintinophile mais tintinolâtre et ai lu votre article avec plaisir quoique assez superficiellement - excusez-m'en. Toutefois vous avez fait une remarque à propos de Ezdanitoff (traduction: C'est pas chouette,ça!)et des "UFO's". Je veux bien que vous fassiez mention de Monsieur Begier - dont je lis le nom pour la 1e fois ainsi que d'entendre parler de la revue Comète -. J'ignore si Hergé à pensé à lui lors de l'élaboration de son album, mais ce dont je suis sûr, c'est qu'il n'ignorait pas l'existence de la Puerta del Sol (- 4.000 a.c.) dont certaines sculptures sont l'exacte réplique de pièces utilisées dans les fusées. Dès lors je pencherais plutôt pour cette source plutôt que la vôtre pour la mise au point de ce Tintin... quoique Hergé possédait une culture et une documentation telles qu'il s'est peut-être inspiré des deux... mais ça, à par lui, qui pourrait le dire.
Amitiés.
Bonne fin de semaine.
André

Feanor a dit…

Tout d'abord, merci pour votre message, cela me fait plaisir que de temps en temps, quelqu'un prenne le temps de m'en laisser un.
Quand a la véritable identité d'Ezdanitoff, il s'agit bel et bien de Jacques Bergier, grand spécialiste des Ovnis et du paranormal, ancien résistant,et qui, connaissait par ailleurs Hergé. D'ailleurs, ce fut au cours d'un repas entre les deux hommes qu'Hergé décida d'utiliser Bergier comme personnage dans ce fameux Vol 714 pour Sydney.
Par ailleurs, vous pourrez en savoir plus sur le lien suivant:
http://www.claudethomas.net/bergierenbd.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Bergier

bon week_end

Feanor a dit…

Quand à la Puerta del Sol (mais aussi d'autres sites terrestres, des statues et diverses représentations), vous avez parfaitement raison, surtout qu'à l'époque, le sujet (le paleocontact) était bien plus a la mode qu'aujourd'hui.

Bonne journée

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