dimanche 28 novembre 2010

SHUTTER ISLAND


SHUTTER ISLAND

1954, au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un hôpital psychiatrique pour assassins. L'inspecteur Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités car l'une des patientes, Rachel Solando, manque à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur ? Le seul indice : une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu'au choc final...

Quelle claque que ce Shutter Island ! Franchement, une semaine après l’avoir vu, je ne m’en suis pas encore véritablement remis même si le temps qui est passé a atténué un peu les sentiments ressentis lors de la vision de ce film. Décidément, dans le cinéma, on peut classer les œuvres en deux catégories, celles dont on attend monts et merveilles, comme par exemple Elle s’appelait Sarah, et qui nous laissent dubitatif pour ne pas dire froid, et puis, il y a celles dont on n’attends pas grand-chose et qui se révèlent être des chefs d’œuvres, parfois, ou qui nous marquent suffisamment, et ce, de façon positive cela va de soit. Je vous rassure tout de suite, Shutter Island n’est pas un chef d’œuvre, le prétendre serait une exagération ; cependant, c’est un sacré bon film, pétris de qualités et tout bonnement représentatif de ce que le cinéma américain est capable de nous offrir de temps en temps. Personnellement, et ceux qui suivent ce blog depuis longtemps l’auront remarqué, je ne porte pas le cinéma originaire de la contrée de l’Oncle Sam dans mon cœur : bien trop souvent, la médiocrité est au rendez vous de ce que l’on annonce comme étant des blockbusters, quant aux films d’action, romantiques etc. sincèrement, quand on en a vu un, on les a tous vu. Mais en fait, le grand défaut, selon moi, du cinéma US est sa trop grande quantité de productions, la plupart ne valant pas véritablement le coup, cependant, reconnaissons qu’au fil des décennies, il nous a tout de même offert bon nombre de merveilles mais aussi de sacrés bon films. Et selon moi, Shutter Island en est un.

Je n’ai pas pour habitude d’être un fanatique inconditionnel de tel réalisateur partant du principe que personne n’est parfait et que dans une filmographie, il y a toujours des ratés, cependant, certains sont doués, indéniablement, et dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, il est incontestable que les dernières productions que j’ai put voir de Martin Scorsese m’ont laisser ravis, que cela soit Gangs of New York, Les infiltrés et, maintenant, Shutter Island… les trois avec le même premier rôle, l’excellant Leonardo DiCaprio, un acteur qui, personnellement, ne m’a jamais déçu au cours d’une, désormais, longue filmographie. Et si je ne suis pas fan des réalisateurs, sauf Tim Burton mais lui est un peu a part, ce n’est pas le cas pour les acteurs (ou les actrices) et pour ce qui est de DiCaprio, il est indéniable que cela fait maintenant belle lurette que j’apprécie ses talents d’acteurs et que je prends toujours le même plaisir a le voir dans ses films. Et une fois de plus, et malgré les mauvaises langues qui trouvent qu’il grossis au fil des ans (ce qui est absurde puisque cela fait maintenant longtemps que ce n’est plus un « gamin », a quelques jours prêts, il a mon âge), je le trouve toujours aussi bon et une fois de plus, c’est de toute sa classe qu’il illumine ce Shutter Island, sombre histoire se déroulant dans un hôpital psychiatrique quelques années après la seconde guerre mondiale.

Car le synopsis du film vaut le détour malgré un début très loin d’être original : les années 50, deux flics, dont DiCaprio, en tenue d’époque (chapeau, imper etc. la classe quoi) mille fois vu et revue dans tout bon polar qui se respecte partent enquêter sur une mystérieuse et visiblement « impossible » évasion d’une patiente de l’établissement psychiatrique où sont enfermés des meurtriers en tout genres. Assez rapidement, le spectateur se rend compte que quelque chose ne tourne pas très rond la dedans, que le personnel soignant, les gardiens mais aussi et surtout les médecins, en commençant par le directeur du site, Ben Kingsley tout en sobriété et qui traverse le film avec son regard inquisiteur, cachent quelque chose. Et ce mystère semble être suffisamment grave, on pense a un secret d’état et a des pratiques dignes des médecins nazis, soupçons amenés judicieusement par la présence sur le site d’un médecin allemand, le toujours excellant Max von Sydow avec son accent à couper au couteau. Et comme en plus, le personnage principal, DiCaprio, a justement, au cours du conflit mondial, pénétrer dans un camp d’extermination, le spectateur ne peut que pencher a ce moment précis de l’intrigue, pour un jolie complot que ne renierai pas un épisode d’X-Files. Cependant, les choses ne sont pas aussi simples que l’on pourrait le croire, et c’est là l’une des grandes forces du film : DiCaprio, enfin son personnage dans l’œuvre, pas l’acteur, est bien marqué par les camps de la mort dont les morts reviennent le hanter toutes les nuits, mais aussi par sa femme, morte dans l’incendie de son appartement par la faute d’un pyromane visiblement enfermé a Shutter Island ; et ce qui apparaissait au départ comme une simple enquête sur la disparition d’une femme ayant tuer ses trois enfants de se transformer petit a petit en un vaste complot visant tout bonnement les deux enquêteurs. Et là, le film part dans des sentiers insoupçonnés, au milieu de décors sombres, grisâtres et peu avenants, le spectateur voit les protagonistes s’enfoncés de plus en plus dans un maelstrom de non-dits, de vérités cachées, de mensonges et de pertes de repères et ce, jusqu'à la spectaculaire et inattendue révélation finale qui laissera sur le carreau plus d’un et qui était tout simplement envisageable au début du film. Et les dernières minutes de Shutter Island, plus calmes, fatalistes et terribles, viennent clore une intrigue tout bonnement excellente comme on n’en voit rarement.

Bien évidement, comme il faut savoir rendre à César ce qui est à César, Martin Scorsese n’est pour rien dans le processus créatif de cette histoire puisqu’à la base, Shutter Island est un roman, cependant, son adaptation est excellente et mérite largement le détour, ne serais ce que pour la mise en scène, les décors, les acteurs et une intrigue passionnante de bout en bout et qui vous étonnera de part son final. Assez curieusement selon moi, ce film fut pas mal critiquer lors de sa sortie et est loin de faire l’l'unanimité dans le public. Personnellement, mon avis est tout autre et si, oui effectivement Shutter Island n’est pas un chef d’œuvre, il n’en est pas moins un excellant film qui agréablement surpris et captiver de la meilleur des façons. Un film que, bien évidement, je ne peux que vous conseiller.

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